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Lefrançois nous a paru digne à tous les titres de vous être proposé pour une mention honorable. César Dubosq, ferme d'Enfervillc, commune de Crouay. Le père de M. Dubosq, qui a joui pendant plus de quarante ans de la terre d'Enferville, était un des bons cultivateurs du pays, et se distinguait surtout par le choix des animaux qui composaient sa vacherie.

Son fils marche déjà sur ses traces, et nous avons observé avec intérêt les travaux et les améliorations de ce jeune cultivateur, que nous avons trouvé occupé à faire répandre des tombes dans ses herbages. La fumière est parfaitement disposée, et tous les engrais liquides sont dirigés dans un herbage qui se trouve ainsi constamment engraissé. Les terres en labour sont dans un état de propreté remarquable. Indépendamment de la chaux et du fumier, M. Dubosq emploie chaque année pour trois cents francs de tourteau, et il en obtient de bons résultats.

César Dubosq, à peine au début de sa carrière agricole, mérite déjà des encouragements, et nous vous proposons de lui décerner une mention honorable. Félix Barbey ferme de la Barre commune d'Engranville appartenant à M. Barbey s'occupe depuis quelques années, et avec un succès qui mérite de vous être signalé dans ce Concours, de l'élève des chevaux de prix. Il a obtenu en la première prime de la Toussaint, et nous avons trouvé dans ses herbages trois juments poulinières et quatre pouliches de deux ans très-remarquables.

Nous l'avons déjà dit, Messieurs, ces efforts pour l'amélioration de notre race chevaline ont droit à toutes nos sympathies; et nous devons ajouter au surplus que M. Barbey s'occupe avec le même zèle de l'amélioration de la vacherie.

La Commission a constaté avec plaisir, chez ce jeune cultivateur un notable progrès sous ce rapport il possède un bon taureau qui a obtenu la première prime au concours départemental de , et qui vient encore d'obtenir la première prime à votre Concours.

Secondé par un propriétaire bienveillant et ami des progrès agricoles, M. Barbey a fait exécuter d'importants travaux pour recueillir les engrais liquides et pour établir des ventilateurs dans sa laiterie. Nous avons remarqué qu'il emploie exclusivement depuis quelques mois, pour couler le lait et déposer la crème, des vases en zinc qu'il a fait confectionner lui-même, e il nous a déclaré qu'il en était très-satisfait. Ces travaux, ces expériences, ces améliorations ré-.

Nous vous proposons de les récompenser en décernant à M. Barbey une médaille d'argent. Enault, ferme de Cléronde, commune de Blay, appartenant à M. Enault a fait aussi beaucoup de sacrifices pour l'élève et l'amélioration de la race chevaline. Il a acheté de jeunes étalons qui ont fait quelques bonnes productions dans le pays et il possède plusieurs juments et poulains qui donnent de belles espérances.

Enault, qui avait déjà obtenu une mention honorable au Concours de , est un cultivateur intelligent et progressif.

Nous avons trouvé ses labours très-bien tenus, ses herbages améliorés, des tombes abondamment pourvues de fumier. Il a ensemencé quatre hectares de sainfoin et un hectare de luzerne. Nous vous proposons de lui décerner une médaille de bronze. La culture des betteraves, des pommes de terre, des carottes champêtres n'est pas encore assez répandue dans notre arrondissement et M.

Dans le cours de nos visites nous avons trouvé très-peu de betteraves et même peu de pommes de terre. Nous vous proposons d'accorder la première prime de 90 francs à M. Philippe Le Sueur, de Villiers, qui a fait deux hectares de betteraves, et la deuxième prime de 60 francs, a M. Jacques Le Petit, de Formigny, qui a fait environ un hectare et demi de betteraves. Il nous reste maintenant, pour accomplir notre tâche toute entière, à vous entretenir des autres cultivateurs qui ont reçu notre visite et qui méritent tous, à divers titres, de trouver place dans ce rapport, particulièrement quelques-uns d'entre eux qui, par modestie ou par désintéressement nous ont déclaré formellement qu'ils ne voulaient pas prendre part au Concours.

Paul de Cauvigny, propriétaire à Vierville, avait été nommé membre de la Commission chargée de la visite des fermes; mais une indisposition l'a empêché de nous accompagner; et nous croyons devoir aujourd'hui faire violence à sa modestie en vous signalant son exploitation. DE Cauvigny fait valoir un vaste domaine, près de cent hectares de terres, d'une qualité médiocre et très-difficiles à cultiver.

Les terres lourdes et mouillantes sont pénibles pour le laboureur; les herbages, souvent trop humides, souvent desséchés par le soleil et les bises de mer, sollicitent des travaux et des engrais répétés et néanmoins cette exploitation peutêtre citée comme une des plus remarquables et des mieux tenues du canton.

Les labours sont irréprochables. Malgré les difficultés que présentent ces terres,. Ses herbages, complétement dépouillés et successivement engraissés, sont très-bien tenus. Les fumiers des divers animaux, soigneusement mélangés, sont tous réunis dans une vaste fumière, éloignée de l'habitation et entourée de murs où ils sont chargés par des couches successives de sable de mer qui les défend de la sécheresse et augmente la masse des engrais.

Enfin les prix élevés que M. La principale industrie de M. Simon consiste dans la tenue des herbages et des bestiaux. Ayant obtenu tout récemment au Concours départemental de la grande médaille d'or, pour le nombre et la beauté de son bétail, c'est-à-dire la récompense honorifique la plus satisfaisante qui pût lui être offerte, il nous a exprimé le désir de ne pas prendre part au présent Concours; mais tout en accédant à sa demande, nous ne pouvons nous empêcher d'accorder un témoignage public de satisfaction au zèle, aux efforts, à l'habileté de ce.

Convaincu comme nous des avantages du système de stabulation pendant l'hiver, M. Simon a fait construire de magnifiques étables parfaitement bien disposées, où plus de trente boeufs peuvent trouver place dans la mauvaise saison, et qui forment dans l'été une belle bergerie.

Michel Lefrançois, ferme de Gruchy, commune de Saon, appartenant à M. Lefrançois est un de ces cultivateurs modestes qui sont trop peu connus, parce qu'il ne se produisent jamais eux-mêmes et qu'ils ne se révèlent jque par des connaissances solides et la beauté de leurs produits. Lefrançois a succédé à son père dans la direction de cette exploitation, qui est une des plus grandes du pays. Ses terres sont bien cultivées, ses herbages bien tenus et fréquemment engraissés par des tombes soigneusement préparées; mais ce qui doit être surtout signalé, dans un canton où les bestiaux forment la principale richesse du pays, c'est la beauté et la finesse des animaux qui composent la vacherie.

Le grand nombre et le choix des élèves le système de réforme pratiqué par M. Lefrançois pour remplacer successivement les animaux défectueux par des bêtes d'élite ont mis cette vacherie au premier rang parmi celles du canton, et témoignent de ses efforts pour améliorer notre belle race du Bessin.

Lefrançois, qui aurait eu des droits certains à l'une des récompenses que vous allez décerner, nous ayant déclaré formellement qu'il ne désirait pas concourir, nous ne pouvons lui offrir que des félicitations et des éloges. Enfin, Messieurs, dans toutes les fermes que nous avons visitées nous avons trouvé quelque chose de satisfaisant et qui mérite de vous être signalé.

BIDEL, à Bricqueville, nous avons trouvé des herbages très-bien tenus, des rigoles curées avec le plus grand soin et des tombes bien préparées. DE Babssy père, à Tessy, nous avons admiré l'ordre et la régularité qui régnent dans cette grande exploitation. Nous avons observé des terres convenablement engraissées, une bonne et nombreuse vacherie. Charles REGNAULD, à Vaulaville, nous avons trouvé des labours très-bien tenus, remarquables par la propreté de la terre et l'abondance des engrais, une belle vacherie, des herbages soigneusement dépouillés.

Nous aurions voulu visiter encore un plus grand nombre d'exploitations; mais le temps et les forces nous ont manqué. Nous croyons toutefois pouvoir nous rendre ce témoignage que nous n'avons rien négligé pour découvrir et pour vous signaler les cultivateurs.

Nous sommes heureux de profiter de l'occasion qui nous est offerte aujourd'hui pour remercier publiquement les honorables Commissaires qui nous ont assisté dans cette mission laborieuse et délicate.

Ce rapport, substantiel, consciencieux, impartial, a été. Richard Desramé-Dubois a ensuite donné lecture du rapport suivant, sur les prix de moralité, rédigé par M. Coueffin, secrétaire de la section d'Agriculture. Après l'éloquent discours que vous venez d'entendre et les rapports si circonstanciés des travaux de vos Commissions, il ne m'est pas permis de vous entretenir des progrès successifs que votre zèle, vos lumières et vos sacrifices de toute nature ont fait faire au premier et au plus noble des arts.

En effet, la mission qui m'est confiée est plus restreinte, et je tenterais en vain, pour vous intéresser, d'en franchir les limites. Toutefois, en me renfermant dans ma spécialité, j'aurai encore quelques considérations utiles à vous présenter.

Je me recommande à votre indulgence. Vous savez comme moi, Messieurs, que l'économie publique comprend la science de l'industrie agricole, laquelle a pour objet de recueillir directement des. Que selon la manière dont on utilise cette source féconde et toujours inépuisable on obtient des résultats divers. Que la société humaine, toute entière, doit désirer son plus grand développement, car, plus la terre produit plus elle offre à ses habitants des moyens d'aisance et de richesse d'abord matériels et ensuite industriels.

L'échange qui s'opère entre les divers pays, et même entre les diverses nations, du superflu réciproque, constitue une sorte de fraternité générale qui donne lieu à mille combinaisons dans lesquelles s'exercent toutes les intelligences et où chacun trouve son pain quotidien. Ainsi on peut affirmer, sans exagération, que l'agriculture est la mère nourricière du genre humain, puisque ses produits, quelle que soit leur transformation, forment les premiers éléments des autres industries.

Mais cette mère exige des soins constants une longue expérience l'a démontré et l'état généralement satisfaisant de nos exploitations agricoles en offre aussi la preuve. Tout le monde a compris avec M. Une telle communauté de travail, d'efforts et de soins devrait être fondée sur une confiance et une estime réciproques.

Malheureusement il n'en est pas toujours ainsi. Le lien qui unit les domestiques aux maîtres est trop faible pour résister aux mauvaises influences, souvent aux mauvaises passions.

Ce désaccord est funeste à l'agriculture. Les maîtres, privés du concours sur lequel ils avaient droit de compter, se trouvent neutralisés dans l'accomplissement de leurs projets, et forcés d'en modifier l'exécution.

Mais les domestiques et servantes perdent plus encore quand, oubliant leurs devoirs et les obligations qu'ils ont prises, ils renoncent à la considération acquise aux personnes fidèles, probes, laborieuses et morales.

En effet les tribunaux flétrissent leurs écarts; la société les repousse, et leur existence tourmentée devient de plus en plus malheureuse.

Cependant les uns et les autres ont un intérêt commun à rester unis. Sans vouloir examiner si le maître n'a pas quelquefois des torts à se reprocher, je suis d'avis qu'indulgent pour les fautes légères, il doit toujours être un protecteur éclairé. Or que ses réprimandes soient douces que ses conseils soient bienveillants et quasi paternels, et alors il ramènera il faut l'espérer, à la raison, à la docilité les coeurs que l'absence de toute éducation et les mauvais exemples n'ont pas entièrement pervertis.

Quant aux autres, qui. On se demande, depuis longtemps, Messieurs, pourquoi les maîtres attachent à leurs établissements des étrangers dont ils ne connaissent ni le lieu de naissance, ni les noms, ni la moralité? Pourquoi ces individus ne sont point présentés aux maires des communes dans lesquelles ils prennent domicile, afin que ces fonctionnaires les inscrivent sur les états de population et constatent leur identité? On se demande encore pourquoi ils ne sont pas astreints à être porteurs de livrets?

Pour résoudre ces questions, on est forcé de reconnaître que la négligence et l'indifférence des maitres sont manifestes dans les deux premiers cas, et que dès-lors ils ont de graves reproches à se faire quand ils sont victimes d'abus de confiance. Est-on, en effet, excusable quand on prend un engagement sérieux de ne pas exiger des garanties d'exécution? Mais un usage suranné et bon pour le temps où il commença a prévalu.

A la vérité cette époque était protégée par des réglements de police d'une grande sévérité, qui maintenaient la balance dans un juste équilibre. Aujourd'hui, bien que nos lois civiles veillent, leur protection restera inefficace tant qu'une loi spéciale n'aura pas rendu obligatoire les livrets.

Vous savez que notre Société d'agriculture et nos Conseils d'arrondissement et de département ont, après mûr examen, réclamé la proposition et l'adoption d'une telle loi. Espérons donc avec confiance que le gou-. Déjà elle vous offre les moyens de récompenser ces bons et fidèles domestiques qui lui ont été signalés.

Les prix qui vont leur être décernés soit relativement à la perfection des labours soit en ce qui concerne la durée de leurs services chez les mêmes maîtres, deviendront un puissant stimulant et une cause d'émulation poux leurs égaux. Pour prendre part aux prix de moralité alloués par l'art. Quoique la Société ne puisse accorder à chaque sexe que deux récompenses en argent et deux mentions honorables, elle m'a recommandé de signaler et les noms et les services de tous les prétendants, pour leur valoir à des titres différents, il est vrai de recommandation publique.

Je remplis ce devoir avec une douce satisfaction mais avec le regret que les ressources de la Société ne lui permettent pas de faire plus. Le Petit, propriétaire-cultivateur à Formigny. Vingt ans de service sans interruption fidélité constante et intelligence dans la conduite des chevaux. Probité et fidélité; bonne conduite et moralité. Louis Le Royer, propriétaire-cultivateur à Bernesq. Carbonnel, propriétaire à Saint-Laurent-sur-Mer, Dix-huit ans de service; zèle, fidélité et bons procédés.

Pierre-Louis Delamare, boucher et cultivateur, Service sans interruption de à Il semble qu'il aurait momentanément quitté son maître; Í mais en ce moment il se trouve chez lui. Fidélité et bonne conduite estime générale. Barbey, propriétaire-cultivateur à Engranville, Quatorze ans de service, honnête homme, dévoué à son maître, intelligent et traitant les animaux avec douceur.

Michel Vimard, propriétairecultivateur à Mosles. Fidélité et probité; moralité et bonne conduite. Sally, maire de Crouay, depuis seize ans sans interruption. Louis Le Royer, propriétaire-cultivateur à Bernesq, Dix-sept ans de service sans interruption probité et moralité. Michel Le Bourgeois, propriétaire-cultivateur à Ste-Honorine, Dix-neuf ans de service sans interruption; soins affectueux donnés au père et à la mère de son maître, moralité et fidélité constantes.

Laroche, propriétaire-cultivateur, demeurant au Breuil, Vingt-deux ans de service sans interruption, avec exactitude et probité.

Pierre-Louis Delamarre, cultivateur et boucher à Mosles, depuis , sans interruption,. Couillard, propriétaire-cultivateur à Mandeville, N'a servi que deux maîtres, savoir dix-sept ans chez M. Avif, et onze ans sans interruption chez M. Bons et loyaux services dans les deux maisons. Vous concevez facilement, Messieurs, dans quels embarras votre Commission s'est trouvée pour faire un choix consciencieux parmi des candidats qui réunissaient toutes les conditions du programme et qui tous étaient réellement recommandables.

Elle n'a point voulu s'en rapporter exclusivement aux attestations produites elle a encore recueilli divers renseignements destinés à les compléter. Balançant alors les droits respectifs, elle a pris la décision dont je vais avoir l'honneur de vous rendre compte. Le sieur Marie Jacques , domestique de M.

A la 1" mention honorable,. Jacques Le Petit, à Formigny. La demoiselle Makie Virginie , servante de M. La demoiselle Marie Monique servante de M.

Ici, Messieurs ma tâche se termine. Avant tout, permettez-moi d'adresser aux lauréats mes sincères félicitations. Domestiques et servantes, n'oubliez jamais ce beau jour. Les brevets qui vont vous être remis par M.

Désormais vos camarades seront fiers de votre affection et l'attachement de vos maîtres deviendra la consolation de vos vieux jours. Cet excellent rapport, rempli de vues sages, de considérations morales et de conseils prudents, a fait une vive impression sur l'assemblée.

Sur le rapport du Jury des Concours de labourage et des bestiaux les récompenses ont été décernées ainsi qu'il suit. Ainand Langlois employé agricole chez M. François Noirci employé agricole chez M.

Vimard fils cultivateur à Mosles. Pierre Fresnel, employé agricole chez M. Félix Barbey, d'Engranville pour un taureau brange, de race. Cotenline, âgé de dix-huit mois. Amand LE Chartieb de Colombières, pour un taureau. Gustave LE Hérisson, de Saon, pour un taureau brange-. Désiré Adeline de Elay, pour un taureau de race Durham-Co-. Laurent Ygouf, de Vierville, pour une génisse brange-tigre.

Désiré Adeliise, de Blay, pour une génisse brange-rouge, de. Alexandre Daon de Bricqueville, pour un bélier de race. Videgrain de Teysy, pour un bélier de race de Disliley. Jean-Louis Vimard de Mandeville, pour un verrat de race. Amand Le Charthcr, de Colombières, pour un verrat de. Après la distribution des récompenses les autorités, les membres de la Société, la plupart des principaux propriétaires et agriculteurs du pays ont pris part à un banquet de plus de cent couverts, auquel avaient été invités les lauréats du concours de labourage et les anciens ouvriers agricoles qui venaient de recevoir les prix de moralité.

Pendant les concours et le banquet, la musique de la garde nationale de Trévières a joué avec beaucoup d'ensemble des morceaux d'harmonie. La fête a été terminée par un joli feu d'artifice dû à la libéralité de M.

Le 19 septembre ont eu lieu, à Caumont, les Concours agricoles annuels établis par la Société d'Agriculture de Bayeux. Les Concours ayant lieu pour la première fois dans le canton de Caumont, et leur utilité n'étant pas encore parfaitement comprise, le nombre des bestiaux présentés était peu considérable. Toutefois, le Jury a trouvé un nombre suffisant d'animaux de mérite pour décerner toutes les primes portées au Programme.

A une heure et demie, les membres de la Société et les autorités de Caumont, réunis en cortége et précédés de la musique se sont transportés sur une pièce de terre appartenant à M. Farcy, située sur la route de Thorigny, où devait avoir lieu le Concours de labourage.

Sept concurrents se sont présentés et ont été admis à concourir. Après avoir tiré au sort la portion de terrain qu'ils devaient labourer, ils ont placé. Vivement excités par la foule, qui les suivait des yeux, et le désir de remporter les prix de la lutte, les concurrents ont fait preuve d'habileté et d'aptitude une heure leur a suffi pour labourer les deux sillons qui formaient leur tâche respective.

Aussitôt que les charrues ont été retirées le Jury a procédé à ses opérations, qui ont été terminées un peu avant trois heures.

Le cortége s'est alors remis en marche et est revenu sur la place de Caumont, où un élégant pavillon avait été dressé par les soins de M. A trois heures et demie, la Société s'est réunie en séance solennelle dans ce pavillon, sous la présidence de M.

Pezet, pour procéder à la distribution des récompenses. Lance et Douesnel, membres du Conseil général du Manoir, Coueffin et Dupont, membres du Conseil d'arrondissement; Goubot maire de Caumont Le Teinturier la Prise, juge de paix du canton; de Bonnechose, vice-président de la Société; Castel, secrétaire général; Georges Villers, vice secrétaire général; de Laboire et Le Sueur président et viceprésident de la section d' Agriculture le marquis de Balleroy et les membres du Jurv.

La place de Caumont, légèrement en pente, présentait alors un aspect des plus animés et des plus pittoresques; plus de trois mille personnes de rangs et de costumes divers, se pressaient au-devant et sur les côtés du pavillon, et témoignaient par leur tenue et leur silence de l'intérêt qu'elles prenaient à la solennité qui les réunissait. Il y a quatre ans, à pcu près à pareil jour, nous étions réunis à Balleroy pour une solennité semblable à celle qui nous rassemble en ce moment et je suis heureux de vous retrouver aujourd'hui à Caumont en si grand nombre, fidèles au rendez-vous que nous vous avions donné pour honorer, pour fêter tous ensemble l'agriculture de votre canton.

Je vous avais promis, au nom de notre Société, de revenir visiter vos exploitations et apprécier vos travaux. Nous avons passé plusieurs jours au milieu de vous, parcourant vos champs et vos prairies, visitant vos troupeaux admirant partout les efforts du travail et de l'intelligence, dans un canton, dont les terres généralement inférieures à celles des autres parties de l'arrondissement, sont plus difficiles à travailler.

Nous devions nous attendre à les voir aujourd'hui se produire publiquement dans le Concours qui vous était offert par la Société. Pourquoi donc ce Concours était-il presque désert, nos primes dédaignées et enlevées sans concurrence par un petit nombre de bestiaux qui n'étaient certainement pas les meilleurs de votre canton? Les étrangers, venus de loin à cette fête, auront une faible idée de votre zèle et de vos efforts, et ils douteront peut-être de la sincérité de nos éloges. Cependant, Messieurs, c'est un devoir pour la Commission de le proclamer les progrès qui ont été réalisés en si peu de temps dans le canton de Caumont, ont dépassé nos espérances.

Permettez-moi de croire et d'espérer qu'une bonne part de ces progrès est due à l'influence salutaire de notre Société d'agriculture, aux conseils, aux encouragements qu'elle a donnés, à l'émulation qu'ont inspirées les modestes récompenses que nous allons décerner, récompenses trop faibles sans doute, et bien peu en rapport avec l'importance de cette grande industrie qui nourrit la France.

Et pourtant ces récompenses, toutes faibles qu'elles sont, ont été appréciées par vous avec une louable émulation, et mises à plus haut prix, le Concours de bestiaux vient de nous en. C'est qu'en France surtout dans ce pays de l'honneur, ce n'est pas la valeur de la récompense qui excite les efforts et le dévouement c'est la gloire qui s'y attache. Jamais Rome ne fut si vertueuse et si grande que lorsque les vainqueurs recevaient une simple couronne de chêne pour prix de leurs exploits.

Et nos braves soldats, ces martyrs de la gloire qui affrontent aujourd'hui la mort sur la terre d'Afrique, comme naguères sur tous les champs de bataille de l'Europe, quelle est donc la récompense qui les soutient au milieu des fatigues des privations et des dangers? N'est-ce pas l'espoir de placer un simple ruban sur leur poitrine? Mais ce ruban est, pour eux, le symbole de l'honneur, du dévouement à la patrie!

I Telles sont aussi, Messieurs, les médailles que nous vous apportons. Elles ont peu de valeur par elles-mêmes, mais elles en prendront beaucoup à vos yeux, aux yeux de tous, par l'honneur qui s'y attache, par les efforts consciencieux qui ont été faits par nous, et dont vous avez été témoins, pour les décerner aux plus dignes, par l'éclat de cette réunion où elles vous sont données sous les yeux de vos compatriotes de vos parents, de vos rivaux, en présence du premier magistrat de cet arrondissement et des membres de vos Conseils électifs, qui ont tenu à honneur d'assister à cette réunion solennelle.

Ces récompenses témoigneront, aux yeux de tous, que ceux qui les ont reçues ont été jugés les cultiva-. Elles seront un motif de légitime orgueil pour leurs familles et ces médailles sans valeur apparente, seront disputées un jour, par vos enfants, comme une part précieuse de l'héritage paternel. J'avais donc raison, Messieurs de vous le dire dans nos premières réunions, au début de la Société l'agriculture française, pour remplir son importante mission et atteindre à la hauteur de ses destinées, a surtout besoin d'être honorée.

Rien n'est plus propre à la faire marcher dans la voie du progrès que d'élever, de grandir à leurs propres yeux ceux qui labourent le sol, et de leur donner une part dans les distinctions réservées à ceux qui méritent bien du pays. Peu d'années se sont écoulées depuis que je vous adressais ces paroles et je suis heureux de pouvoir vous apporter aujourd'hui l'espérance que ces deux grands besoins de l'agriculture seront satisfaits.

Chaque année voit instituer de nouveaux concours plus imposants et plus solennels. Les fils du roi, les ministres, les plus hauts fonctionnaires de l'état se font un devoir d'S assister et d'offrir eux-mêmes aux cultivateurs qui savent les conquérir des primes plus nombreuses, des récompenses pécuniaires plus impor-.

Et quant à l'enseignement agricole, une circulaire toute récente, publiée par M. Rendons grâce, Messieurs, à cette heureuse disposition des esprits qui ne se contente plus de donner à l'agriculture des louanges banales et stériles mais qui réclame et qui obtient pour elle des mesures efficaces. Rendons grâce aussi au gouvernement qui met à profit les loisirs d'une longue paix pour étudier sérieusement les besoins de notre agriculture, et qui entre ainsi dans la voie des améliorations et des institutions si vivement désirées, si longtemps attendues.

Il était temps, Messieurs, que l'agriculture fût ainsi hautement protégée et réhabilitée, après les rudes épreuves qu'elle vient de subir. Les souffrances des populations urbaines et des classes ouvrières ont été grandes, sans doute, pendant les mois qui viennent de s'écouler, et nous en avons tous été vivement émus mais l'agriculture aussi a eu ses jours de deuil, d'inquiétudes et d'injustes préventions.

Lorsque le ciel refusait à ses rudes travaux les moissons abondantes qui doivent en être la récompense lorsque déjà privée de son légitime salaire, elle était obligée de faire de nouveaux sacrifices pour soulager les souffrances qui l'entouraient, c'était dans ce moment-là même qu'on l'inquiétait par des menaces qu'on dé-. Sans parler des sourdes rumeurs d'accaparement et de destruction des blés, semés par une coupable malveillance, les journaux les plus répandus accusaient l'agriculture de routine et d'ignorance à la face du pays; ils lui demandaient compte du défaut de la récolte de l'intempérie des saisons de la maladie des pommes de terre, que sais-je de toutes les causes qui ont contribué à amener ce fait déplorable de la cherté des subsistances.

On a été jusqu'à lui reprocher ses progrès et à lui faire un crime de consacrer une partie du sol à la culture du colza, des betteraves, du sainfoin et autres plantes fourragères, et on n'a pas voulu proclamer que la France qui ne nourrissait, en , que 20 millions d'habitants, et 6 millions seulement avec du blé, nourrit aujourd'hui 36 millions d'hommes et 20 millions avec du froment.

On n'a pas dit que la production du blé a plus que triplé dans l'espace de moins d'un siècle, et que l'agriculture, écrasée par les malheurs des temps, par les guerres, par trois invasions, a néanmoins réalisé d'immenses améliorations. Les écrivains qui accusaient ainsi l'agriculture ignorent, sans doute, que la terre ne produit pas toujours du blé; que les racines et autres plantes fourragères, qui permettent de nourrir des bestiaux et de produire des engrais, peuvent seules soutenir et développer la fécondité du sol, tout en fournissant au pays des aliments précieux qui lui sont maintenant aussi néces-.

Est-ce à dire pour cela que l'agriculture doive aujourd'hui s'endormir dans une trompeuse sécurité et s'arrêter parce qu'elle est entrée dans la bonne voie?

Non, non, Messieurs, jamais peut-être elle n'avait eu de si grands devoirs à remplir, tant de rudes conquêtes à entreprendre, tant de terres ingrates à féconder. Ne voyez-vous pas tous les regards qui se tournent vers elle et qui lui demandent impérieusement d'augmenter encore ses produits pour nourrir tous ces nouveaux enfants qui se pressent chaque jour davantage sur le sol de la patrie, sur ce territoire qui ne grandit pas et qui s'épuisera si le génie de l'homme ne développe pas sa fécondité?

Je l'ai déjà dit, et je ne me lasserai jamais de le répéter dans nos réunions agricoles le champ du progrès est sans limites Semblable à l'horizon qui fuit toujours devant nous, avant même que le but auquel on aspire soit atteint, il présente à nos regards un autre but plus élevé, et réclame de nouveaux efforts.

Mais le jour du repos, me dit-on souvent quand je parle ainsi, le jour du repos ne se lèvera donc jamais? Le repos, Messieurs, n'est pas un but digne de l'homme qui comprend sa mission sur la terre. Il peut être permis au vieillard que la force abandonne d'y consacrer les derniers jours d'une vie languissante, pour se recueillir devant Dieu avant de descendre dans la tombe mais dans l'âge viril, le repos est une honteuse abdication une image de la mort le travail au contraire est la vie et la gloire de l'homme.

Demandez à vos laborieux compagnons qui vont recevoir, de nos mains, la récompense de leurs efforts demandez-leur s'il ne leur reste plus rien à faire et s'ils se reposeront désormais, parce que vous les honorez aujourd'hui de vos suffrages et de vos applaudissements. Ce beau jour qu'il vient de nous accorder, si différent de ceux.

Prions-le donc, Messieurs, prions-le tous de protéger nos récoltes, de détourner de nous ces fléaux destructeurs qui viennent affliger les populations et qui sont peut-être aussi destinés parfois à leur rappeler, quand elles l'ont trop oublié, que nous avons tous des devoirs à remplir envers celui dont la providence fait mûrir nos épis et féconde nos troupeaux.

Ce discours a été accueilli par de vifs applaudissements. Richard Dubois, au nom de la Commission des améliorations agricoles, a ensuite donné lecture du rapport suivant. Après les paroles si éloquentes que vous venez d'entendre, il y aurait témérité de ma part de vouloir vous parler du but qui nous réunit aujourd'hui, but que d'ailleurs vous comprenez si bien.

Je me borne donc à réclamer votre indulgence et à vous prier de pardonner l'étendue et la forme technique des détails dans lesquels il me faut entrer. En restant dans les généralités, on est suspect d'inexactitude ou d'exagération. En mettant des détails, des faits et des chiffres sous vos yeux vous serez à même de porter votre. Nous nous abstiendrons de toute espèce de blâme; loin de nous, toute critique nous n'envions que le bonheur de pouvoir donner des louanges et de vous signaler ce qui est réellement bien.

Si, dans le cours de nos visites, nous avons remarqué avec un vif plaisir les progrès que l'agriculture a faits dans le canton de Caumont depuis le concours de c'est certainement chez M. Barey que nous avons été le plus frappés des améliorations qui ont été apportées. La cour de cette propriété, qui est belle et vaste, se trouve fermée d'un côté par les bâtiments ruraux, qui ne laissent rien à désirer pour leur distribution et leur bonne tenue la laiterie, construite depuis deux ans, est d'une extrême propreté et fort bien disposée; du côté opposé se trouve une magnifique pièce d'eau.

Les terres labourables sont parfaitement cultivées, et toutes les récoltes sont fort belles. Barey cultive ses sainfoins avec un soin particulier; aussi nous en a-t-il fait voir d'un, de deux et de trois ans, qui sont les plus beaux que nous ayons vus dans notre tournée.

Les herbages, qui autrefois étaient mouillants, se trouvent asséchés au moyen de rigoles recouvertes. La vacherie se compose de huit bonnes vaches à lait et sept fort belles génisses. Partout enfin le zèle l'activité et l'intelligence du propriétaire se font remarquer. Nous réclamons pour M. Barey la médaille d'honneur que la Société destine au propriétaire qui a fait le plus d'améliorations. Cairon, propriétaire et maire à Anctoville. La propriété que fait valoir M.

Cairon est d'une contenance d'environ vingt hectares. Les appartements sont bien disposés et parfaitement tenus. Le jardin légumier est soigné d'une manière tout à fait remarquable. Parmi les récoltes, nous avons surtout remarqué de très-bon orge et de très-bonne avoine, dans lesquels on a semé du sainfoin les labours sont généralement bons.

Les herbages, dont une partie a été créée par M. Cairon, sont asséchés au moyen de rigoles et de saignées fort bien entretenues, conduisant les eaux dans un réservoir destiné à recevoir les vases, qui sont ensuite converties en tombes; nous en avons vu une fort bonne prèle à être étendue. Les plants de pommiers sont admirablement tenus, et les clôtures très-belles et très-bien entretenues. Cairon aussi est un homme actif, laborieux et intelligent que la Société doit récompenser.

Nous vous proposons donc de lui décerner une mention honorable. Les bâtiments qui entourent une belle et grande cour, sont très-commodes la laiterie aurait peut-être besoin de quelques améliorations mais elle est parfaitement tenue, ainsi que les autres appartements.

Les terres labourables, bien dirigées, donnent de belles et bonnes récoltes nous avons particulièrement remarqué le blé et une fort belle pièce de trèfle. Les herbages sont bien tenus, et on prépare en ce moment des tombes pour les améliorer encore. Huit bonnes vaches à lait et autant de génisses composent la vacherie. Quoiqu'à la tête d'une exploitation dont les terres sont difficiles à labourer, M.

Fontaine a des récoltes d'une beauté remarquable; les blés surtout sont fort bons; les betteraves, parfaitement plantées, sont d'une extrême propreté. L'intérieur de la ferme ne cède en rien à l'extérieur la laiterie, dirigée par M. Fontaine lui-même, pourrait rivaliser avec les mieux tenues du Bessin. La vacherie se compose de vingt bonnes vaches à lait, dix élèves et un taureau. Enfin, Messieurs, toute l'exploitation prouve que M.

Fontaine, qui se trouve seul à la tête de son exploitation, est un homme laborieux, actif et intelligent. Nous demandons pour lui la première médaille d'argent pour la bonne tenue d'exploitation agricole. Cette ferme une des plus considérables du canton, contient cent vingt hectares, dont neuf seulement en herbages. L'assolement suivi par MM. Martin est le triennal ce qui ne leur empêche pas d'avoir seize hectares de terre en sainfoin, sur lesquels ils répandent chaque année une grande quantité de plâtre.

Parmi les récoltes, qui sont généralement bonnes, nous avons admiré une pièce d'avoine fort étendue. Les bâtiments sont faciles d'accès et bien distribués cependant ils auraient besoin de quelques améliorations. Derrière la maison se trouve une magnifique pièce d'eau.

La cour est vaste mais mal disposée et sur un terrain en pente. Martin possèdent une fort belle troupe de moutons qui leur fait une masse d'excellent engrais.

Sur cette propriété nous avons admiré de superbes avenues de chênes, élevés avec le plus grand soin et élagués avec une intelligence rare; il en est de même des baliveaux qui sont élevés dans les bois. Nous en félicitons sincèrement le propriétaire, M. Marte, dit Vallerand, Jean, de Hottot, ferme de la Vauterie.

Cette exploitation, d'une étendue de quarante bectares, est composée de terres médiocres, maisparfai-. Vallcrand fabrique de la chaux, et il en emploie chaque année un fourneau sur son exploitation malgré la masse de fumier que lui font ses huit vaches à lait et ses huit chevaux, il en achète encore une grande quantité. Nous ne pouvons trop vous signaler le zèle, l'activité et l'intelligence laborieuse de M. Vallerand, qui, certes, est digne de vos récompenses.

Vous voudrez bien lui décerner la première médaille de bronze. Cette exploitation embrasse une superficie de quarante-huit hectares; et, malgré son étendue, elle est fort bien tenue. Les lahours, bien dirigés donnent de fort belles récoltes, parmi lesquelles il nous serait difficile d'en citer une plus particulièrement que les autres. Les herbages sont aussi très-bien tenus, et la vacherie est une des bonnes que nous ayons vues dans nos visites.

Nous avons été particulièrement frappés de la beauté des plants de pommiers et de poiriers qui existent sur cette propriété; une pièce entière de pommiers, qui ont environ vingt-cinq ans de plantation, ne donnant pas autant de pommes qu'on pouvait l'espérer, ont été. Gueroult, qui fait valoir cette ferme avec tant de soin et d'activité, mérite vos encouragements. Nous demandons pour lui la seconde médaille de bronze.

Un hectare d'herbage a été créé par lui. Les récoltes sont généralement belles; mais le blé et le sainfoin sont surtout très-bons et très-beaux les varrets pourraient peut-être laisser quelque chose à désirer. Vallerand peut, à juste titre, compter au nombre de nos bons cultivateurs. Vous lui devez la première mention honorable. Secondée par son fils, jeune homme actif et intelligent, Mme Goubot fait valoir d'une manière tout à fait digne d'éloges environ trente hectares de terre.

Les blés, l'avoine et l'orge méritent surtout d'être cités parmi les récoltes. Mme veuve Goubot mérite sans contredit plus que des félicitations. Nous demandons pour elle la seconde mention honorable. Cette ferme contient cent hectares, dont trente en herbages.

Gouley possède quinze bonnes vaches laitières, un taureau neuf génisses ou bêtes de graisse et cent moutons; il mérite à coup sûr la mention honorable que nous vous demandons pour lui. Depuis quarante-un ans la famille de M.

Guillet, de père en fils, exploite cette ferme, qui est d'une contenance d'environ soixante-quinze hectares. Les terres labourables sont très-propres; aussi le blé est très-beau et très-bon; le sainfoin est bien planté. Guillet fabrique chaque année deux fourneaux de chaux de soixante mille kilogrammes chaque, dont un est spécialement destiné à être employé sur la ferme.

La vacherie se compose de quatorze belles vaches à lait et de trente génisses et veaux, ce qui ne manque pas de faire une masse d'engrais. Guillet, qui comprend si bien l'importance des engrais vient de. Guillet mérite incontestablement la première prime, de 90 francs, destinée à l'aménagement des fumiers. Quant à la seconde prime, de 60 francs, elle revient de droit à M.

François Cairon, propriétaire et maire à Anctoville, dont nous vous avons parlé plus haut et auquel vous avez déjà décerné la mention honorable annexée à la médaille d'honneur. M Aupoix greffier de la justice de paix du canton de Caumont. Aupoix ne se livre pas, il est vrai, entièrement à l'agriculture; mais la manière toute exceptionnelle avec laquelle il cultive les racines mérite de vous être signalée; ses betteraves et ses carottes sont les plus belles du canton.

Aussi nous nous empressons de réclamer pour lui la première prime, de 90 francs, accordée spécialement à cette culture. Lacour, Guillaume, de La Vacquerie. Dans cette exploitation, qui est parfaitement tenue d'ailleurs, nous avons spécialement remarqué la culture des racines. Les betteraves et carottes sont trèsbelles et très-bien soignées.

Pour cette culture parti-. Lacour mérite des encouragements, et il a droit à la seconde prime, de 60 francs. Parmi les exploitations que nous avons encore visitées, nous devons signaler à votre attention comme dignes de louanges. Sans contredit la propriété de M. Aveline ne laisse rien à désirer pour la bonne tenue; la cour, les bâtiments et le jardin sont aussi bien tenus que bien distribués.

Les terres labourables, d'une propreté extrêmement rares, sont très-bien cultivées; aussi les récoltes sont belles et abondantes. Les herbages, parfaitement tenus, ne contiennent ni chardons ni autres mauvaises productions. Les plants de pommiers sont magnifiques, ce qui est incontestablement le résultat des soins qui leur sont donnés. Aveline comme membre de la Commission chargée de la visite des fermes, a renoncé à concourir nous devons donc nous borner à lui adresser les félicitations de la Société.

Farcy, en acceptant aussi de faire partie de la Commission chargée des visites, a renoncé à concourir mais nous devons vous signaler sa propriété. Nous avons aussi remarqué chez lui une grande quantité d'arbres exotiques dont quelques-uns sont fort beaux et fort rares.

Exploite cinquante hectares de terre il possède six vaches à lait et quelques génisses qu'il vend amouillantes. Les terres labourables sont bien tenues et les récoltes sont belles et bonnes. Les herbages aussi sont bien tenus; la vacherie est bonne, et le taureau surtout est à remarquer.

Nous devons aussi des louanges à M. MmB veuve Martin, Pierre, à Torteval. Cette ferme, d'une étendue de quarante hectares, est tenue avec le plus grand ordre. Très-bien secondée par un de ses fils, Mme Martin obtient de superbes. Son exploitation mérite de vous être signalée. Cette propriété, d'une contenance d'environ trentedeux hectares, est fort bien tenue. Parmi les récoltes nous devons citer le blé, l'avoine et l'orge.

Dans la cour, des terreaux sont préparés avec soin pour être portés sur les terres. Guernier possède six vaches à lait qui méritent d'être signalées pour leur bonté. Guernier aussi nous devons des félicitations. Les bâtiments de cette exploitation sont dispersés et par cela même peu commodes; les cours sont vastes; aussi y élève-t-on une grande quantité de volailles.

Dans la cour, nous avons remarqué de fort belles tombes bien préparées pour être portées sur les terres. A la tête d'une assez grande faisance valoir, M. Denise se livre spécialement au commerce des élèves et de l'engrais des bestiaux aussi son exploitation. Quant aux vaches à' lait, il n'en a que cinq; mais fort belles et fort bonnes, ainsi que son taureau que nous avons particulièrement remarqué.

Les terres labourables nous ont paru bien tenues. Les bâtiments de la ferme, tous neufs sont on ne peut mieux distribués sur trois des côtés de la cour, qui est vaste, belle et commode.

Martin fait traire six vaches. C'est à coup sûr un homme laborieux et actif, digne d'être encouragé. Fait valoir environ vingt-quatre hectares de terre. La disposition des bâtiments et de la cour, qui est vaste, est fort bonne. Nous avons vu avec plaisir des terres apportées dans la cour pour y être converties en terreaux. Les labours, ainsi que les herbages, sont parfaitement tenus, et nous avons admiré la beauté du plant de pommiers, qui sont soignés et élagués avec une grande intelligence.

La culture des pépinières est une spécialité du canton de Caumont, et la Société a décidé que les deux médailles destinées aux plantations et élagage des arbres forestiers seraient, cette année, décernées aux pépiniéristes qui s'en seraient rendus dignes par des cultures remarquables et la bonne tenue de leur établissement. Nous devons vous signaler en première ligne M.

Depuis longtemps nous connaissions MM. Tillard pour les premiers pépiniéristes du pays; mais pour la plupart de nous leurs pépinières étaient inconnues aussi combien avons nous été frappés d'admiration en les voyant pour la première fois. Leur étendue, qui ne nuit en rien à leur bonne tenue, est immense. Tous les arbres indigènes, forestiers, fruitiers, à couteau et à noyau, ou à fleur et d'agrément, ainsi que les arbres verts de grande culture forestière y occupent chacun leur carré distinctif.

Pas un seul arbre exotique acclimaté sous notre zone, qui ne soit aussi cultivé dans cet établissement. Il me faudrait, Messieurs, sortir entièrement des bornes de ce rapport pour vous signaler toutes les plantes remarquables que possède M. Nous nous bornons donc à vous demander pour lui une récompense digne de la bonne tenue et des soins qu'il apporte à ses cultures, c'est-à-dire la médaille d'argent destinée à la culture des arbres forestiers.

MUe Martin, pépiniériste à Sallen. Les pépinières de Mlle Martin sont également fort considérables et bien tenues ses principales cultures sont l'épine et les pommiers. Les arbres forestiers sont aussi cultivés chez elle, mais en plus petite quantité.

La bonne tenue de son exploitation mérite que vous lui décerniez la médaille de bronze. Les pépinières de M. Achard sont aussi fort bien tenues, et toutes les variétés d'arbres forestiers et fruitiers y sont cultivées; mais plus particulièrement les pommiers.

Un hectare environ est en pépinière d'épine, qui est aussi la plus forte partie de la culture de M. Sthnout, hudebn software, hodnocen uivatel, podrobnosti o produktu, hodnocen: Strangelove, the Exorcist, chic Times. Humphrey Bogart, marlon Brando, james Cagney, bette Davis. Al Pacino, arnold, schwarzenegger, outstanding Movies, including: A Point to Odyssey, airplane! Nahrvat je mon napklad prostednictvm mikrofonu, streamovan audio z Internetu, hudbu ze softwarovch pehrva a z dalch libovolnch externch zdroj ppojench k PC pom.

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Dans le cours de nos visites nous avons trouvé très-peu de betteraves et même peu de pommes de terre. Nous vous proposons d'accorder la première prime de 90 francs à M. Philippe Le Sueur, de Villiers, qui a fait deux hectares de betteraves, et la deuxième prime de 60 francs, a M. Jacques Le Petit, de Formigny, qui a fait environ un hectare et demi de betteraves.

Il nous reste maintenant, pour accomplir notre tâche toute entière, à vous entretenir des autres cultivateurs qui ont reçu notre visite et qui méritent tous, à divers titres, de trouver place dans ce rapport, particulièrement quelques-uns d'entre eux qui, par modestie ou par désintéressement nous ont déclaré formellement qu'ils ne voulaient pas prendre part au Concours. Paul de Cauvigny, propriétaire à Vierville, avait été nommé membre de la Commission chargée de la visite des fermes; mais une indisposition l'a empêché de nous accompagner; et nous croyons devoir aujourd'hui faire violence à sa modestie en vous signalant son exploitation.

DE Cauvigny fait valoir un vaste domaine, près de cent hectares de terres, d'une qualité médiocre et très-difficiles à cultiver. Les terres lourdes et mouillantes sont pénibles pour le laboureur; les herbages, souvent trop humides, souvent desséchés par le soleil et les bises de mer, sollicitent des travaux et des engrais répétés et néanmoins cette exploitation peutêtre citée comme une des plus remarquables et des mieux tenues du canton.

Les labours sont irréprochables. Malgré les difficultés que présentent ces terres,. Ses herbages, complétement dépouillés et successivement engraissés, sont très-bien tenus. Les fumiers des divers animaux, soigneusement mélangés, sont tous réunis dans une vaste fumière, éloignée de l'habitation et entourée de murs où ils sont chargés par des couches successives de sable de mer qui les défend de la sécheresse et augmente la masse des engrais.

Enfin les prix élevés que M. La principale industrie de M. Simon consiste dans la tenue des herbages et des bestiaux. Ayant obtenu tout récemment au Concours départemental de la grande médaille d'or, pour le nombre et la beauté de son bétail, c'est-à-dire la récompense honorifique la plus satisfaisante qui pût lui être offerte, il nous a exprimé le désir de ne pas prendre part au présent Concours; mais tout en accédant à sa demande, nous ne pouvons nous empêcher d'accorder un témoignage public de satisfaction au zèle, aux efforts, à l'habileté de ce.

Convaincu comme nous des avantages du système de stabulation pendant l'hiver, M. Simon a fait construire de magnifiques étables parfaitement bien disposées, où plus de trente boeufs peuvent trouver place dans la mauvaise saison, et qui forment dans l'été une belle bergerie. Michel Lefrançois, ferme de Gruchy, commune de Saon, appartenant à M. Lefrançois est un de ces cultivateurs modestes qui sont trop peu connus, parce qu'il ne se produisent jamais eux-mêmes et qu'ils ne se révèlent jque par des connaissances solides et la beauté de leurs produits.

Lefrançois a succédé à son père dans la direction de cette exploitation, qui est une des plus grandes du pays. Ses terres sont bien cultivées, ses herbages bien tenus et fréquemment engraissés par des tombes soigneusement préparées; mais ce qui doit être surtout signalé, dans un canton où les bestiaux forment la principale richesse du pays, c'est la beauté et la finesse des animaux qui composent la vacherie. Le grand nombre et le choix des élèves le système de réforme pratiqué par M.

Lefrançois pour remplacer successivement les animaux défectueux par des bêtes d'élite ont mis cette vacherie au premier rang parmi celles du canton, et témoignent de ses efforts pour améliorer notre belle race du Bessin. Lefrançois, qui aurait eu des droits certains à l'une des récompenses que vous allez décerner, nous ayant déclaré formellement qu'il ne désirait pas concourir, nous ne pouvons lui offrir que des félicitations et des éloges. Enfin, Messieurs, dans toutes les fermes que nous avons visitées nous avons trouvé quelque chose de satisfaisant et qui mérite de vous être signalé.

BIDEL, à Bricqueville, nous avons trouvé des herbages très-bien tenus, des rigoles curées avec le plus grand soin et des tombes bien préparées. DE Babssy père, à Tessy, nous avons admiré l'ordre et la régularité qui régnent dans cette grande exploitation.

Nous avons observé des terres convenablement engraissées, une bonne et nombreuse vacherie. Charles REGNAULD, à Vaulaville, nous avons trouvé des labours très-bien tenus, remarquables par la propreté de la terre et l'abondance des engrais, une belle vacherie, des herbages soigneusement dépouillés.

Nous aurions voulu visiter encore un plus grand nombre d'exploitations; mais le temps et les forces nous ont manqué. Nous croyons toutefois pouvoir nous rendre ce témoignage que nous n'avons rien négligé pour découvrir et pour vous signaler les cultivateurs.

Nous sommes heureux de profiter de l'occasion qui nous est offerte aujourd'hui pour remercier publiquement les honorables Commissaires qui nous ont assisté dans cette mission laborieuse et délicate. Ce rapport, substantiel, consciencieux, impartial, a été. Richard Desramé-Dubois a ensuite donné lecture du rapport suivant, sur les prix de moralité, rédigé par M.

Coueffin, secrétaire de la section d'Agriculture. Après l'éloquent discours que vous venez d'entendre et les rapports si circonstanciés des travaux de vos Commissions, il ne m'est pas permis de vous entretenir des progrès successifs que votre zèle, vos lumières et vos sacrifices de toute nature ont fait faire au premier et au plus noble des arts.

En effet, la mission qui m'est confiée est plus restreinte, et je tenterais en vain, pour vous intéresser, d'en franchir les limites. Toutefois, en me renfermant dans ma spécialité, j'aurai encore quelques considérations utiles à vous présenter.

Je me recommande à votre indulgence. Vous savez comme moi, Messieurs, que l'économie publique comprend la science de l'industrie agricole, laquelle a pour objet de recueillir directement des. Que selon la manière dont on utilise cette source féconde et toujours inépuisable on obtient des résultats divers. Que la société humaine, toute entière, doit désirer son plus grand développement, car, plus la terre produit plus elle offre à ses habitants des moyens d'aisance et de richesse d'abord matériels et ensuite industriels.

L'échange qui s'opère entre les divers pays, et même entre les diverses nations, du superflu réciproque, constitue une sorte de fraternité générale qui donne lieu à mille combinaisons dans lesquelles s'exercent toutes les intelligences et où chacun trouve son pain quotidien.

Ainsi on peut affirmer, sans exagération, que l'agriculture est la mère nourricière du genre humain, puisque ses produits, quelle que soit leur transformation, forment les premiers éléments des autres industries. Mais cette mère exige des soins constants une longue expérience l'a démontré et l'état généralement satisfaisant de nos exploitations agricoles en offre aussi la preuve.

Tout le monde a compris avec M. Une telle communauté de travail, d'efforts et de soins devrait être fondée sur une confiance et une estime réciproques. Malheureusement il n'en est pas toujours ainsi. Le lien qui unit les domestiques aux maîtres est trop faible pour résister aux mauvaises influences, souvent aux mauvaises passions. Ce désaccord est funeste à l'agriculture. Les maîtres, privés du concours sur lequel ils avaient droit de compter, se trouvent neutralisés dans l'accomplissement de leurs projets, et forcés d'en modifier l'exécution.

Mais les domestiques et servantes perdent plus encore quand, oubliant leurs devoirs et les obligations qu'ils ont prises, ils renoncent à la considération acquise aux personnes fidèles, probes, laborieuses et morales.

En effet les tribunaux flétrissent leurs écarts; la société les repousse, et leur existence tourmentée devient de plus en plus malheureuse. Cependant les uns et les autres ont un intérêt commun à rester unis. Sans vouloir examiner si le maître n'a pas quelquefois des torts à se reprocher, je suis d'avis qu'indulgent pour les fautes légères, il doit toujours être un protecteur éclairé. Or que ses réprimandes soient douces que ses conseils soient bienveillants et quasi paternels, et alors il ramènera il faut l'espérer, à la raison, à la docilité les coeurs que l'absence de toute éducation et les mauvais exemples n'ont pas entièrement pervertis.

Quant aux autres, qui. On se demande, depuis longtemps, Messieurs, pourquoi les maîtres attachent à leurs établissements des étrangers dont ils ne connaissent ni le lieu de naissance, ni les noms, ni la moralité? Pourquoi ces individus ne sont point présentés aux maires des communes dans lesquelles ils prennent domicile, afin que ces fonctionnaires les inscrivent sur les états de population et constatent leur identité?

On se demande encore pourquoi ils ne sont pas astreints à être porteurs de livrets? Pour résoudre ces questions, on est forcé de reconnaître que la négligence et l'indifférence des maitres sont manifestes dans les deux premiers cas, et que dès-lors ils ont de graves reproches à se faire quand ils sont victimes d'abus de confiance. Est-on, en effet, excusable quand on prend un engagement sérieux de ne pas exiger des garanties d'exécution?

Mais un usage suranné et bon pour le temps où il commença a prévalu. A la vérité cette époque était protégée par des réglements de police d'une grande sévérité, qui maintenaient la balance dans un juste équilibre.

Aujourd'hui, bien que nos lois civiles veillent, leur protection restera inefficace tant qu'une loi spéciale n'aura pas rendu obligatoire les livrets.

Vous savez que notre Société d'agriculture et nos Conseils d'arrondissement et de département ont, après mûr examen, réclamé la proposition et l'adoption d'une telle loi. Espérons donc avec confiance que le gou-. Déjà elle vous offre les moyens de récompenser ces bons et fidèles domestiques qui lui ont été signalés. Les prix qui vont leur être décernés soit relativement à la perfection des labours soit en ce qui concerne la durée de leurs services chez les mêmes maîtres, deviendront un puissant stimulant et une cause d'émulation poux leurs égaux.

Pour prendre part aux prix de moralité alloués par l'art. Quoique la Société ne puisse accorder à chaque sexe que deux récompenses en argent et deux mentions honorables, elle m'a recommandé de signaler et les noms et les services de tous les prétendants, pour leur valoir à des titres différents, il est vrai de recommandation publique.

Je remplis ce devoir avec une douce satisfaction mais avec le regret que les ressources de la Société ne lui permettent pas de faire plus. Le Petit, propriétaire-cultivateur à Formigny. Vingt ans de service sans interruption fidélité constante et intelligence dans la conduite des chevaux.

Probité et fidélité; bonne conduite et moralité. Louis Le Royer, propriétaire-cultivateur à Bernesq. Carbonnel, propriétaire à Saint-Laurent-sur-Mer, Dix-huit ans de service; zèle, fidélité et bons procédés. Pierre-Louis Delamare, boucher et cultivateur, Service sans interruption de à Il semble qu'il aurait momentanément quitté son maître; Í mais en ce moment il se trouve chez lui. Fidélité et bonne conduite estime générale. Barbey, propriétaire-cultivateur à Engranville, Quatorze ans de service, honnête homme, dévoué à son maître, intelligent et traitant les animaux avec douceur.

Michel Vimard, propriétairecultivateur à Mosles. Fidélité et probité; moralité et bonne conduite. Sally, maire de Crouay, depuis seize ans sans interruption. Louis Le Royer, propriétaire-cultivateur à Bernesq, Dix-sept ans de service sans interruption probité et moralité. Michel Le Bourgeois, propriétaire-cultivateur à Ste-Honorine, Dix-neuf ans de service sans interruption; soins affectueux donnés au père et à la mère de son maître, moralité et fidélité constantes. Laroche, propriétaire-cultivateur, demeurant au Breuil, Vingt-deux ans de service sans interruption, avec exactitude et probité.

Pierre-Louis Delamarre, cultivateur et boucher à Mosles, depuis , sans interruption,. Couillard, propriétaire-cultivateur à Mandeville, N'a servi que deux maîtres, savoir dix-sept ans chez M. Avif, et onze ans sans interruption chez M. Bons et loyaux services dans les deux maisons. Vous concevez facilement, Messieurs, dans quels embarras votre Commission s'est trouvée pour faire un choix consciencieux parmi des candidats qui réunissaient toutes les conditions du programme et qui tous étaient réellement recommandables.

Elle n'a point voulu s'en rapporter exclusivement aux attestations produites elle a encore recueilli divers renseignements destinés à les compléter. Balançant alors les droits respectifs, elle a pris la décision dont je vais avoir l'honneur de vous rendre compte. Le sieur Marie Jacques , domestique de M.

A la 1" mention honorable,. Jacques Le Petit, à Formigny. La demoiselle Makie Virginie , servante de M. La demoiselle Marie Monique servante de M.

Ici, Messieurs ma tâche se termine. Avant tout, permettez-moi d'adresser aux lauréats mes sincères félicitations. Domestiques et servantes, n'oubliez jamais ce beau jour. Les brevets qui vont vous être remis par M. Désormais vos camarades seront fiers de votre affection et l'attachement de vos maîtres deviendra la consolation de vos vieux jours. Cet excellent rapport, rempli de vues sages, de considérations morales et de conseils prudents, a fait une vive impression sur l'assemblée.

Sur le rapport du Jury des Concours de labourage et des bestiaux les récompenses ont été décernées ainsi qu'il suit. Ainand Langlois employé agricole chez M. François Noirci employé agricole chez M. Vimard fils cultivateur à Mosles. Pierre Fresnel, employé agricole chez M. Félix Barbey, d'Engranville pour un taureau brange, de race. Cotenline, âgé de dix-huit mois.

Amand LE Chartieb de Colombières, pour un taureau. Gustave LE Hérisson, de Saon, pour un taureau brange-. Désiré Adeline de Elay, pour un taureau de race Durham-Co-. Laurent Ygouf, de Vierville, pour une génisse brange-tigre. Désiré Adeliise, de Blay, pour une génisse brange-rouge, de. Alexandre Daon de Bricqueville, pour un bélier de race. Videgrain de Teysy, pour un bélier de race de Disliley. Jean-Louis Vimard de Mandeville, pour un verrat de race.

Amand Le Charthcr, de Colombières, pour un verrat de. Après la distribution des récompenses les autorités, les membres de la Société, la plupart des principaux propriétaires et agriculteurs du pays ont pris part à un banquet de plus de cent couverts, auquel avaient été invités les lauréats du concours de labourage et les anciens ouvriers agricoles qui venaient de recevoir les prix de moralité.

Pendant les concours et le banquet, la musique de la garde nationale de Trévières a joué avec beaucoup d'ensemble des morceaux d'harmonie. La fête a été terminée par un joli feu d'artifice dû à la libéralité de M. Le 19 septembre ont eu lieu, à Caumont, les Concours agricoles annuels établis par la Société d'Agriculture de Bayeux.

Les Concours ayant lieu pour la première fois dans le canton de Caumont, et leur utilité n'étant pas encore parfaitement comprise, le nombre des bestiaux présentés était peu considérable. Toutefois, le Jury a trouvé un nombre suffisant d'animaux de mérite pour décerner toutes les primes portées au Programme. A une heure et demie, les membres de la Société et les autorités de Caumont, réunis en cortége et précédés de la musique se sont transportés sur une pièce de terre appartenant à M.

Farcy, située sur la route de Thorigny, où devait avoir lieu le Concours de labourage. Sept concurrents se sont présentés et ont été admis à concourir. Après avoir tiré au sort la portion de terrain qu'ils devaient labourer, ils ont placé.

Vivement excités par la foule, qui les suivait des yeux, et le désir de remporter les prix de la lutte, les concurrents ont fait preuve d'habileté et d'aptitude une heure leur a suffi pour labourer les deux sillons qui formaient leur tâche respective. Aussitôt que les charrues ont été retirées le Jury a procédé à ses opérations, qui ont été terminées un peu avant trois heures. Le cortége s'est alors remis en marche et est revenu sur la place de Caumont, où un élégant pavillon avait été dressé par les soins de M.

A trois heures et demie, la Société s'est réunie en séance solennelle dans ce pavillon, sous la présidence de M. Pezet, pour procéder à la distribution des récompenses. Lance et Douesnel, membres du Conseil général du Manoir, Coueffin et Dupont, membres du Conseil d'arrondissement; Goubot maire de Caumont Le Teinturier la Prise, juge de paix du canton; de Bonnechose, vice-président de la Société; Castel, secrétaire général; Georges Villers, vice secrétaire général; de Laboire et Le Sueur président et viceprésident de la section d' Agriculture le marquis de Balleroy et les membres du Jurv.

La place de Caumont, légèrement en pente, présentait alors un aspect des plus animés et des plus pittoresques; plus de trois mille personnes de rangs et de costumes divers, se pressaient au-devant et sur les côtés du pavillon, et témoignaient par leur tenue et leur silence de l'intérêt qu'elles prenaient à la solennité qui les réunissait.

Il y a quatre ans, à pcu près à pareil jour, nous étions réunis à Balleroy pour une solennité semblable à celle qui nous rassemble en ce moment et je suis heureux de vous retrouver aujourd'hui à Caumont en si grand nombre, fidèles au rendez-vous que nous vous avions donné pour honorer, pour fêter tous ensemble l'agriculture de votre canton.

Je vous avais promis, au nom de notre Société, de revenir visiter vos exploitations et apprécier vos travaux. Nous avons passé plusieurs jours au milieu de vous, parcourant vos champs et vos prairies, visitant vos troupeaux admirant partout les efforts du travail et de l'intelligence, dans un canton, dont les terres généralement inférieures à celles des autres parties de l'arrondissement, sont plus difficiles à travailler.

Nous devions nous attendre à les voir aujourd'hui se produire publiquement dans le Concours qui vous était offert par la Société. Pourquoi donc ce Concours était-il presque désert, nos primes dédaignées et enlevées sans concurrence par un petit nombre de bestiaux qui n'étaient certainement pas les meilleurs de votre canton?

Les étrangers, venus de loin à cette fête, auront une faible idée de votre zèle et de vos efforts, et ils douteront peut-être de la sincérité de nos éloges. Cependant, Messieurs, c'est un devoir pour la Commission de le proclamer les progrès qui ont été réalisés en si peu de temps dans le canton de Caumont, ont dépassé nos espérances. Permettez-moi de croire et d'espérer qu'une bonne part de ces progrès est due à l'influence salutaire de notre Société d'agriculture, aux conseils, aux encouragements qu'elle a donnés, à l'émulation qu'ont inspirées les modestes récompenses que nous allons décerner, récompenses trop faibles sans doute, et bien peu en rapport avec l'importance de cette grande industrie qui nourrit la France.

Et pourtant ces récompenses, toutes faibles qu'elles sont, ont été appréciées par vous avec une louable émulation, et mises à plus haut prix, le Concours de bestiaux vient de nous en. C'est qu'en France surtout dans ce pays de l'honneur, ce n'est pas la valeur de la récompense qui excite les efforts et le dévouement c'est la gloire qui s'y attache.

Jamais Rome ne fut si vertueuse et si grande que lorsque les vainqueurs recevaient une simple couronne de chêne pour prix de leurs exploits. Et nos braves soldats, ces martyrs de la gloire qui affrontent aujourd'hui la mort sur la terre d'Afrique, comme naguères sur tous les champs de bataille de l'Europe, quelle est donc la récompense qui les soutient au milieu des fatigues des privations et des dangers?

N'est-ce pas l'espoir de placer un simple ruban sur leur poitrine? Mais ce ruban est, pour eux, le symbole de l'honneur, du dévouement à la patrie! I Telles sont aussi, Messieurs, les médailles que nous vous apportons. Elles ont peu de valeur par elles-mêmes, mais elles en prendront beaucoup à vos yeux, aux yeux de tous, par l'honneur qui s'y attache, par les efforts consciencieux qui ont été faits par nous, et dont vous avez été témoins, pour les décerner aux plus dignes, par l'éclat de cette réunion où elles vous sont données sous les yeux de vos compatriotes de vos parents, de vos rivaux, en présence du premier magistrat de cet arrondissement et des membres de vos Conseils électifs, qui ont tenu à honneur d'assister à cette réunion solennelle.

Ces récompenses témoigneront, aux yeux de tous, que ceux qui les ont reçues ont été jugés les cultiva-. Elles seront un motif de légitime orgueil pour leurs familles et ces médailles sans valeur apparente, seront disputées un jour, par vos enfants, comme une part précieuse de l'héritage paternel. J'avais donc raison, Messieurs de vous le dire dans nos premières réunions, au début de la Société l'agriculture française, pour remplir son importante mission et atteindre à la hauteur de ses destinées, a surtout besoin d'être honorée.

Rien n'est plus propre à la faire marcher dans la voie du progrès que d'élever, de grandir à leurs propres yeux ceux qui labourent le sol, et de leur donner une part dans les distinctions réservées à ceux qui méritent bien du pays. Peu d'années se sont écoulées depuis que je vous adressais ces paroles et je suis heureux de pouvoir vous apporter aujourd'hui l'espérance que ces deux grands besoins de l'agriculture seront satisfaits.

Chaque année voit instituer de nouveaux concours plus imposants et plus solennels. Les fils du roi, les ministres, les plus hauts fonctionnaires de l'état se font un devoir d'S assister et d'offrir eux-mêmes aux cultivateurs qui savent les conquérir des primes plus nombreuses, des récompenses pécuniaires plus impor-.

Et quant à l'enseignement agricole, une circulaire toute récente, publiée par M. Rendons grâce, Messieurs, à cette heureuse disposition des esprits qui ne se contente plus de donner à l'agriculture des louanges banales et stériles mais qui réclame et qui obtient pour elle des mesures efficaces. Rendons grâce aussi au gouvernement qui met à profit les loisirs d'une longue paix pour étudier sérieusement les besoins de notre agriculture, et qui entre ainsi dans la voie des améliorations et des institutions si vivement désirées, si longtemps attendues.

Il était temps, Messieurs, que l'agriculture fût ainsi hautement protégée et réhabilitée, après les rudes épreuves qu'elle vient de subir. Les souffrances des populations urbaines et des classes ouvrières ont été grandes, sans doute, pendant les mois qui viennent de s'écouler, et nous en avons tous été vivement émus mais l'agriculture aussi a eu ses jours de deuil, d'inquiétudes et d'injustes préventions.

Lorsque le ciel refusait à ses rudes travaux les moissons abondantes qui doivent en être la récompense lorsque déjà privée de son légitime salaire, elle était obligée de faire de nouveaux sacrifices pour soulager les souffrances qui l'entouraient, c'était dans ce moment-là même qu'on l'inquiétait par des menaces qu'on dé-.

Sans parler des sourdes rumeurs d'accaparement et de destruction des blés, semés par une coupable malveillance, les journaux les plus répandus accusaient l'agriculture de routine et d'ignorance à la face du pays; ils lui demandaient compte du défaut de la récolte de l'intempérie des saisons de la maladie des pommes de terre, que sais-je de toutes les causes qui ont contribué à amener ce fait déplorable de la cherté des subsistances.

On a été jusqu'à lui reprocher ses progrès et à lui faire un crime de consacrer une partie du sol à la culture du colza, des betteraves, du sainfoin et autres plantes fourragères, et on n'a pas voulu proclamer que la France qui ne nourrissait, en , que 20 millions d'habitants, et 6 millions seulement avec du blé, nourrit aujourd'hui 36 millions d'hommes et 20 millions avec du froment.

On n'a pas dit que la production du blé a plus que triplé dans l'espace de moins d'un siècle, et que l'agriculture, écrasée par les malheurs des temps, par les guerres, par trois invasions, a néanmoins réalisé d'immenses améliorations. Les écrivains qui accusaient ainsi l'agriculture ignorent, sans doute, que la terre ne produit pas toujours du blé; que les racines et autres plantes fourragères, qui permettent de nourrir des bestiaux et de produire des engrais, peuvent seules soutenir et développer la fécondité du sol, tout en fournissant au pays des aliments précieux qui lui sont maintenant aussi néces-.

Est-ce à dire pour cela que l'agriculture doive aujourd'hui s'endormir dans une trompeuse sécurité et s'arrêter parce qu'elle est entrée dans la bonne voie? Non, non, Messieurs, jamais peut-être elle n'avait eu de si grands devoirs à remplir, tant de rudes conquêtes à entreprendre, tant de terres ingrates à féconder.

Ne voyez-vous pas tous les regards qui se tournent vers elle et qui lui demandent impérieusement d'augmenter encore ses produits pour nourrir tous ces nouveaux enfants qui se pressent chaque jour davantage sur le sol de la patrie, sur ce territoire qui ne grandit pas et qui s'épuisera si le génie de l'homme ne développe pas sa fécondité? Je l'ai déjà dit, et je ne me lasserai jamais de le répéter dans nos réunions agricoles le champ du progrès est sans limites Semblable à l'horizon qui fuit toujours devant nous, avant même que le but auquel on aspire soit atteint, il présente à nos regards un autre but plus élevé, et réclame de nouveaux efforts.

Mais le jour du repos, me dit-on souvent quand je parle ainsi, le jour du repos ne se lèvera donc jamais? Le repos, Messieurs, n'est pas un but digne de l'homme qui comprend sa mission sur la terre. Il peut être permis au vieillard que la force abandonne d'y consacrer les derniers jours d'une vie languissante, pour se recueillir devant Dieu avant de descendre dans la tombe mais dans l'âge viril, le repos est une honteuse abdication une image de la mort le travail au contraire est la vie et la gloire de l'homme.

Demandez à vos laborieux compagnons qui vont recevoir, de nos mains, la récompense de leurs efforts demandez-leur s'il ne leur reste plus rien à faire et s'ils se reposeront désormais, parce que vous les honorez aujourd'hui de vos suffrages et de vos applaudissements.

Ce beau jour qu'il vient de nous accorder, si différent de ceux. Prions-le donc, Messieurs, prions-le tous de protéger nos récoltes, de détourner de nous ces fléaux destructeurs qui viennent affliger les populations et qui sont peut-être aussi destinés parfois à leur rappeler, quand elles l'ont trop oublié, que nous avons tous des devoirs à remplir envers celui dont la providence fait mûrir nos épis et féconde nos troupeaux. Ce discours a été accueilli par de vifs applaudissements. Richard Dubois, au nom de la Commission des améliorations agricoles, a ensuite donné lecture du rapport suivant.

Après les paroles si éloquentes que vous venez d'entendre, il y aurait témérité de ma part de vouloir vous parler du but qui nous réunit aujourd'hui, but que d'ailleurs vous comprenez si bien. Je me borne donc à réclamer votre indulgence et à vous prier de pardonner l'étendue et la forme technique des détails dans lesquels il me faut entrer. En restant dans les généralités, on est suspect d'inexactitude ou d'exagération.

En mettant des détails, des faits et des chiffres sous vos yeux vous serez à même de porter votre. Nous nous abstiendrons de toute espèce de blâme; loin de nous, toute critique nous n'envions que le bonheur de pouvoir donner des louanges et de vous signaler ce qui est réellement bien. Si, dans le cours de nos visites, nous avons remarqué avec un vif plaisir les progrès que l'agriculture a faits dans le canton de Caumont depuis le concours de c'est certainement chez M.

Barey que nous avons été le plus frappés des améliorations qui ont été apportées. La cour de cette propriété, qui est belle et vaste, se trouve fermée d'un côté par les bâtiments ruraux, qui ne laissent rien à désirer pour leur distribution et leur bonne tenue la laiterie, construite depuis deux ans, est d'une extrême propreté et fort bien disposée; du côté opposé se trouve une magnifique pièce d'eau.

Les terres labourables sont parfaitement cultivées, et toutes les récoltes sont fort belles. Barey cultive ses sainfoins avec un soin particulier; aussi nous en a-t-il fait voir d'un, de deux et de trois ans, qui sont les plus beaux que nous ayons vus dans notre tournée. Les herbages, qui autrefois étaient mouillants, se trouvent asséchés au moyen de rigoles recouvertes.

La vacherie se compose de huit bonnes vaches à lait et sept fort belles génisses. Partout enfin le zèle l'activité et l'intelligence du propriétaire se font remarquer. Nous réclamons pour M. Barey la médaille d'honneur que la Société destine au propriétaire qui a fait le plus d'améliorations. Cairon, propriétaire et maire à Anctoville. La propriété que fait valoir M.

Cairon est d'une contenance d'environ vingt hectares. Les appartements sont bien disposés et parfaitement tenus. Le jardin légumier est soigné d'une manière tout à fait remarquable. Parmi les récoltes, nous avons surtout remarqué de très-bon orge et de très-bonne avoine, dans lesquels on a semé du sainfoin les labours sont généralement bons.

Les herbages, dont une partie a été créée par M. Cairon, sont asséchés au moyen de rigoles et de saignées fort bien entretenues, conduisant les eaux dans un réservoir destiné à recevoir les vases, qui sont ensuite converties en tombes; nous en avons vu une fort bonne prèle à être étendue. Les plants de pommiers sont admirablement tenus, et les clôtures très-belles et très-bien entretenues. Cairon aussi est un homme actif, laborieux et intelligent que la Société doit récompenser.

Nous vous proposons donc de lui décerner une mention honorable. Les bâtiments qui entourent une belle et grande cour, sont très-commodes la laiterie aurait peut-être besoin de quelques améliorations mais elle est parfaitement tenue, ainsi que les autres appartements. Les terres labourables, bien dirigées, donnent de belles et bonnes récoltes nous avons particulièrement remarqué le blé et une fort belle pièce de trèfle.

Les herbages sont bien tenus, et on prépare en ce moment des tombes pour les améliorer encore. Huit bonnes vaches à lait et autant de génisses composent la vacherie. Quoiqu'à la tête d'une exploitation dont les terres sont difficiles à labourer, M. Fontaine a des récoltes d'une beauté remarquable; les blés surtout sont fort bons; les betteraves, parfaitement plantées, sont d'une extrême propreté.

L'intérieur de la ferme ne cède en rien à l'extérieur la laiterie, dirigée par M. Fontaine lui-même, pourrait rivaliser avec les mieux tenues du Bessin. La vacherie se compose de vingt bonnes vaches à lait, dix élèves et un taureau. Enfin, Messieurs, toute l'exploitation prouve que M. Fontaine, qui se trouve seul à la tête de son exploitation, est un homme laborieux, actif et intelligent.

Nous demandons pour lui la première médaille d'argent pour la bonne tenue d'exploitation agricole. Cette ferme une des plus considérables du canton, contient cent vingt hectares, dont neuf seulement en herbages. L'assolement suivi par MM. Martin est le triennal ce qui ne leur empêche pas d'avoir seize hectares de terre en sainfoin, sur lesquels ils répandent chaque année une grande quantité de plâtre.

Parmi les récoltes, qui sont généralement bonnes, nous avons admiré une pièce d'avoine fort étendue. Les bâtiments sont faciles d'accès et bien distribués cependant ils auraient besoin de quelques améliorations. Derrière la maison se trouve une magnifique pièce d'eau. La cour est vaste mais mal disposée et sur un terrain en pente.

Martin possèdent une fort belle troupe de moutons qui leur fait une masse d'excellent engrais. Sur cette propriété nous avons admiré de superbes avenues de chênes, élevés avec le plus grand soin et élagués avec une intelligence rare; il en est de même des baliveaux qui sont élevés dans les bois. Nous en félicitons sincèrement le propriétaire, M. Marte, dit Vallerand, Jean, de Hottot, ferme de la Vauterie. Cette exploitation, d'une étendue de quarante bectares, est composée de terres médiocres, maisparfai-.

Vallcrand fabrique de la chaux, et il en emploie chaque année un fourneau sur son exploitation malgré la masse de fumier que lui font ses huit vaches à lait et ses huit chevaux, il en achète encore une grande quantité.

Nous ne pouvons trop vous signaler le zèle, l'activité et l'intelligence laborieuse de M. Vallerand, qui, certes, est digne de vos récompenses.

Vous voudrez bien lui décerner la première médaille de bronze. Cette exploitation embrasse une superficie de quarante-huit hectares; et, malgré son étendue, elle est fort bien tenue. Les lahours, bien dirigés donnent de fort belles récoltes, parmi lesquelles il nous serait difficile d'en citer une plus particulièrement que les autres. Les herbages sont aussi très-bien tenus, et la vacherie est une des bonnes que nous ayons vues dans nos visites.

Nous avons été particulièrement frappés de la beauté des plants de pommiers et de poiriers qui existent sur cette propriété; une pièce entière de pommiers, qui ont environ vingt-cinq ans de plantation, ne donnant pas autant de pommes qu'on pouvait l'espérer, ont été. Gueroult, qui fait valoir cette ferme avec tant de soin et d'activité, mérite vos encouragements. Nous demandons pour lui la seconde médaille de bronze. Un hectare d'herbage a été créé par lui. Les récoltes sont généralement belles; mais le blé et le sainfoin sont surtout très-bons et très-beaux les varrets pourraient peut-être laisser quelque chose à désirer.

Vallerand peut, à juste titre, compter au nombre de nos bons cultivateurs. Vous lui devez la première mention honorable. Secondée par son fils, jeune homme actif et intelligent, Mme Goubot fait valoir d'une manière tout à fait digne d'éloges environ trente hectares de terre. Les blés, l'avoine et l'orge méritent surtout d'être cités parmi les récoltes. Mme veuve Goubot mérite sans contredit plus que des félicitations. Nous demandons pour elle la seconde mention honorable.

Cette ferme contient cent hectares, dont trente en herbages. Gouley possède quinze bonnes vaches laitières, un taureau neuf génisses ou bêtes de graisse et cent moutons; il mérite à coup sûr la mention honorable que nous vous demandons pour lui. Depuis quarante-un ans la famille de M. Guillet, de père en fils, exploite cette ferme, qui est d'une contenance d'environ soixante-quinze hectares. Les terres labourables sont très-propres; aussi le blé est très-beau et très-bon; le sainfoin est bien planté.

Guillet fabrique chaque année deux fourneaux de chaux de soixante mille kilogrammes chaque, dont un est spécialement destiné à être employé sur la ferme. La vacherie se compose de quatorze belles vaches à lait et de trente génisses et veaux, ce qui ne manque pas de faire une masse d'engrais. Guillet, qui comprend si bien l'importance des engrais vient de. Guillet mérite incontestablement la première prime, de 90 francs, destinée à l'aménagement des fumiers. Quant à la seconde prime, de 60 francs, elle revient de droit à M.

François Cairon, propriétaire et maire à Anctoville, dont nous vous avons parlé plus haut et auquel vous avez déjà décerné la mention honorable annexée à la médaille d'honneur.

M Aupoix greffier de la justice de paix du canton de Caumont. Aupoix ne se livre pas, il est vrai, entièrement à l'agriculture; mais la manière toute exceptionnelle avec laquelle il cultive les racines mérite de vous être signalée; ses betteraves et ses carottes sont les plus belles du canton. Aussi nous nous empressons de réclamer pour lui la première prime, de 90 francs, accordée spécialement à cette culture.

Lacour, Guillaume, de La Vacquerie. Dans cette exploitation, qui est parfaitement tenue d'ailleurs, nous avons spécialement remarqué la culture des racines.

Les betteraves et carottes sont trèsbelles et très-bien soignées. Pour cette culture parti-. Lacour mérite des encouragements, et il a droit à la seconde prime, de 60 francs. Parmi les exploitations que nous avons encore visitées, nous devons signaler à votre attention comme dignes de louanges. Sans contredit la propriété de M.

Aveline ne laisse rien à désirer pour la bonne tenue; la cour, les bâtiments et le jardin sont aussi bien tenus que bien distribués. Les terres labourables, d'une propreté extrêmement rares, sont très-bien cultivées; aussi les récoltes sont belles et abondantes. Les herbages, parfaitement tenus, ne contiennent ni chardons ni autres mauvaises productions.

Les plants de pommiers sont magnifiques, ce qui est incontestablement le résultat des soins qui leur sont donnés. Aveline comme membre de la Commission chargée de la visite des fermes, a renoncé à concourir nous devons donc nous borner à lui adresser les félicitations de la Société.

Farcy, en acceptant aussi de faire partie de la Commission chargée des visites, a renoncé à concourir mais nous devons vous signaler sa propriété. Nous avons aussi remarqué chez lui une grande quantité d'arbres exotiques dont quelques-uns sont fort beaux et fort rares. Exploite cinquante hectares de terre il possède six vaches à lait et quelques génisses qu'il vend amouillantes. Les terres labourables sont bien tenues et les récoltes sont belles et bonnes.

Les herbages aussi sont bien tenus; la vacherie est bonne, et le taureau surtout est à remarquer. Nous devons aussi des louanges à M.

MmB veuve Martin, Pierre, à Torteval. Cette ferme, d'une étendue de quarante hectares, est tenue avec le plus grand ordre. Très-bien secondée par un de ses fils, Mme Martin obtient de superbes. Son exploitation mérite de vous être signalée. Cette propriété, d'une contenance d'environ trentedeux hectares, est fort bien tenue. Parmi les récoltes nous devons citer le blé, l'avoine et l'orge. Dans la cour, des terreaux sont préparés avec soin pour être portés sur les terres. Guernier possède six vaches à lait qui méritent d'être signalées pour leur bonté.

Guernier aussi nous devons des félicitations. Les bâtiments de cette exploitation sont dispersés et par cela même peu commodes; les cours sont vastes; aussi y élève-t-on une grande quantité de volailles. Dans la cour, nous avons remarqué de fort belles tombes bien préparées pour être portées sur les terres.

A la tête d'une assez grande faisance valoir, M. Denise se livre spécialement au commerce des élèves et de l'engrais des bestiaux aussi son exploitation. Quant aux vaches à' lait, il n'en a que cinq; mais fort belles et fort bonnes, ainsi que son taureau que nous avons particulièrement remarqué.

Les terres labourables nous ont paru bien tenues. Les bâtiments de la ferme, tous neufs sont on ne peut mieux distribués sur trois des côtés de la cour, qui est vaste, belle et commode. Martin fait traire six vaches. C'est à coup sûr un homme laborieux et actif, digne d'être encouragé.

Fait valoir environ vingt-quatre hectares de terre. La disposition des bâtiments et de la cour, qui est vaste, est fort bonne. Nous avons vu avec plaisir des terres apportées dans la cour pour y être converties en terreaux. Les labours, ainsi que les herbages, sont parfaitement tenus, et nous avons admiré la beauté du plant de pommiers, qui sont soignés et élagués avec une grande intelligence.

La culture des pépinières est une spécialité du canton de Caumont, et la Société a décidé que les deux médailles destinées aux plantations et élagage des arbres forestiers seraient, cette année, décernées aux pépiniéristes qui s'en seraient rendus dignes par des cultures remarquables et la bonne tenue de leur établissement.

Nous devons vous signaler en première ligne M. Depuis longtemps nous connaissions MM. Tillard pour les premiers pépiniéristes du pays; mais pour la plupart de nous leurs pépinières étaient inconnues aussi combien avons nous été frappés d'admiration en les voyant pour la première fois. Leur étendue, qui ne nuit en rien à leur bonne tenue, est immense.

Tous les arbres indigènes, forestiers, fruitiers, à couteau et à noyau, ou à fleur et d'agrément, ainsi que les arbres verts de grande culture forestière y occupent chacun leur carré distinctif. Pas un seul arbre exotique acclimaté sous notre zone, qui ne soit aussi cultivé dans cet établissement. Il me faudrait, Messieurs, sortir entièrement des bornes de ce rapport pour vous signaler toutes les plantes remarquables que possède M.

Nous nous bornons donc à vous demander pour lui une récompense digne de la bonne tenue et des soins qu'il apporte à ses cultures, c'est-à-dire la médaille d'argent destinée à la culture des arbres forestiers. MUe Martin, pépiniériste à Sallen. Les pépinières de Mlle Martin sont également fort considérables et bien tenues ses principales cultures sont l'épine et les pommiers.

Les arbres forestiers sont aussi cultivés chez elle, mais en plus petite quantité. La bonne tenue de son exploitation mérite que vous lui décerniez la médaille de bronze.

Les pépinières de M. Achard sont aussi fort bien tenues, et toutes les variétés d'arbres forestiers et fruitiers y sont cultivées; mais plus particulièrement les pommiers.

Un hectare environ est en pépinière d'épine, qui est aussi la plus forte partie de la culture de M. Arrivé à la fin de mon rapport, je voudrais ne pas abuser plus longtemps de l'attention et de l'indulgence que vous voulez bien m'accorder; mais avant de terminer, je dois au nom de la Société dont je suis l'organe vous remercier,.

Messieurs les agriculteurs du canton de Caumont, De la bonne volonté et de l'empressement avec lesquels vous nous avez secondés dans nos visites. Vous avez rendu notre tâche une des plus belles et des plus agréables que nous ayons eues à remplir jusqu'à ce moment. Recevez-en nos remerciments bien sincères. Produit d'un travail consciencieux et éclairé, ce rapport a obtenu le suffrage unanime de l'assemblée. Après avoir proclamé les noms des lauréats et remis à chacun d'eux les récompenses accordées aux améliorations agricoles, M.

Rapporteur de la Commission chargée d'apprécier le mérite des domestiques et des servantes reconnus dignes de prétendre aux récompenses promises par le programme, que puis-je vous dire de nouveau.

Ne vous a-t-on pas fait remarquer l'importance des intérêts qui se rattachent à la fête que nous célébrons dans ce canton? Ne vous a-t-on pas dit que MM.

Enfin, n'a-t-on point fait ressortir la possibilité et môme la certitude que l'agriculture de ce pays rivalisera un jour, peu éloigné, sinon avec supériorité, du moins avec une sorte d'égalité relative avec celle des autres cantons de notre bel arrondissement? Que peut-on ajouter, en effet, aux sages observations des diverses commissions? La nature de la race chevaline et son amélioration Et les moyens de multiplier les diverses espèces d'animaux?

Cependant, quoique ma mission soit toute spéciale, ne trouvez pas mauvais que j'essaie d'en étendre les limites. Les questions complexes ont des divisions subordonnées à l'examen et aux conséquences logiques de la question principale.

Déjà la commune chef-lieu, se trouvant désormais reliée par les routes et les chemins avec les arrondissements de Caen, de Vire et de Saint-Lo, devient le centre d'un commerce agricole et industriel considérable. Bientôt les ventes et échanges qui devront nécessairement vivifier toute la contrée imprimer à l'agriculture une puissante impulsion, et donner aux travaux une direction plus éclairée, plus rationnelle, suivront une progression rapide.

Ainsi, sous le point de vue des grands intérêts dont vous êtes les protecteurs, rien ne sera épargné par les habiles praticiens auxquels j'ai l'honneur de parler, pour modifier ou abandonner les anciens usages, admettre ceux qui résultent du fréquent renouvellement des engrais et des amendements, afin de varier les cultures multiplier les plantes fourragères et augmenter le nombre des animaux reproducteurs, sans diminuer les cultures des céréales et celles des autres produits alimentaires.

Ils savent que le travail est un trésor dont la terre est l'inépuisable principe; que cette bonne mère nourricière loin d'être ingrate, rend au centuple l'équivalent de ce qu'on lui donne avec discernement; mais qu'elle exige une étude sérieuse dont les règles sont posées dans le sol, son orientation et dans l'influence que lui font subir les éléments atmosphériqnes. Est-il permis, me répondrez-vous, d'atteindre ce.

Si peu importante que soit une exploitation rarement la famille suffit aux travaux; de là la nécessité d'y attacher des domestiques et des servantes dans une proportion convenable. On ne peut contester ce fait; mais ici un embarras se présente, celui résultant de la difficulté de faire un bon choix dans les loueries. Nos pères trouvaient leurs aides ou dans le sein des localités, ou dans des familles qui leur étaient connues.

Aussi, n'avaient-ils presque jamais besoin de recourir à la sévérité des réglements en vigueur, et trouvaient-ils fréquemment, comme patrons paternels, ces bons serviteurs avec lesquels ils vieillissaient, et qui, vieillissant aussi, restaient attachés à la famille comme le lierre l'est au chêne. Sans prétendre être le détracteur du présent en faveur du passé, j'avouerai que j'ai vu, dans mon enfance et chez mes parents, de ces vieux et loyaux domestiques qui avaient donné toutes les preuves d'une probité incorruptible, d'un zèle et d'un attachement irréprochables.

On voyait alors combien était doux, puisqu'il était libre, ce mutuel attachement fondé sur la reconnaissance quand les vieux serviteurs se retiraient, après épuisement de leurs forces. Honorés de toute part, le toit hospitalier de leurs maîtres devenait le protecteur de l'habitation qu'ils avaient choisie, et ils trouvaient dans le fruit de leurs économies une honnête aisance qu'ils transmettaient à leurs enfants avec l'exemple de leur honnêteté.

Les domestiques et les servantes de nos jours, igno-. Eh, Messieurs, permettez-moi de vous le dire. Notre législation présente une lacune qu'il faudrait combler. La liberté individuelle est soumise à des règles générales et absolues, mais qui ont leur spécialité pour les contrats du louagè des domestiques et servantes. Les vavasseurs 63 , ou tenants de vavassories, constituaient, après les chevaliers et en dessous d'eux, comme l'ossature de la féodalité normande.

Mais la transformation, la décadence rapide du système féodal firent disparaître très vite la classe des vavasseurs, Jusqu'à la fin de l'ancien régime, les vavassories subsistent, en grande" partie tout au moins ; mais, dès le dernier siècle du moyen. Le sens large, le seul connu en dehors de la Normandie, désignait le vassal d'un grand seigneur, comte ou duc.

Le mot avait quelquefois ce sens chez les Normands ; mais ils étalent les seuls à l'employer dans le sens étroit de tenant d'une vavassorie, noble ou roturière.

Dans ces conditions, on comprend facilement que l'étude des vavassories dans les documents modernes ne présente qu'un intérêt relatif: A ce point de vue, l'enquête de offre un intérêt de premier ordre. Cherchons à en dégager les enseignements. Tout d'abord, ce document nous signale: Cette indication, qu'on chercherait vainement ailleurs, est très précieuse, d'autant plus précieuse qu'à l'époque moderne, ces vavassories sont devenues de véritables membres de haubert et qu'on a complètement oublié leur origine.

A l'époque moderne, les plus grandes des vavassories nobles sont, tout au plus, comparables aux huitièmes de fief, et ceci explique l'idée, très répandue, que, dans la hiérarchie féodale, les vavassories nobles venaient après les derniers des membres de fief. Or, nous voyons qu'aux xi" et xn" siècles, il a existé des vavassories plus importantes, qui n'ont disparu que parce qu'elles sont devenues très vite des demis, tiers ou quarts de fief. A cet armement réduit s'opposait le service cum plenis armis, c'est-à-dire avec l'armement complet, comprenant le haubert.

Ces deux expressions 69 , nettement opposées par le sens, étaient, au point de vue de la graphie, si voisines l'une de l'autre qu'à toutes les époques, l'inattention des scribes les a fait confondre. C'est au duc de Normandie, en cas de convocation de l'arrière-ban nous reviendrons dans un instant sur l'arrière-ban , qu'est dû le service militaire dont nous venons de parler.

Il semble bien, d'ailleurs, qu'il était également dû à l'évêque, lorsque chaque tenant de fief de chevalier lui devait personnellement le service. En effet, après avoir énuméré les tenants de fiefs de chevalier ou de membres de fief vassaux de l'honneur du Plessis-Grimoult, le texte ajouté en continue: Ces derniers sont au nombre de quatre.

Remarquons en passant que le service de ces vavasseurs ne comptait pas dans le total des fiefs de chevalier de. Plessis-Gri 67 que très fréquent au moyen âge, ce manque de précision ne laisse pas que de nous étonner quelque peu.

Peutêtre pourrait-on en proposer l'explication suivante: Or, 50 acres de la première sorte valaient 48 hectares 62, et 60 acres de la seconde sorte 49 hectares 03, c'est-à-dire deux superficies pratiquement équivalentes.

Il est bon, croyons-nous, de signaler ce rapprochement, mais il serait imprudent de se montrer trop affirmatif dans la conclusion à en tirer. Le texte ajouté en énumère, en effet, les tenants par fief ou membre de fief: Raoul de Rouvencestre tient 5 fiefs de chevalier 70 ; Guillaume d'Aubigny, un demi ; Robertus nepos episcopi, un ; Aaloudus camerarius, un ; Roger de Mellay, un quart, et Campandré, un quart ; au total: Une autre catégorie de vavasseurs devaient la garde au château de Neuilly Tous les vavasseurs dont il a été question jusqu'ici étaient des vavasseurs nobles.

Il n'en est vraisemblablement pas de même pour ceux assujettis au service de garde. Nous savons, en effet, que l'abbaye du Mont-Saint-Michel avait deux catégories de vavasseurs faisant la garde au Mont: L'évêque de Bayeux n'avait qu'un seul château-fort, celui de Neuilly ; tous ses vavasseurs auraient donc pu, semble-t-il, concourir à la garde de ce château. Mais cette garde, qui était permanente et devait fonctionner aussi bien en temps de paix qu'en temps de guerre, ne pouvait être assurée.

Aussi, comme nous l'apprend notre texte, tous ceux qui devaient la garde au château étaient à Neuilly, apud Nulleyum, et c'est une raison de plus de penser qu'il y avait parmi eux des vavasseurs roturiers: En résumé, en ce qui concerne le service militaire proprement féodal, les vavassories nobles étaient partagées en trois catégories: Il serait d'ailleurs imprudent de conclure de ce silence que ces dernières ne devaient à leur seigneur immédiat aucun service militaire.

Mais il en existait une autre sorte, dont l'origine remontait à l'époque Carolingienne, et que les ducs avaient conservée. Dans les cas graves, en cas d'invasion de la Normandie, par exemple, ils pouvaient appeler l'arrière-ban, qui n'était autre chose que la levée en masse de tous les hommes libres Cette convocation est appelée submonitio.

Tout d'abord, le passage si heureusement corrigé par Guilhiermoz 75 , s'exprime ainsi: Le premier passage s'applique aussi bien aux membres de fief qu'aux fiefs entiers. Il nous apprend aussi que tous les vavasseurs nobles doivent le service en cas de convocation de l'arrière-ban.

Le dernier passage cité spécifie, d'ailleurs, que ceux possédant au moins 50 ou 60 acres le doivent à cheval, avec l'armement réduit appelé plana arma, comportant la lance, le bouclier et l'épée.

Quel armement devaient avoir les vavasseurs nobles possédant moins de 50 acres? L'enquête ne le dit pas. Elle ne parle, du reste, que du service d'arrière-ban dû par les vavasseurs nobles libère tenentes , alors que nous.

Du silence de notre document, il serait tout à fait imprudent de conclure que les vavasseurs roturiers ne devaient ni le service d'arrière-ban, ni le service militaire proprement féodal. Notre texte nous montre que, dès la fin du xi" siècle, le montant en était nettement fixé: Le résumé du Red Book of the Exchequer porte: Il est impossible de mettre en parallèle la valeur d'une paire d'étriers avec celle de la monture ellemême.

Comment expliquer cette importante différence entre les deux textes? Le cheval, ou sa valeur, était fréquemment à la base du relief Nous croirions volontiers que le texte primitif de l'enquête devait porter: La disparition du mot equum dans les copies qui nous sont parvenues ne peut s'expliquer que par l'inattention d'un copiste, probablement celui de Quant à l'omission du mot strepam dans R.

On est même un peu étonné. Car, au point de vue technique, l'emploi des étriers a eu des conséquences considérables. C'est lui qui a permis à la lance,. Il est assez curieux de constater que ce tarif restera le même, en Normandie, jusqu'à la Révolution: L'évêque de Bayeux ne paraît pas avoir eu les trois aides coutumières dues aux seigneurs laïcs Par contre, il prélevait: Après avoir spécifié que l'évêque de Bayeux doit trouver 10 chevaliers pour le service du roi de France ou 20 pour le service du duc de Normandie , le résumé du Red Book of the Exchequer ajoute que, pour se les procurer, il lève, sur chaque fief de chevalier, 20 sous roumois dans le premier cas, 40 sous dans le second.

C1 Lefebvre des Noëttes: L'attelage, le cheval de selle à travers les âges, Paris, 1. A première vue, cette aide paraît de même nature que le scutagium levé en Angleterre sous Henri I" et Henri II, qui semble avoir eu pour but de permettre au roi de remplacer l'armée féodale par des mercenaires.

Cependant, le cas de l'évêque de Bayeux n'est pas absolument le même. L'aide de 20 sous par fief soit sous pour 5 fiefs représentait certainement la somme que l'évêque devait verser à chaque chevalier, pour sa solde et son entretien, pendant le service de 40 jours qu'il faisait au duc ou au roi. Dans ces conditions sauf, bien entendu, en cas d'appel de l'arrière-ban , chacun des autres fiefs tenus de l'évêque ne devait plus que l'aide de 20 sous ou de 40 sous suivant le cas.

Cette remarque est peut-être de nature à expliquer la réclamation présentée parfois par certains propriétaires de fiefs, qui déclarent ne pas devoir le service d'ost exercitum , mais seulement l'aide auxilium exercitus Il nous reste à signaler une dernière sorte d'aide: Toutes les copies connues portent et ; il est probable, cependant, que l'original devait porter aut. Cette aide ne devait être levée, semble-t-il, que lorsque les va Quoi qu'il en soit, la somme de douze livres correspondait certainement au total dû par l'ensemble des vavasseurs pour une période d'une année.

On appelait honneur, à l'époque ducale, un ensemble de fiefs possédé par le même seigneur et tenu par une seule foi et un seul hommage. Les Normands transportèrent cette expression en Angleterre. Les fiefs les plus importants pouvaient être ainsi qualifiés: Il n'y avait donc pas de limite supérieure à l'emploi de ce mot. Par contre, il y avait une limite inférieure, mais il est difficile de la fixer avec précision.

D'une manière générale et sans en faire une règle absolue, on pourrait admettre, semble-t-il, que la qualification d'honneur s'appliquait à un fief comprenant plus d'un plein fief de haubert.

Les groupes de fiefs mentionnés dans l'enquête de autres qu'Evrecy et le Plessis-Grimoult pouvaient donc, eux aussi, être des honneurs: Le mot d'honneur tomba en désuétude de très bonne heure et fut remplacé, dans la plupart des cas,.

Ce dernier n'apparaît en Normandie, d'une manière certaine, que vers la fin du deuxième quart du xne siècle. On le trouve, il est vrai, dans toutes les copies connues de l'enquête de Une charte de confirmation de Henri I" pour l'abbaye de Saint-Evroul, datant de , spécifie bien que Guillaume le Conquérant a constitué en baronnie les fiefs de Culé et de Boquancé du temps de l'abbé Thierry , baroniam unam constituit.

Mais cette charte ne nous est connue que par la Gallia christiana 92 ; elle n'est reproduite ni dans Orderic Vital, ni dans aucun cartulaire. Au surplus, les noms des témoins soulèvent quelques difficultés. Aussi faut-il admettre, avec M. Haskins 93 , que cette charte a subi probablement des retouches.

Dans ces conditions, on ne peut affirmer que le mot baronia ait réellement été employé dans l'original. Round cite une charte de l'Impératrice Mathilde, de , comme un des plus anciens exemples connus de son emploi A la fin du moyen âge et à l'époque moderne, les évêchés et abbayes importantes possédaient un certain nombre de baronnies qui différaient quelque peu des baronnies laïques, et dont l'origine est très obscure.

C'est ainsi que, à côté de la baronnie du Plessis-Grimoult, dont nous connaissons l'origine, l'évêché de Bayeux possédait, à. Or Le Plessis-Grimoult mis à part , nous ne trouvons pas, dans l'enquête de , d'honneurs susceptibles de donner naissance à ces baronnies. Robert Cenau, évêque d'Avranches de à , déclare que la baronnie de Douvres a été donnée à la mense épiscopale par l'évêque Richard fils Samson, qui la possédait par héritage Auguste Le Prévost a répété la même affirmation 96 , probablement sur la foi de Robert Cenau.

Or, l'enquête de , qui a eu lieu aussitôt après la mort de cet évêque Richard fils Samson, ne mentionne pas d'honneur de Douvres.

La famille de l'évêque Richard était noble et originaire de Douvres: C'est, sans doute, d'après ces indices, d'une insuffisance notoire, que Robert Cenau a cru pouvoir affirmer que la baronnie de Douvres avait été donnée à l'évêché de Bayeux par l'évêque Richard fils Samson.

Au surplus, l'évêché de Bayeux avait des possessions à Douvres dès , puisque l'évêque Hugue, dans une charte de cette date, mentionne: Si nous ne trouvons pas trace de ces futures baronnies dans l'enquête de , preuve évidente qu'elles n'existaient pas à cette époque, nous avons cependant une remarque importante à faire à leur sujet.

Quatre officiers servientes de l'évêque, chargés sans aucun doute de l'administration de son domaine, fieffé et non fieffé, figurent parmi les jureurs: Les qualifications qui suivent les prénoms de Roger, de Geoffroy et de Godefroy ne sont cer Ces noms de localités, la Ferrière-Harenc, Douvres et Bayeux, ne peuvent donc que désigner le lieu où chacun de ces officiers exerçait ses fonctions.

Quant au quatrième, Osmond, il était bedel 98 de Neuilly. Ainsi l'évêque de Bayeux avait, au début du xir siècle, à la Ferrière-Harenc, Douvres, Bayeux et Neuilly, des centres administratifs, à chacun desquels était rattachée une partie de son domaine.

Ce sont ces groupements de fiefs, créés par l'évêque, d'une façon plus ou moins arbitraire, pour faciliter l'administration de son temporel, et administrés le premier par le centre de la Ferrière-Harenc, le second par celui de Douvres, le troisième par celui de Bayeux, et le quatrième par celui de Neuilly qui, plus tard, ont donné naissance aux baronnies de La Ferrière-Harenc, de Douvres, de Sainl-Vigor-le-Grand aux portes mêmes de Bayeux et de Neuilly.

Sans parler de l'honneur d'Evrecy et de celui du Plessis-Grimoult, il y avait dans la mouvance de l'évêque de Bayeux, en , deux fiefs de 8 chevaliers, un de 7 chevaliers et demi, deux de 7 chevaliers, six de 5 chevaliers, quatre de 3 chevaliers, neuf de 2 chevaliers, plus quelques fiefs, membres de fief ou vavassories nobles tenus nûment. Quelle était la constitution juridique. Etaient-ils, ou non, tenus en baronnie, suivant l'expression qui sera consacrée dès la fin du xii" siècle?

Si oui, chacun d'eux constituait un bloc indivisible qui se transmettait du père au fils aîné ; si non, les fiefs de haubert étaient partagés entre les frères, chaque fief entrant en entier dans la part de l'un d'eux. De la comparaison du résumé du R. Ces trois exemples semblent montrer que les groupes de fiefs considérés étaient bien tenus en baronnie.

Cette constatation vient encore appuyer l'idée que ces groupes de fiefs étaient indivisibles et se transmettaient sans partage du père au fils aîné, en un mot qu'ils étaient tenus en baronnie. Mais, comme c'est fréquemment le cas en matière historique, la question est moins simple qu'elle ne le paraît à première vue. Le Très ancien Coutumier et la Summa de legibtis nous apprennent que, dès le début du xm" siècle, la succession du chevalier possédant plusieurs fiefs de haubert non tenus en baronnie était souI.

En vertu de cette coutume, l'aîné était considéré comme seul héritier , mais, après s'être servi le premier, il partageait les fiefs restant, par fief entier, entre ses puînés, et chaque puîné ayant reçu un fief le tenait en parage de son aîné. C'est l'aîné seul qui fait hommage au seigneur, c'est l'aîné seul qui doit les services des fiefs dévolus à ses puînés Et ce n'est pas seulement au point de vue purement féodal que l'aîné était seul titulaire de tous les fiefs de la succession: En somme, extérieurement tout au moins, et aux yeux du seigneur et des tiers, le groupe de fiefs du de cujus paraissait comme passé en entier à son fils aîné: Dans ces conditions, et bien que l'enquête de ne mentionne pas expressément le parage , rien n'empêche qu'il ait déjà existé à l'époque ducale: Au surplus, ce qui n'est qu'une simple possibilité, sans plus, pour le début du xii" siècle, devient une certitude au xnr 3 siècle: Les trois fiefs de chevalier tenus par Henri de Port, en , étaient encore, au début du xm" siècle, dans.

Le parage normand, Caen, Bib. On sait, en effet, que le don d'une terre in maritagio créait un véritable parage entre le donataire et le donateur Génestal: Elle fut réclamée par les deux fils du de cujus, Henri et Guillaume. L'aîné, Henri, prétend qu'il doit hériter des trois fiefs les considérant, par conséquent, comme tenus en baronnie ; le puîné, Guillaume, en demande le partage. Des jugements de l'Echiquier de Normandie de Pâques , de la SaintMichel et de Pâques , nous permettent de suivre l'affaire de bout en bout.

Tout d'abord, Henri de Port reconnaît que, à cause de ces fiefs, il doit: A Pâques , l'Echiquier prescrit une enquête sur les dires de Henri de Port A la session de la Saint-Michel , le même Echiquier décide que le partage aura lieu et en fixe le mode: Henri choisira un fief, Guillaume en prendra ensuite un second, et le dernier demeurera à Henri Recueil des jugements de l'Echiquier de Normandie au xm" siècle.

Paris, , in-4", n" 63, , , et , pp. En effet, d'après l'enquête de , l'ensemble des 3 fiefs de Henri de Port et des 2 fiefs de Robert fils Osbert doit rendre un service de chevalier au duc de Normandie, par la main de l'évêque. Les 3 fiefs de Henri de Port doivent donc les trois cinquièmes de ce service, et non la moitié. Les arrêts de l'Echiquier ne spécifient pas que Guillaume tiendra son fief en parage de Henri, Mais il est certain qu'il en fut ainsi, comme le prouvent les termes suivants de la liste I de E, datant de la deuxième, moitié du xm" siècle r.

Pes arrêts étudiés ci-dessus, il ressort que le père de Henri et de Guillaume de Port possédait les trois fiefs de Port, tout comme le Henri de Port de A moins qu'il n'y ait eu qu'un fils unique à chaque génération, c'est donc que ces fiefs étaient tenus en baronnie, c'est-à-dire formaient un bloc indivisible, se transmettant sans partage du père au fils aîné. Si tel est bien le cas, comme nous le pensons, l'arrêt de l'Echiquier de la Saint-Michel constitue un changement radical, un renversement de la jurisprudence.

Les jugements n'étant jamais motivés à cette époque, il nous faut renoncer à connaître les arguments invoqués par les juges. Nons en sommes, sur ce point, réduits à des conjectures. Mais, sauf cas exceptionnels, ni l'une ni l'autre partie n'était, par sa situation personnelle, en état de faire prévaloir ses vues ; c'était la Coutume qui décidait souverainement. Quel était, dans ce débat, l'intérêt du seigneur immédiat, en l'espèce l'évêque de Bayeux?

A première vue, les deux solutions paraissaient devoir lui être indifférentes: Vers le milieu du xv 8 siècle, ces trois fiefs sont dans des mains différentes, et n'ont plus entre eux aucun lien- ni parage, ni hommage.

Son intérêt voulait donc qu'il fût favorable au système de la tenure en baronnie. Mais ce n'est ni lui, ni ses juges seigneuriaux qui auront à décider, d'après la Coutume, du mode de succession: Laquelle des deux solutions est plus favorable aux intérêts du duc? Dans lé duc à partir de , le roi de France , il y a deux personnages: Or, dans le cas qui nous occupe, l'un et l'autre ont des intérêts diamétralement opposés.

Le suzerain féodal, tout comme le seigneur intermédiaire, doit préférer la tenure en baronnie qui maintient, intacte et sans fissure, la pyramide féodale. Le souverain, au contraire, a intérêt à affaiblir les seigneurs intermédiaires, et à chercher à se rattacher, par un lien direct, tous ses arrière-vassaux. C'est ce que Guillaume le Conquérant chercha à' réaliser en Angleterre, dès , lorsque, à Salisbury, il se fit prêter directement serment d'allégeance par tous les propriétaires terriens, quel que pût être leur seigneur féodal Mais, à partir de la fin du xif siècle, la décadence commence pour la féodalité, et désormais le souverain prend de plus en plus le pas sur le suzerain.

Peut-être ces considérations générales sont-elles de nature à expliquer une modification de la Coutume, dont les causes seraient, par ailleurs, assez mystérieuses. La jurisprudence de l'Echiquier de Nor Histoire constitutionnelle de l'Angleterre, éd. I, Paris, , p.

Les dénombrements du temporel de l'évêché de Bayeux de et de nous font connaître en détail les fiefs tenus de cet évêché à la fin du moyen âge.

Un certain nombre d'entre eux se retrouve dans l'enquête de , mais non pas tous, et ceci n'a rien d'étonnant. Il n'est donc pas possible de conclure qu'un fief n'était pas tenu de l'évêque en parce qu'il ne figure pas dans l'enquête. Il est possible que le parage ait une origine très ancienne: Si, à l'origine, le parage général est venu se superposer au partage pur et simple ce que nous ne savons d'ailleurs pas , nul doute qu'il n'ait contribué puissamment à maintenir la cohésion de la famille.

Mais lorsque, comme ce semble bien être le cas pour les fiefs de Port, nous voyons le parage général se substituer à la tenure en baronnie, il est.

Nous savons qu'elle appartenait aux du Hommet, connétables de Normandie, dans la seconde moitié du XIIe siècle, et nous n'avons aucune raison de penser qu'elle ait jamais été tenue d'un seigneur autre que l'évêque de Bayeux.

Or, malgré son importance, elle ne paraît pas figurer dans l'enquête de , qui, la baronnie du Plessis-Grimoult mise à part, ne mentionne que deux groupes de 8 fiefs de chevalier: Mais on peut penser qu'ils étaient tenus, en , de l'honneur d'Evrecy, dont l'enquête ne donne pas le détail.

Cette explication soulève une difficulté. L'honneur d'Evrecy a été réuni au domaine royal en Cette objection n'est pas insurmontable: Confisqué par Philippe-Auguste en , il sera désormais tenu du roi, et non plus de l'évêque, tandis que ses arrière-fiefs de Bernières continueront à être mouvant de l'évêque de Bayeux.

Jusqu'à plus ample informé, il faut admettre que cette châtellenie ne semble pas figurer dans l'enquête de Elle permet également des déductions intéressantes, tant sur l'origine des baronnies ecclésiastiques que sur l'évolution du droit successoral normand, aux xîi" et xïii 0 siècles, en ce qui concerne les biens nobles.

Il est impossible d'entreprendre une étude, de quelque nature qu'elle soit, sur la féodalité normande à l'époque ducale, sans avoir recours à l'enquête de sur les fiefs de l'évêché de Bayeux.

Escures, commune de SaintJean-le-Blanc, Calv. Henri l"T, duc de Normandie et roi d'Angleterre: Mabire M" , procureur: Roger, vicomte de Saint-Sauveur: Sainte-Catherine-dn-Mont abbaye de , à Rouen: Sainte - Croix - Grand ' Tonne, Calv, c. Jean-Baptiste Flotard 1 est aujourd'hui inconnu. En vain parcourt-on les annales de la région viroise où il vécut: Il y a là quelque chose de surprenant et d'injuste: Comment ont-ils pu échapper à la sagacité des historiens de Saint-Sever?

D'injuste, car plusieurs des oeuvres entreprises par ce moine sont encore subsistantes et attestent sa valeur.

C'est donc accomplir un devoir de réparation que de remettre en lumière sa figure. Il était originaire de Notre-Dame de Vire. L'incendie de l'Hôtel de Ville, le 30 décembre , en consumant les registres de l'état civil, ne nous permet. Nous ne savons rien de lui, sinon son entrée à l'abbaye bénédictine de Saint-Sever, où il fit profession le 13 janvier 2. Or, ce simple détail n'est pas sans importance. Avant d'émettre son voeu de stabilité, conformément à la règle de saint Benoît, Flotard avait dû faire quelque temps d'essai ou de probation.

Il était donc entré au monastère peu de temps après la fameuse mission du P. Boulay 3 la fait durer de la seconde quinzaine de septembre jusqu'après la Toussaint 4 , et il en indique les heureux résultats. C'est donc dans un milieu fidèle au devoir et à la vertu, que Flotard embrasse la vie religieuse.

Néanmoins, les louables efforts de ces moines n'ont pas encore redonné à l'abbaye une vitalité suffisante. Leur nombre est très restreint. Seul le prieur est prêtre 5. Mgr Fouquet, évêque d'Agde et abbé comment.

Ad cujus rei fidem hanc petitionem manu propria scripsi die quo supra. Le 23 octobre , il écrit de Paris au prieur, dom Bertrand Vaudry:. Je vous en suis très obligé et vous prie de continuer, vous asseurant que j'y côHtribueray de tout mon possible.

Vous me ferez plaisir de m'éeriré souvent et me mander Testât des choses à ce qu'on y puisse donner remède. Je loue fort le dessein que vous avez de recevoir le prestre qui se présenfe pour esfre religieux, et soTthetterois que le jeune homme qui se présente aussy et dont vous avez connu le zèle par une persévérance de deux ans fust aussi prestre: Et comme il ne vous soulageroit pas beaucoup, n'estant point prestre, je suis d'avis que vous faschïez dé tretrver quelqu'un qui le soit et qui puisse servir plus utilement.

De fait, le nombre des prêtres augmenta, et J. Flotard reçut les ordres sacrés. Nous n'avons pas ici la prétention d'écrire sa biographie. Disons simplement que tour à tour il fut investi des différentes fonctions du monastère, et chargé d'affaires difficiles ou de missions délicates.

Il est au courant de tout ce qui intéresse le temporel du monastère, et c'est ce qui lui vaut une correspondance considérable. Ses confrères ne l'estiment pas moins que ses supérieurs, et ses capacités le font élire sous-prieur, puis prieur claustral de l'abbaye.

Néanmoins, ce n'est pas le rôle monastique de dom Flotard qui l'impose à notre attention. Ce moine, sans négliger les devoirs de son ministère sacerdotal — plus d'un document l'atteste — s'est acquis le renom d'un habile architecte ; il a dressé les plans d'un bon nombre d'édifices dont quelques-uns subsistent et justifient cette renommée: Ce sont là des constructions importantes, et il serait intéressant de connaître la part exacte qui revient à dom Flotard dans leur édification ou leur ornementation.

D'un autre côté, dom Flotard prête son concours au marquis de Flers-Pellevé et à M. Certes, de son vivant, dom Flotard fut une personnalité, et son nom doit figurer dans l'histoire de l'art au. C'est dans ce but que nous croyons utile de publier les documents — en l'espèce des lettres — qui établissent l'exactitude des faits que nous venons d'alléguer.

Les Ursulines s'étaient établies à Vire en Leur couvent avait été fondé par Avoye du Rosel, soeur de Claude du Rosel, abbé commendataire de Saint-Sever ; cette parenté dut contribuer à établir de bonnes relations entre la nouvelle communauté et l'abbaye bénédictine. D'abord installées à la Courtorange, les religieuses édifièrent ensuite dans les Champs-Serais un nouveau monastère dont la première pierre fut posée le 15 mai ÏO. Elles s'y installèrent le 4 août , Dès l'an , on commença les travaux de l'église qui ne fut achevée qu'en Flotard eut-il la direction de ces travaux?

Nous n'avons malheureusement aucune lettre de sa correspondance à cette époque. La plus ancienne se rapportant à ce sujet qui soit venue à notre connaissance, est du 3 septembre Néanmoins, du fait qu'elle mentionne des oppositions faites aux plans de l'architecte, oppositions telles qu'il y a lieu, pour celui-ci, de se dégoûter de rendre service aux religieuses, on peut présumer que ces difficultés ne sont pas les premières. Quand on remarque l'attachement des moniales à dom Flotard, la lenteur d'exécution des travaux, leur continuation durant onze années nouvelles, il n'est pas trop téméraire de penser qu'au début ils n'ont pas été poussés plus activement.

Quoi qu'il en soit, en , on ne saurait nier que dom Flotard donne les plans des travaux en cours. Les lettres suivantes en sont la preuve:. Je compris que vous aviez lieu de vous dégoûter de nous rendre service, à cause des oppositions que l'on fait à vos desseins.

J'ai appris depuis, de M. Vigeon, que je n'avais pas fait de jugement téméraire, et, depuis ce temps, je me suis déterminée, avec nos mères officières, de vous supplier, Monsieur, de ne pas abandonner le dessein que vous avez entrepris avec tant de bonté. Je vous assure qu'il sera exécuté selon vos idées qui sont tombées si avant dans les miennes que j'emploierai tout mon pouvoir pour seconder vos intentions.

Ainsi, nous aurons la joie de voir notre bâtiment dans la perfection que nous a peint votre plan, si vous [nous] continuez vos soins. C'est la prière que je vous fais instamment, en vous demandant un mot de réponse qui me guérisse des craintes que j'ai que vous nous abandonniez. Je l'attends avec bien de la confiance que vous ne rebuterez pas celle qui est avec respect, Monsieur, votre très humble et très obéissante servante.

C'est pourquoi je ne perds aucun temps pour réitérer pour le même sujet. J'ai toujours été inquiète depuis votre départ d'ici. J'ai appris depuis, par Monsieur Vigeon, que ma crainte n'et oit pas sans sujet, et que vous étiez résolu d'en abandonner la poursuite. Ce fut, Monsieur, ce qui m'obligea aussitôt de vous écrire pour vous assurer que j'emploierai tout mon pouvoir pour faire exécuter dans toute la régularité votre dessein que je comprends si parfaitement bien. Imaginez que je ne souffrirai point qu'il y ait aucun changement.

Ainsi, à la prière que je vous fais d'en reprendre le soin, vous ne pouvez m'en refuser sans me donner un sensible chagrin. Faites-moi donc cette grâce, Monsieur, que je vous demande aussi au nom de nos mères officières, qui reçoivent comme moi vos avis avec bien du respect,. Il ne semble pas que l'oeuvre ait progressé durant les mois d'hiver, ni même au printemps, car, dans une nouvelle lettre du 3 juillet , la même supérieure se lamente et convoque l'architecte à une entrevue avec le maître-maçon:.

Nous avions suspendu nos desseins pour quelque temps, attendant que M. Pendant quelque temps on perd, dans la correspondance, la trace des travaux. On y voit, par contre, que les relations entre les Ursulines et dom Flotard sont empreintes de la plus grande cordialité Mais en les travaux ont repris: Mais comme c'est une chose de conséquence et où il y a bien des mesures à garder avant que de s'y engager, elles voudraient que vous vissiez ce sculpteur et son dessin, pour voir si vous l'approuveriez, car elles ont une entière confiance en vous et en tout ce que vous leur direz.

C'est pourquoi il faudra que vous en dressiez un plan de la manière dont vous voulez qu'elles soient faites. Fédérique, dans sa notice: Peintres et Sculpteurs virois de à Vire, Eng, , a écrit dans une note: La contrétable d'Etouvy et le sculpteur virois Marin Loisel, dans Au pays virois, , p. L'on souhaiterait de plus amples détails, mais la lettre qui suit 16 , datée du 20 septembre , et écrite par la mère de Saint-Anselme, maîtresse des novices, nous entretient uniquement d'une chute fâcheuse arrivée à dom Flotard et qui eût pu occasionner sa mort.

Une copie de ce manuscrit faite par Martin Goulhot, prêtre de Vire, ajoute ce détail: Or, dans la correspondance de dom Flotard, se trouvent quatre lettres relatives à la construction d'un Calvaire et, à notre avis, il s'agit bien du Calvaire du donjon.

D'abord, ces lettres émanent du Père Gardien des Capucins de Vire. Enfin, bien que ces lettres ne soient pas datées, l'une d'elles porte, néanmoins, l'indication du 11 mai sans millésime. On y lit qu'on désire voir le travail achevé pour la fête du Saint-Sacrement ; et, en , elle tombait le 11 juin. Il y avait donc un temps suffisant pour exécuter le piédestal et le pavage demandés. Ajoutons enfin que ces lettres, dans le recueil de la Bibliothèque nationale, se trouvent parmi d'autres datées de cette même année Toutes ces indications concordantes nous semblent bien prouver qu'il s'agit du Calvaire du donjon.

Il s'agit de faire un pied d'estail à 2 grandes figures et de régler les pavements de nos grottes. Vous êtes admirable en cet art, Monsieur, et on ne peut manquer en vous demandant un petit plan. La grâce donc, Monsieur, que je vous demande, c'est de me faire sçavoir quand vous serez ici et de me faire avertir de votre arrivée à Vire. Je me rendrai auprès de vous, et vous assurerai, Monsieur, qu'on ne peut être avec plus d'estime et de respect, votre très humble et très obéissant serviteur.

Il s'agit, Monsieur, de vouloir bien venir nous donner vos avis sur quelques travaux qu'on voudrait faire à notre Gal Il y a ici une chambre pour vous recevoir le moins mal que je pourrai et une écurie pour votre cheval dont j'aurai un très grand soin, Faites-moi la grâce de dire à ce garçon quand je pourrai me promettre de vous ce petit voyage.

Nous voudrions bien que nos deux pieds d'estail fussent faits et [placés? Accordez-nous donc un plan le plus tôt que vous pourrez et me croyez dans une parfaite estime et une entière considération, Monsieur, Votre très humble et obéissant serviteur. Les deux autres lettres nous montrent que dom Flotard voulut bien accéder aux désirs des Capucins:. Je respecte trop ce qui vient de vous pour y trouver à redire.

Ce que je crains, ce sont les moulures qui nous fourniront beaucoup d'ouvrage, mais il faut se confier à Dieu. Au sujet du sermon de la Fête Dieu, je m'en charge, Monsieur, avec plaisir tant pour vous aller remercier que pour aller rendre mes devoirs à Monsieur le Prieur et à votre communauté dont je suis avec respect et à vous particulièrement, Monsieur,. Je voudrois que vous eussiez eu la bonté d'en envoyer aussi les panneaux, car sans cela, ils n'y comprennent rien, et croient qu'on les veut tromper.

Ne me parlez pas de remerciement au sujet de mon sermon. C'est moi-même qui vous remercie de l'honneur que vous m'avez fait, très disposé à m'en procurer de pareils quand je croirai ne pas vous désagréer. Etant en tout de votre personne et de votre communauté, Monsieur,.

Pour comprendre le motif qui nous fait ici grouper les religieuses de PHôtel-Dieu de Vire et celles de l'hôpital de Barenton 24 , il convient de se rappeler les liens qui unissaient ces deux établissements. En , messire Pierre Crestey, curé de Barenton 25 , avait entrepris la fondation d'un hôpital. A cet effet, il demanda le concours des religieuses hospitalières de Vimoutiers. Sous la conduite de la R. Marguerite de Bougard, dite de Saint-Joseph, la nouvelle communauté ne tarda pas à s'accroître.

Désireuses de pouvoir émet tre des voeux solennels, au lieu des voeux simples qu'elles avaient jusqu'alors prononcés, les soeurs de Barenton résolurent de se mettre sous la règle et conduite des soeurs de l'Hôtel-Dieu de Vire, et en firent la demande par. La vie de messire Pierre Cretey, curé de la paroisse de Barenton. Rouen, Behourd, , réédité par M. Angers, Grassin, , p. C'est ainsi que la mère Catherine de Bosroger, dite de Sainte-Thérèse, partit de Vire en pour devenir supérieure provisoire de Barenton Or, durant cette année, elle écrivit à dom Flotard une lettre dans laquelle elle demandait au moine-architecte des plans pour construire à Barenton, appuyant sa requête -sur ce fait qu'elle avait pu apprécier à Vire sa science et son adresse, lors des travaux exécutés à l'Hôtel-Dieu.

Ce document fournit donc la preuve que dom Flotard a fait des constructions à l'Hôtel-Dieu de Vire et à l'hôpital de Barenton.

Cependant j'ai bien l'honneur de vous connaître, ayant eu l'avantage de vous voir chez nous à Vire, ce qui m'a donné une estime toute particulière pour votre personne et pour votre science et adresse.

Vous avez eu la bonté de nous donner un plan pour notre bâtiment et nous souhaiterions bien, Monsieur, avoir le même bonheur au lieu où la divine Providence m'a conduite depuis environ un mois, dans un établissement qui se commence à Barenton, 5 lieues de Vire. Je les ai conseillés de ne point commencer que par l'avis de quelque habile personne, vu que ce que l'on fait faire n'est nullement bien.

Connaissant votre habileté, nous avons jeté les yeux sur vous, Monsieur, ce qui me fait prendre la liberté de vous prier très instamment de vouloir bien vous débaucher à faire ce voyage-là, et vous donner la peine de venir visiter le terrain qui n'est pas laid. C'est une franchise, Monsieur, qui peut-être ne vous agréera pas, toutefois votre bonté et charité ordinaire me fait tout espérer. Monsieur de Barenton est une per C'est le supérieur et fondateur de l'hôpital.

Honorez-moi, je vous supplie, d'un mot de réponse et me croyez, avec bien du respect, Monsieur, votre très humble et très obéissante servante. Flotard avait donné un plan pour un des bâtiments de l'Hôtel-Dieu de Vire. Il est donc vraisemblable que le plan dressé par dom Flotard servit à cette réalisation.

En tout cas, la correspondance entre le moine et les religieuses est, en , on ne peut plus cordiale. Le 3 may, c'est le chapelain, l'abbé Amand 30 , qui lui envoie un billet lui demandant conseil sur la façon de blanchir les murs de l'église Sainte-Anne:.

Vous m'avez fait la grâce de m'en écrire quelque chose, mais je l'ai oublié. Ayez la bonté de m'envoyer ce mat par ee porteur qui le recueillera. J'espère cette grâce de votre bonté, et suis. Le bâtiment qui fait suite à la chapelle fut achevé en Pour affirmer ce qui est exactement l'oeuvre de dom Flotard, il faudrait savoir à quelle date il remit'le plan qui lui était demandé, quand commencèrent les travaux, combien de temps ils durèrent.

La vie de Messire Piemte Crestey. En , Mortain voulut s'annexer le Neufbourg et par cet expédient imposer aux habitants de cette paroisse par. Une protestation surgit immédiatement. Les habitants du Neufbourg demandèrent et la Cour des Aides leur accorda de produire un plan établissant nettement la distinction entre les deux paroisses et leur éloignement l'une de l'autre. Pour dresser ce plan, ils s'adressèrent, du consentement de M. Voici la supplique qui lui fut adressée le 22 juin C'est pourquoi, mon Révérend Père, les habitants de ladite paroisse du Neufbourg vous supplient de vouloir bien vous donner la peine de venir audit Neufbourg pour faire et dresser ledit plan en la présence du sr Président des Elus et d'un arpenteur qui feront jeudi prochain ledit procès-verbal à neuf.

La première lettre est écrite par une secrétaire:. On vous a envoyé du bois, afin que vous preniez la peine de le dessiner, et, comme il faut des crosses, on vous envoie une carte afin que vous dessiniez une crosse pour les faire faire. Je crois qu'il les faudra faire de fer.

Vous m'en manderez votre sentiment, s'il vous plaît. Le nôtre sera toujours de vous faire connaître notre reconnaissance de toutes vos peines. Madame m'ordonne de vous en assurer et vous faire ses compliments. Elle [le] trouve très. Elle souhaitteroit, si votre co Si il faut vous envoier un cheval faites-le, s'il vous plaît, sçavoir par quelque occasion sceure et le jour qu'il faudra vous le mener.

Madame m'ordonne de vous fère ces compliments, et je suis très parfaitement, mon révérend père,. Au mois de mai les travaux sont en cours, comme en témoigne la lettre suivante d'un sieur Duval-Bagot:. Le sieur de la Fontaine-Clément vous présentera cette lettre et est chargé de vous faire les compliments de maditte dame qui vous prie, Monsieur, de vouloir bien continuer votre dessin pour le portail dont vous avez déjà eu tant de paine.

Il s'agit du surplus des panneaux pour l'arc sourbessé, la niche et les vases que ledit La Fontaine di estre nécessaires à cause de ses piqueurs qui ont presque finy la corniche de dessus l'entablement. Mais il se trouve une difficulté en ce que ledit Lafontaine prétend n'estre pas obligé de faire régner la corniche jusqu'au vieil mur et comme Madame l'abbesse prétend ny rien augmenter ny déminuer que suivant vostre advis, ledit La Fontaine vous porte la coppie de l'accord et sy véritablement il n'y est pas obligé et que vous jugiez que cela soit nécessaire, Madame l'abbesse s'en rapporte à vostre advis que vous aurez, s'il vous plaît, agréable, Monsieur, de luy mander.

Madame m'a aussy donné un cachet sy-inclus pour faire unne auvalle au lieu d'un lozenge dont elle souhaitterait bien qu'elle fust en relief sur les vases avec les armes et une couronne. La Maditte dame a fait entrer les piqueurs qui en ont veu qui font du tufeau et ils disent qu'ils en feront bien sur la pierre. Et Madame croit qu'il serait plus a propos que la crosse sortist de la couronne par son pied et en relief que d'estre en haut des vases,.

Et le tout suivant votre bon avis, Monsieur, puisque Madame labesse s'en repose entièrement en vous, et qui ne manquera point de vous marquer ses reconnaissances. C'est donc par le commandement de Madame labesse que je prends cette liberté et celle de me dire. Je souhaitte que votre santé soit un peu mieux. Je vous prie, monsieur, de me faire le plaisir de me mander ce qui est à présent plus à la mode d'un ovale pour mettre les armes ou d'une lozange.

Et vous vous en servirez dans le dessin que l'on vous prie de faire. Faites-moi l'honneur de venir quand vous le jugerez à propos. Je vous envoie mes armes comme elles doivent estre sur le careau. Faites-moi la justice de me crère très véritablement, Monsieur,. C'est par l'ordre de Madame que j'ai l'honneur de vous écrire, Monsieur, pour vous remercier de sa part, du dessin que vous avés bien voulu luy fère pour la porte dont elle est très contente, et de luy avoir envoyé un menuisier.

On c'est acommodé avec luy. Il sera noury et aura cinq sols par jour. Il a promis à Madame de venir dimanche sans manquer pour comancer dès le lundy son ouvrage, Madame souhaittant que cela aille vite ; elle m'ordonne de vous faire ses compliments, et moi, Monsieur, je suis très parfaitement votre très humble ejt obéissante servante.

Notons qu'actuellement le portail de PAbbaye-Blanche, à Mortain, est, en son milieu, surmonté d'une niche destinée à recevoir une statue, et orné aux extrémités de deux sortes d'urnes de forme ovale. Sur celle de droite figurent des armoiries dans un losange surmonté d'une couronne. Il semble bien que l'on retrouve là les détails indiqués dans la lettre de Duval-Bagot. L'année est pour dom Flotard une année de grande activité: La lettre suivante établit qu'il en suivait un autre au prieuré de la Bloutière J'ay promis au jeune homme que vous avez eu la bonté de m'adresser, mon cher Monsieur, de le recevoir moyennant une petite pension qu'il payra pendant ses deux.

J'avois dessein de vous aller voir pour vous remercier de toutes les peines que vous avez prises pour notre maison, et, en même temps, de vous prier de venir encore une fois pour nous donner quelques avis dont nous avons besoing pour notre ouvrage. La grande arcade est achevée. Us travaillent aux deux petites, mais la voûte de notre tour nous embarrasse.

Je vous prie donc, mon cher Monsieur, de vouloir bien nous rendre encor cet office cette semaine ou quelque jour de l'autre. Ce jeune homme m'a dit qu'il n'osoit apporter la moitié de sa pension au travers du bois de Saint-Sever, et qu'il la laisseroit entre vos mains. Obligez-le de la garder, et je la ferai recueillir. Je salue toute votre communauté, entre autres M. Je suis, Monsieur, votre très humble serviteur. Toujours en cette même année , dom Flotard dirige des travaux au château de Fiers, pour le compte du marquis de Flers-Pellevé.

On a fait un récit à Monsieur le marquis que ce révérend père est un parfaitement abilhomme sic pour les bâtiments et en toute chose.

Monsieur le marquis seroit très aise d'avoir son conseil pour sa basse-cour qu'il veut fère faire. Si monsieur le marquis avet eu quelque conessance avec. C'est pourquoy il vous demande de luy faire le plaisir de tascher d'optenir un jour du Révérend Père pour venir au château, et vous, accompaignez-vous le révérend père?

On a persuadé à monsieur le marquis que vous avez l'honneur d'estre bien conneu de ces révèrent père. C'est la raison pourquoi Monsieur le Marquis vous demande de l'obliger et de le croire vostre [la suite de la main du marquis],.

II fut donné suite à ces projets, comme le prouvent les deux lettres suivantes du marquis de Fiers:. Mais comme je ne me connais point du tout en bâtiment, vous m'obligeriez beaucoup de me mander la hauteur que doivent avoir mes murailles, mes portes et mes remises de carrosse et ses lucarnes par un petit mémoire. Mon charpentier trouve aussi que la couver-, ture sera bien haute de huit pieds en la première mansarde et de seize dans la dernière.

Je vous prie, mon Révérend Père, de me mander s'il ne faut rien diminuer à la hauteur de la charpente, et si elle ne sera point trop haute de vingt-quatre pieds de hauteur.

Je vous prie aussi, mon Révérend Père, de me mander s'il ne faut pas que le bout de la mansarde devers la cheminée soit aussi rabattu comme l'autre mansarde, et si la première poutre sera assez haute de sept pieds de hauteur. Pardon, mon Révérend Père, si je vous importune tant ; mais je ne puis avoir recours qu'à vous, puisque vous avez la bonté de m'en donner le dessin.

Soyez, s'il vous plaît, persuadé de ma reconnaissance, mon Révérend Père, et que je suis autant qu'homme du monde,. Mais j'ai recours à votre bonté ayant les maçons de aujourd'hui, et comme je crains qu'ils ne fassent rien qui vaille, cela m'engage à vous faire une prière que je vous supplie de ne me pas refuser, qui est de tâcher de me donner un jour de cette semaine et de me faire l'honneur de venir ici, car tout dépend de bien commencer. Je serai ravi d'avoir l'honneur de vous voir auparavant de partir pour Paris et de vous remercier de toutes vos bontés, et vous assurer que je suis, mon Révérend Père, votre très humble et très obéissant serviteur.

Toujours en , M. Qui était ce personnage? Sans doute René d'Amphernet, vicomte de Vire Il avait épousé, le 4 août , la fille de son prédécesseur à la vicomte Marie Lambert, et était alors âgé de 38 ans.

C'est une question que nous livrons à la sagacité des érudits virois. Ce qu'il nous importe de souligner, c'est la confiance témoignée au moine-architecte par des hommes occupant une place en vue dans les administrations civiles.

Catalogue des gentilshommes du bailliage de Vire. Huit jours plus tard, M. C'est pour m'éclairer de vos lumières dans une petite maison que je veux faire icy. Vous m'obligeriez sensiblement en m'accordant ce que je vous demande et quand vous me jugerez propre à quelque chose, vous verrez avec quel empressement je tâcherai de vous faire connaître que je suis, Monsieur,.

Dom Flotard accède aux désirs du vicomte. Il donnera un plan, et, en attendant, les travaux préliminaires commencent ; les maçons taillent des pierres:. Je suis résolu de le construire dans la place qui est devant la maison que j'ay achetée, où j'auray du terrain autant qu'il m'en est nécessaire J'ay alloué à tailler du carreau à ce masson qui va vous trouver.

Il en a neuf cents de fait, il en reste un cent à faire que je crois nécessaire d'estre tout grand, le reste estant du petit. Il vous dira fort bien ce qu'il en a de fait et ne manquera pas de vous instruire s'il se peut, qu'il n'en faut que du petit, mais sur son rapport, ayez la bonté de voir quel carreau.

Si je ne craignais vous fatiguer, je vous prierois d'estre icy demain matin. Je-suis avec vérité, Monsieur, vôtre très humble, etc.. Si je ne craignois pas de vous donner trop de fatigue, je vous prierois d'estre icy demain matin pour ce sujet, et vous obligerez sensiblement, Monsieur, votre très humble La renommée de dom Flotard, comme architecte, dépasse les limites du Bocage. Témoin cette lettre que lui adressa le frère Georges, d'un couvent de Caen:. J'espérais trouver quelqu'un qui vous auroit porté ma lettre sans la mettre à la poste, mais estant pressé de partir je suis obligé de me servir de cette voye.

Vostre dessein est trouvé parfaitement beau, mais il ne se trouve point juste selon le lieu. Je vous prieray très instamment de nous venir cet été pour passer 7 ou 8 jours avec nous pour profiter de vos bons avis. Je pars Lundy prochain pour aller prêcher le Caresme à Thorigny et du moment que j'en seray de retour après pasques, il faudra partir pour aller à notre chapitre à Paris, d'où je ne reviendray qu'au mois de Juin.

C'est pour lors que je vous prieray de venir visiter vos amis dans les beaux jours, et que nous prendrons des mesures justes pour notre Tabernacle, et pour nos ouvrages. Continuez-moy toujours l'honneur de vos bonnes grâces, j'en demande autant à MonsT votre prieur et à Messieurs vos confrères, nos très chers amis.

Je suis avec bien du zèle, de l'affection, de la reconnaissance, de l'estime, du respect, Monsieur mon Rd Père, Vostre très humble et très obéissant serviteur. Nous nous bornons à ces lettres. Il en existe d'autres, et fort nombreuses 52 , qui manifestent la confiance des abbés commendataires pour dom Flotard et l'activité incessante dont il donnait la preuve.

On y verrait, notamment, qu'il avait dressé un devis pour la réfection de l'église paroissiale de Saint-Sever ; mais le projet ne fut jamais réalisé. Sous un autre aspect, on pourrait noter ses relations avec les moines de Lonlay et les lettres dans lesquelles se traitent des questions scientifiques d'ordre religieux.

Hunger, qui, le premier, nous signala le ms. Il est bien difficile de dresser un tableau généalogique exact des Painel. Les branches de cette famille ont été fort nombreuses au Moyen-Age, et elles s'enchevêtrent les unes dans les autres. Des mariages entre cousins et la similitude des prénoms embrouillent encore cet écheveau, par ailleurs si compliqué. Qui pourrait identifier tous ces Fouques, tous ces Guillaume, tous ces Jean, tous ces Bertrand, toutes ces Jeanne?

Voici quelques notes prises en dépouillant les documents. Elles ne sont pas garanties contre l'erreur et n'ont pas la prétention de rendre inutile ce qui a déjà été dit.

Bornons-nous, pour l'instant, aux seigneurs de Hambye, sans remonter plus haut que le xiv" siècle. Il avait épousé Agnès de Chanteloup. Est-ce lui qui, le 24 janvier n. Chaumeil le prétend, en citant comme référence les archives du château 2. Mais si Fouques Painel est devenu par suite de son mariage possesseur du fief de Chanteloup avant , sa femme aurait été plus que centenaire lorsqu'elle mourut.

Et n'oublions pas qu'un oncle d'Agnès s'iat appelé Fouques et est indiqué par M. Chaumeil lui-même, comme possédant ce fief en Le Livre Blanc du diocèse de Coutances, qui date des environs de l'année , cite Fouques Painel comme patron des églises de Longueville et de Chanteloup, au doyenné de Saint-Pair 3.

Le 12 août , les religieux de Hambye lui avaient abandonné de bonne grâce, mais pour cette fois seulement, la présentation à l'église de la paroisse, vacante par le décès de dom Jean 4. Le 3 décembre , Philippe de Carteret, écuyer, lui vend pour écus d'or, toutes les rentes qu'il possède dans la paroisse de SaintGermain-de-Tournebu 5.

Fouques Painel était l'un des plus importants seigneurs de la Normandie. Il figure, en compagnie d'un très petit nombre de barons, comme signataire du traité qui fut conclu le 21 avril , entre Philippe de Valois et la noblesse normande et par lequel celle-ci, en échange du. L'aveu serait du 24 janvier n. L'original de ce traité est conservé aux Archives Nationales 6. On y voit le sceau ou plus exactement un fragment du sceau de Fouques Painel.

C'est un écu à deux fasces accompagnées de neuf merlettes en orle: La légende est détruite 7. Il se pourrait que Fouques Painel n'eût épousé Agnès de Chanteloup qu'un peu avant Le 29 septembre de cette année, il rend aveu pour le fief de Chanteloup 8. En , il est pour la première fois question du mariage de l'aîné de leurs fils, Guillaume. On sait que ce mariage devait singulièrement accroître la fortune et le prestige des Painel.

Les conventions matrimoniales, arrêtées entre les deux pères, portent la date du 2 juin 9. Fouques donnait à son fils, qualifié simplement du titre d'écuyer, le manoir de Bourey et 1. Il était convenu que si Guillaume venait à mourir avant sa femme, celle-ci emporterait pour son douaire le tiers de celte rente. Le douaire ne serait que de livres et l'avance. Robert Bertran accordait à sa fille Jeanne livres de rente sur la prévôté de Honfleur, 1. Cette Jeanne Bertran devait être fille unique: Quelques années plus tard, le pape Innocent VI lui concède le privilège de l'indulgence plénière in articulo mortis: Le 31 janvier n.

Agnès de Chanteloup fait une autre fondation dans l'église de l'abbaye: Chaumeil nous apprend, d'après les Archives de Chanteloup, qu'elle rendit encore aveu à l'abbaye du Mont-Saint-Michel le 12 ou 13 juin Elle dut mourir peu après cette date. Son nom figure dans l'Obituaire de l'abbaye de Hambye, à la date du 18 juillet. Elle fut enterrée dans l'église abbatiale, devant la chapelle Saint-Jean De Fouques Painel et d'Agnès de Chanteloup seraient nés douze enfants, s'il faut en croire La Roque 16 qui estropie, d'ailleurs, les prénoms de certains d'entre eux: Nous avons sur lui peu de renseignements.

Il fut capitaine des ports et frontières de Normandie, du vivant même de son père. C'est à ce titre qu'il reçoit du roi Phi

Nous les avons rétablis d'après R. Voir plus loin, p. Feodum Odonis dapiferi 76 , duorum militum. Feodum de Lacey 77 in Campellis 78 , duorum militum, scilicet Guilleberti et Henrici Feodum Aaloudi Camerarii 85 , trium militum. Feodum de Quarquengneyo Z 86 , duorum militum ; et feodum de Campigneyo m 87 , unius militis.

Feodum de Gueron 88 , unius militis. Feodum de Lapier n et de Duxeio 89 , unius militis. Galterius Giffart 90 , in Caleto et in Petitvilla o , feodum unius militis Feodum Marmion et Jurches p 92 et in Buevilla 93 , unius militis.

Feodum Corbini de Agnellis, in Chernevilla 94 , unius militis. Feodum Guilleberti de Villariis 95 , unius militis in Frasneya Otho de Kareville 97 , feodum unius militis. Enguerandus de Vaceyo 98 , vavassor, sed servit pro dimidio milite.

Condeium 99 et Jubam et feodum Guerron in Berollis sunt vavassorioe, sed serviunt pro uno milite. Feodum Escorcheviele q in Hermanvilla , Condeyo et Ageyo , unius militis. Feodum de Esprevilla , vavassoria, sed servit pro dimidio milite, et ecclesia est de donatione episcopi Baiocencis. Feodum Hugonis Bigoti in Logis et in Savenayo , vavassoria, sed servit pro milite dimidio.

Feodum Malevrier in Asnieres débet ser A. Nous avons rétabli Martini d'après R. Nous avons rétabli Petitvilla d'après R. Feodum Roberti Pellevey et Odonis fllii Geneboudi, vavassoria, débet servicium pro quarta parte militis episcopo In Blasgney , feodum Brice, vavassoria. Feodum Henrici de Chastelier, similiter. Feodum Ricardi de Tourneriis , ibidem et apud Hayam , vavassoria. Floigneium et feodum de Mellay, vavassoria.

Robertûs de Lucerna, in Campo Andreoe r Feodum Campanioe in Equetot s Ibidem feodum Hervei constabularii. In Burnoville et Sancto Albino est quoedam vavassoria. Apud Nulleyum sunt plures vavassores qui debent custodire castrum et t dare atixilium duodecim librarum ad custodiam.

Omnes vero vavassores episcopi qui tenent libère quinquaginta acras terroe velsexaginta aut eo amplius, debent servicium domino Normannioe, in exercitibus suis submonitis nomine proelii, cum equis et planis armis, videlicet lanceis, scutis et ensibus.

Omnes autem proescripti milites debent episcopo servire de omnibus feodis quoe de eo tenent, si necessitatem de serviciis eorum habuerit, et, sicut ipsi dixerunt, ad constamentum episcopi. Proeterea de feodo uniuscujusque militis débet episcopus habere relevium, scilicet strepam et loricam, vel quindecim libras de mortibus patrum. Debent etiam ei auxilium de unoquoque feodo militis viginti solidorum, si opportuerit eum Romam ire pro necessitate ecclesioe suoe, et vavas r.

Debent utique omnes homines episcopi facere ei auxilium ad reficiendam ecclesiam Beatoe Marioe Domina; suoe, si necesse fuerit, vel etiam ad reficienda oedificia sua de civitate, si combusta fuerint. Dominica mansura episcopi Baiocensis in civitate Rothomagensi est juxta Sanctum Candidum et fossatum castelli, contigua muro quo civitas clauditur a parte Secanoe M LaureiiTius, canonicus, manet in ea per episcopum.

Idem episcopus habet prata sua apud Sotevillam circa septem acras. Clarus de Rothomago tenet de episcopo. Abbatia Sanctoe Catharinoe de Monte reddit episcopo duos cereos, quotiescunque venerit Rothomagum, pro terra et décima quas tenet de eo in Esprevilla Idem episcopus habet quandam mansuram v in Barbefluctu , in qua manet Radulphus Goudian. Guillelmus de Sancto Johanne tenet eam ab episcopo. Garinus tenet eam de episcopo. Guillebertus de Villaribus tenet vavassoriam de episcopo ad Sanctam Crucem de Grantonne , et dicitur feodum Baiocassinorum w.

Robertus de Longvillers tenet vavassoriam apud Jorches et decem acras terroe apud Vallès super Seullam x De feodo octo militum qui fuerunt de honore Grimoudi sunt Radulphus de Rouvencestria , et terra de Dampvou , et quarta pars de Bougeio. Ce qui suit a été ajouté lors de l'enquête de Reliqui vero sunt liberi vavassores servientes cum planis armis et ipsi episcopo et régi: De septem vero proebendis quas Odo episcopus de eodem honore fecit est quoedam apud Sanctum Johannem Album cum pertinentiis ; quoedam apud Sanctam Mariam Evrioci ; quoedam apud Sanctum Petrum de Vetula cum pertinentiis ; quoedam apud Dampvou et apud Undefontem ; quoedam apud Rouscamp et apud Castillon Ecclesia de Ferraria Vallis , quoe est de eodem feodo, est de decanatu ecclesioe Baiocensis, cum omnibus pertinentiis suis.

Proebenda vero de Lochoour tota fuit de proedicto feodo Arreyum vero totum de eodem feodo, quod est pars unius proebendoe de aliis septem. Buivilla , et terra Adoe de Herouvilla , et Plena Silva , et terra Osberti Bussini , scilicet apud Spinetum illam partem Spineti quam Jordanus tenet de comité Cestrioe , et Sanctus Manveus , et Marcheleth , et Mara , cum tota terra quam filius Turstini de Aniseio tenebat a Ranulfo, et terra Guillelmi de Collevilla in Collevilla , et terra Tort.

Has terras tenuit proefatus Ranulfus vicecomes pro servicio novem militum et dimidii. Hoc est feodum episcopi Baiocensis apud Mathonium Tallebot de Mesnillo cum toto tenemento suo ; feodum Osmondi Goscelini, quod tenent heredes ejus, scilicet Raymondus, Thomas filius Hervei et Henricus filius Osmondi.

Simon Tan tenet de feodo episcopi tenementum suum. Guillelmus Monachus tenet quadraginta acras terroe, quas tune tenent heredes ejus, scilicet magister Symon et Guillelmus Payen et eorum tenentes. Ricardus d'Ingene tenet totum suum feodum de feodo episcopi. Johannes Danois, tenementum suum. Rogerus Grimoult, tenementum suum.

Godefridus Textor, tenementum suum. Ricardus Pevrel tenet de episcopo. Guillelmus filius Beugier tenet de episcopo.

Herveus Brischard de eodem feodo. Guillelmus Fromont, de eodem feodo. Robertus Boissel, de eodem feodo. Ricardi Fromont, de eodem feodo. Gaufridus Fromont, de eodem feodo. Feodum le Doc, quod Willelmus Gordin tenet. Eudes de Plumetot, de eodem feodo.

Feodum Anquetilli Griffart ee , de eodem. Feodum Campion, de eodem. Radulfus Quiefdevilla ff et Hubertus, frater ejus, de eodem. Feodum Morin, de eodem. Raymondus de Val, de eodem. Gaufridus frater, de eodem. Ricardus Berenguer, de eodem. Il épousa une fille de Robert fils Hamon. Il fut le plus ferme soutien de sa soeur, l'Impératice Mathilde, dans sa lutte contre le roi Etienne, et mourut le 31 octobre Thomas, frère de Samson,' devint archevêque d'York et mourut en L'un des fils de Samson, Thomas, succéda à son oncle sur le siège archiépiscopal d'York et mourut en L'autre fils de Samson, Richard, devint évêque de Bayeux en et mourut dans la semaine de Pâques On croit généralement qu'une fille de Samson, Isabelle de Douvres, fut la maîtresse de Robert, comte de Glocester, et en eut un fils bâtard, Richard, qui succéda sur le siège de Bayeux à Richard fils Samson.

Il est assez difficile de distinguer entre eux les personnages de ce nom. La famille de ce dernier avait pris son nom de la ville de Rochester, qui se nommait, en anglo-saxon, Hroffeceaster, et, en latin, Castrum Roffense. Ce Raoul de Rouvencestre, que nous retrouvons p. Etait-il un des officiers de l'évêque? Nous savons par ailleurs A. On sait qu'à l'époque ducale, les chevaliers étaient groupés par 10 voir plus bas, p.

Helto était-il un de ces chefs de groupe? Dans le dénombrement du temporel de l'évêché de Bayeux de Arch. Les fonctions de Helto étaient sans aucun doute du même ordre, sauf qu'il n'était sûrement pas porte-bannière de l'évêque, fonction qui était alors exercée à titre héréditaire, par Robert comte de Glocester voir p.

Il ne faudrait pas en conclure que son seigneur était le connétable de l'évêque. L'Abbaye de Saint-Martin de Troarn, p. Vers , il installa dans son fief, avec l'autorisation de Henri Plantagenet, duc de Normandie, de nouveaux marchés qui firent du tort à ceux de l'évêque, et fut excommunié de ce fait A. Ce dernier est à identifier avec le tenant en chef de ce nom du Domesday Book.

Vers la fin du règne de Guillaume le Conquérant, il. Le Vauquelin de est-il le dernier fils de Roger? Ce n'est pas impossible. Cependant, étant le dernier des fils, il n'aurait pu succéder à son père, dans ses biens de Normandie, qu'après la mort de ses aînés: Ce personnage tenait du comte de Glocester, en , dix fiefs de chevalier, que sa famille possédait déjà sous Robert Fils Hamon Round: Il est probable que notre Guillaume de Saint-Quentin était de la même famille: De cette constatation, nous pouvons conclure que les qualificatifs qui suivent, dans notre texte, le nom des officiers de l'évêque de Bayeux, ne sont pas leurs noms patronymiques, mais indiquent simplement la localité où chacun d'eux exerçait ses fonctions.

Ce nom paraît s'être conservé plus longtemps en Angleterre qu'en Normandie. A sa mort, survenue en , il ne laissa que des filles, dont la dernière épousa Robert de Caén, fils naturel de Henri Ier, et lui apporta de nombreux biens, parmi lesquels l'honneur d'Evrecy.

Une des filles du comte Guillaume apporta cet honneur en mariage à Jean sans Terre, avec d'autres héritages. Au bout de quelques années, Jean sans Terre répudia la femme, mais garda les biens. Après la réunion de la Normandie à la France , Philippe-Auguste confisqua l'honneur d'Evrecy, en même temps que les autres biens normands de Jean sans Terre.

Désormais, et jusqu'à la Révolution, la châtellenie d'Evrecy restera unie au domaine royal. Nous relevons la mention suivante dans un rôle des registres de Philippe-Auguste, établi vers la fin du premier quart du xme siècle: C'est bien là le fief du Roger Suhard de ; mais, par suite des confiscations consécutives à la réunion de la Normandie à la France, il a changé de mouvance et est tenu désormais, non plus de l'évêque de Bayeux, mais de Gautier de Châtillon, comte de Saint-Pol, à qui le roi de France avait donné la baronnie de Thorigny, peu après Une charte du 30 mai A.

C'est donc le fief de Monfréville qui formait, en partie tout au moins, le fief Suhard de Le fief de Monfréville releva de la baronnie de Thorigny jusqu'en , date à laquelle le roi en retint la mouvance renseignement tiré d'un aveu du comté de Thorigny du 25 février , Arch.

Un aveu au roi du fief de Monfréville de mai Arch. D'après ce même aveu, Monfréville était un fief de chevalier entier, dont relevaient 4 demi-fiefs, 2 tiers de fief, 2 quarts de fief, 2 franches vavassories et 1 franc tenement, et enfin 3 fiefs dont la quantité n'est pas indiquées; il s'étendait à Cussy Calvados, canton de Bayeux , Longraye et Saint-Germain-d'Ectot Calvados, canton de Caumont , Feuguerolles-sur-Orne Calvados, canton d'Evrecy , la Cambe et Saint-Marcouf Calvados, canton d'Isigny , Vendes.

C'est lui qui avait fondé le prieuré de la Caine Calvados, canton d'Evrecy , en faveur de l'abbaye de Beaumont-lez-Tours monastère de l'ordre de Saint Benoît, qui était situé en dehors de l'enceinte de Tours.

Nous croirions volontiers que son fief était constitué, en tout ou en partie, par l'honneur de Curcy-le-Malfillâtre Calvados, canton d'Evrecy , mais nous n'avons pu l'établir d'une façon certaine ; l'affirmation de l'abbé De La Rue Essais historiques sur Caen, t. La baronnie de Curcy est venue en la main du Roi au xm" siècle, probablement lors des confiscations qui suivirent la réunion de la Normandie, en Peu après, le Roi la donna en fiefferme, se réservant l'hommage des dix membres de fief qui en dépendaient, et étaient sis à Curcy, Goupillières, Ouffières Calvados, canton d'Evrecy , Bonnemaison, Courvaudon, Mesnil-au-Grain, Valcongrain aujourd'hui réuni à Campandré , ces quatre dernières localités du canton de VillersBocage.

Le duc Guillaume confisqua son honneur, dont le chef était sis au Plessis-Grimoult Calvados, canton d'Aunay-sur-Odon , et, en , après la mort de Grimout, le donna en entier à son frère Eude, évêque de Bayeux, par une charte qui nous a été conservée A. Un des descendants de ce Guillaume d'Aubigny et de la soeur de Grimout, nommé, lui aussi, Guillaume d'Aubigny, épousa, entre et , Adèle de Louvain, veuve de Henri Ier, et fut créé comte d'Arundel par le roi Etienne.

Il se révolta contre Henri I" en août Orderic Vital, t. Le premier, Renouf de Briquessart du nom de son château, qui se trouvait dans la commune de Livry Calv. Il succéda, comme vicomte du Cotentin, à son frère Néel II. Après la mort de Henri Ier, il prit le parti du roi Etienne et fut tué dans une embuscade en ou Il était sis à Saint-Germainde-Pert Calv. Richard eut pour héritier et successeur son cousin germain Renouf le Meschin, vicomte du Bessin voir plus haut, n.

Dans un acte de Arch. H , nous rencontrons sur le territoire de Brémoy, à proximité de la lisière sud de la forêt,. Anquetil, Bayeux, , 2 vol. Au début du xm' siècle, ces cinq fiefs étaient tenus par Jean de Brucourt H. Confisqué par Philippe-Auguste, peu après , il fut désormais tenu du Roi ; mais ses arrièrefiefs continuèrent à être tenus de l'évêque de Bayeux.

Il était probablement de la famille de Gilbert Maminot, qui fut évêque. En , un Guillaume Picot tenait, en Angleterre, un fief de chevalier de Galfridus de Ver, et les deux tiers d'un fief de chevalier de Nigellus de Luvetot R. On le trouve témoin de chartes de Henri Ier en , , , W. Guillaume le Conquérant lui confia, en , la garde du château de Warwick, d'où son nom.

Henri de Warwick, mort le 20 juin , eut 3 fils: Roger, comte de Warwick ; Rotrou, évêque d'Evreux de à , puis archevêque de Rouen de à ; et enfin Robert du Neubourg, qui devint sénéchal de Normandie et mourut le 30 août à l'abbaye du Bec L.

Celui-ci fut le conseiller et l'ami de Guillaume le Conquérant. Le comte de Meulan de , Galeran, petit-fils de Roger de Beaumont, naquit en et mourut en Les deux fiefs du comte de. La liste III de E nous apprend qu'en , ils furent confisqués par Philippe-Auguste, ainsi d'ailleurs que tous les autres biens du comte de Meulan, resté fidèle à Jean sans Terre. D'autre part, le prénom de Guillaume était, à l'époque ducale, des plus répandus. Aussi peut-on penser, a priori, que plusieurs personnages contemporains ont dû porter le nom de Willelmus Camerarius.

Et, en effet, nous en connaissons trois au moins ayant vécu aux environs de Nous ne savons duquel des trois il est ici question. L'un fut Eude au Chapel, fils de Turstin Haldup, qui fonda, avec son père, l'abbaye de Lessay Manche, chef-lieu de canton , où il fut inhumé après sa mort, survenue vers Ce second Odo dapifer mourut très âgé, en janvier , à Préaux Eure, canton de Pont-Audemer , et fut inhumé le 28 février suivant, à Colchester Essex , dans l'abbaye qu il avait fondée vers Duquel des deux est-il question ici?

Eude au Chapel était. Cette raison ne serait cependant pas suffisante pour le faire écarter a priori, car nous savons, par le Cartulaire de la Sainte-Trinité de Caen, conservé à la Bibliothèque nationale ms. Nous croyons pourtant que c'est d'Eude de Ryes qu'il s'agit ici, parce que Eude au Chapel est mort une vingtaine d'années avant son homonyme, et que d'ailleurs il n'est qualifié dapifer qu'assez rarement. Gilbert de Laci eut un fils Hugue, qui posséda des fiefs dans la province de Meath, en Irlande, et fut assassiné en Irlande le 25 juillet Sur cette famille, voir Stapleton: Magni rotuli Scaccarii Normannioe, t.

Plus tard, il devint vicomte du Hertfordshire et de l'Essex et exerça, pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie, les fonctions de chefjusticier en Angleterre. Il mourut en La tenure en fut contestée à l'évêque de Bayeux, mais Philippe de Harcourt fit reconnaître ses droits sous Geoffroy Plantagenet A. Dans les listes de Philippe-Auguste, le fief de Louvières et de Ducy était possédé par Guillaume de Vierville, et comptait toujours pour un fief de chevalier.

A l'époque moderne, il existait à Ducy-Sainte-Marguerite un fief nommé le fief de Louvières. Ses possessions anglaises et son honneur normand, dont le chef était sis à Longueville Seine-Inférieure, chef-lieu de canton , revinrent aux mains du duc-roi. Sur les Giffard, cf. En , l'évêque de Bayeux, Eude, avait acheté d'Hébert d'Aigneaux la. Cette famille de Villers tirait son nom de Villers-Bocage Calv. A l'époque moderne, le fief de la Fresnaie était tenu du plein fief de Villers-Bocage, qui relevait lui-même de l'évêque de Bayeux.

Jubam et Baugy proviennent probablement de lectures défectueuses d'un mot très mal écrit. Parmi les terres que l'évêque de Bayeux Hugue fit restituer à son évêché, vers , figure terram Turstini Scorzavetula A. Une enquête prescrite par Geoffroy Plantagenet, entre et , établit que, du temps de Henri Ier, la moitié de cette paroisse, y compris l'église, relevait de l'évêque de Bayeux, et l'autre moitié de l'évêque de Lisieux A.

Il fut probablement le père de Roger Bigot, un des plus riches tenants en chef du Domesday Book, successivement vicomte de Norfolk, puis du Suffolk, ainsi que dapifer sons Guillaume le Roux et Henri V". Roger Bigot mourut en , laissant deux fils: Robert, comte de Glocester, qui s'était emparé de ce fief, le restitua à l'évêque de Bayeux en A. XXIII n"' et Son office de trésorier passa successivement, après lui, à ses cinq fils, dont l'un, Guillaume, devint prieur de Sainte-Barbe.

Gilbert fut inhumé dans le prieuré de Sainte-Barbe, auquel ses fils aumônèreht le fief d'Agy, dont il est ici question Cf. La chronique de Sainte-Barbe-en-Auge, édition R. Histoire de la ville de Rouen, édition de , 2 vol. Il s'agit peut-être ici d'Epreville-Martainville, Seine-Inf. L'honneur de Grimoult du Plessis, fait prisonnier au Val-ès-Dunes, en , avait été confisqué et donné par le duc, en , à l'évêque de Bayeux A.

Turoldus et Ansgotus de Rovecestra figurent dans le Domesday comme vassaux de l'évêque de Bayeux, Eude, à cause de son comté de Kent Ellis, t. Notre Radulphus de Rouvencestria est certainement de la même famille. L'honneur de Raoul de Rouvencestre avait son chef à Lénault Calv. La famille de Rouvencestre se perpétua en Normandie jusqu'au xv 8 siècle, et donna son nom à l'un des fiefs de Coulombs Calv. Entre et , il épousa Adèle de Louvain, veuve de Henri Ier, et resta toujours fidèle au roi Etienne, qui le créa comte d'Arundel.

Henri II lui confirma l'honneur d'Arundel, dont sa femme lui avait apporté la jouissance. Il descendait de Guillaume d'Aubigny voir plus haut, n. Celui-ci épousa l'héritière de Guillaume du Hommet, dont il eut un fils, Richard du Hommet, qui devint connétabîe héréditaire de Normandie et mourut en à l'abbaye d'Aunay, où il s'était retiré Cf. Rotuli Scaccarii Normannioe, t.

Sur la création de la prébende du Locheur, voir plus bas, p. Ce membre de phrase est une glose ajoutée par le scribe de Il épousa, au plus tard en , Liesse de Saint-Sauveur, qui hérita des biens de son oncle Roger, vicomte de Saint-Sauveur sur ce personnage, voir plus haut, n.

Voir plus haut, n. Le fief de l'Epinay, dont il est ici question, provenait d'Enguerrand de Port. Sur les Renouf, vicomtes du Bessin, voir plus haut, n. Le roi y avait, à l'époque moderne, une fiefferme importante qui provenait sans doute de la confiscation des biens du comte de Chester, opérée après Nous croyons que c'est de lui qu'il est ici question.

Le texte reproduit ci-dessus, qui nous est parvenu par l'intermédiaire d'une copie établie en C , est-il bien le texte intégral de l'enquête de ? A la lecture, même superficielle, du document, on remarque immédiatement que, alors qu'il a déjà été question, dans le début du texte, de l'honneur du Plessis-Grimout 17 et des fiefs de Renouf 18 , vicomte cle Bayeux, on retrouve, in fine, un paragraphe plus détaillé consacré à l'honneur du Plessis, et un autre aux fiefs de Renouf.

Dans le premier d'entre eux, il est notamment spécifié que l'évêque Eude a fondé sept prébendes avec des biens dudit honneur, et ces prébendes sont énumérées. C'est qu'en effet, par une charte de , qui nous a été conservée 27 , l'évêque Philippe de Harcourt a créé la prébende du Locheur par démembrement de celle d'Arry. Nous pouvons donc affirmer que le paragraphe considéré date au plus tôt de Dans le premier passage relatif aux fiefs de Renouf, il est dit que Renouf les tient tenet , dans celui-ci, qu'il les a tenus tenuit et cette différence de temps nous montre que les deux textes ne sont pas contemporains.

Les détails reproduits dans ce dernier paragraphe ont été empruntés à un accord passé entre Renouf I" de Briquessart, vicomte de. Bayeux, et l'évêque de Bayeux, sous Robert CourteHense La phrase scilicet apud Spinetum illam partem Spineti quam Jordanus tenet de comité Cestrioe est une glose ajoutée par l'auteur de la note, et va nous permettre de la dater. Or, nous savons que Jourdain Tesson est mort en ; comme cette note a été écrite de son vivant tenet , elle est donc antérieure à Les deux paragraphes considérés sont postérieurs à et antérieurs à Le fief de l'évêque de Bayeux à Mathieu, dont la composition détaillée termine notre document, est le fief de Eude dapifer.

Après la mort de ce dernier, survenue en , ses héritiers, pour des raisons que nous ignorons, ne purent se faire mettre en possession de ses biens.

En , le fief du dapifer à Mathieu est en la main de l'évêque, et le comte de Glocester s'engage à aider l'évêque à le tenir librement pendant 5 ans Plus tard, Henri, évêque de Bayeux de à , donna ce fief à Richard, fils du comte de Glocester. Il est probable que le texte qui nous occupe a été établi avant cette dernière donation, lorsque le fief était encore en la main de l'évêque, et que, lors de l'enquête de , une copie en a été ajoutée à l'enquête de , en même temps que les paragraphes relatifs à l'honneur du Plessis et aux fiefs du vicomte Renouf.

Elle est à placer entre septembre , date de l'avènement de Robert Courte-Heuse, et septembre , date du départ pour la Croisade de l'évêque Eude.

Pour permettre une comparaison facile des deux documents, nous avons établi un tableau en deux colonnes, dont l'une contient les données de l'enquête de , et l'autre les données correspondantes du résumé du Red Book of the Exchequer. Ce collationnement a d'abord permis de rectifier un certain nombre de noms de personnes ou de localités. Au point de vue des fiefs de chevalier, le fief Maulevrier, à Asnières demi-fief , ne figure pas dans R.

Une comparaison attentive des deux textes fait apparaître immédiatement une lacune dans l'enquête de et montre qu'elle incombe au scribe de , ou à celui de , car on la trouve dans toutes les copies aujourd'hui connues. Nous avons en conséquence, dans notre texte, ajouté in Hispania après les 2 fiefs du comte de Meulan, et restitué les 2 fiefs de Willelmus Camerarius à Fribois Ces différences sont indiquées ci-dessous:.

Robert fils Hamon, mort en , était le beau-père de Robert comte de Glocester. Roger de Courseulles, tenant en chef du Domesday Book, vivait encore vers ; Vauquelin de Courseulles, qui florissait dans le. Robert du Neubourg, mort en , était un des fils de Henri de Warwick, à qui Guillaume le Conquérant avait confié, en , la garde du château de Warwick, et qui mourut le 20 juin Roger de Beaumont, l'ami et conseiller bien connu de Guillaume le Conquérant, eut pour fils Robert, comte de Meulan, mort en , père de Galeran, comte de Meulan Richard, comte de Chester depuis , mourut en , dans le naufrage de la Blanche-Nef.

Ainsi, cinq fois sur six au moins et il est probable qu'il en est de même pour Raynaud et Gilbert de Villers, sur lesquels nous ne savons rien , le Red Book indique les seigneurs qui possédaient les fiefs vers la fin du xr 5 siècle, alors que notre texte mentionne les noms des seigneurs vivant en Dans ces conditions, il faut admettre ou bien qu'il y a eu deux textes originaux différents de l'enquête de , ou bien, s'il n'y en a eu qu'un représenté par R.

Passant maintenant à l'étude interne du document, nous allons résumer les enseignements qu'on peut en tirer, enseignements d'autant plus précieux qu'ils se rapportent au temps de l'évêque Eude, c'est-à-dire à la seconde moitié du xi" siècle.

Le fief de chevalier feodum militis ou fief de haubert feodum lorice constituait, dès le xie siècle, l'unité du service féodal normand. C'était une terre qui devait à son seigneur immédiat le service d'un chevalier, à cheval et avec un armement complet c'est-à-dire comprenant non seulement l'épée, la lance et le bouclier, mais aussi la broigne ou haubert , pendant 40 jours, aux frais du seigneur Cette terre n'était pas d'un seul tenant ; elle pouvait s'étendre dans des paroisses non limitrophes.

Plusieurs fiefs de chevalier pouvaient naturellement être réunis dans la même main. En fait, bon nombre des vassaux de l'évêque de Bayeux lui devaient le service de 2 à 10 chevaliers. Inversement, quelques fiefs, trop peu importants pour fournir un service entier de chevalier, n'en devaient que la moitié ou le quart. Mais il faut remarquer que ces membres de haubert, comme on les appellera plus tard, ne constituent, dans notre enquête, que l'exception: Le nombre total des fiefs tenus de l'évêque de Bayeux était de , d'après les registres de Philippe-Auguste Mais, comme nous l'avons vu, il y a lieu d'ajouter les deux fiefs de Willelmus Camerarius, que le copiste de , ou celui de , a omis: La différence provient de ce que ce dernier a omis le fief Maulevriér, à Asnières demi-fief , mais que, par contre, il a fait du fief Pellevé un demi-fief, au lieu d'un quart de fief.

Les jurés commencent par déclarer que l'évêque de Bayeux doit, pendant 40 jours: Conformément à ce principe, le duc de Glocester déclare que, pour son honneur d'Evrecy qui est de 10 fiefs de chevalier , il doit, pendant 40 jours, un service de chevalier pour le roi de France, et un service de 2 chevaliers pour le duc, en Normandie.

De même, pour le fief de Roger Suhard 8 chevaliers et le fief Malfillâtre 7 chevaliers , il doit un service et demi de chevalier au roi de France, et un service de 3 chevaliers au duc, en Normandie Cette insistance n'a rien de surprenant: Nous avons vu que le total des fiefs tenus de l'évêque de Bayeux était, en chiffres ronds, de Etant donné la proportion admise pour le service dû au roi de France un sur dix et au duc de Normandie un sur cinq , c'est donc un service de 12 chevaliers, et non de 10, qui aurait dû revenir au roi de France, et un service de 24 chevaliers, et non de 20, qui aurait dû revenir au duc de Normandie.

Comment expliquer cette anomalie? Haskins voit là une application de la longue centaine des Anglo-Saxons Si séduisante que puisse paraître cette explication, il faut, à notre avis, la rejeter sans hésitation. Il serait, en effet, impossible, croyons-nous, de citer, en Normandie, un autre exemple d'emploi de cette longue centaine.

D'ailleurs, chaque fois que ce système de numération est employé dans le Domesday Book, il est qualifié de anglice ou more anglico, ce qui montre bien qu'il n'était pas usité chez les Normands. Le service dû au duc par chacun de ses grands vassaux semble bien, en effet, être le résultat d'un accord entre les deux parties.

La proportion entre le service dû au duc et celui dû au vassal lui-même variait, d'ailleurs, suivant les cas L'érudit anglais Round a été le premier à faire remarquer qu'en Angleterre, sous les rois anglo-normands, les fiefs de chevalier étaient généralement groupés par 5 ou 10, ou par multiples de 5 ou Il en indique la raison: L'honneur d'Evrecy était de 10 éhevaliers ; il en était probablement de même, à l'origine, de l'honneur du Plessis-Grimoult, qui, après la dotation de sept prébendes, comptait encore 8 fiefs de chevalier.

Les 8 fiefs de Roger Suhard et les 7 de Malfillâtre sont réunis pour former un groupe de 15 fiefs. Les fiefs du comte de Chester, d'Enguerrand de l'Epinay, de Hugue de Crèvecoeur, de Vauquelin de Courseulles, de Maminot, comprennent chacun 5 chevaliers. Les 3 fiefs de Henri de Port et les 2 fiefs de Robert fils Osbert sont réunis pour former un groupe de 5 fiefs, qui devra un service de chevalier au duc en Normandie. Ce groupement des fiefs de chevalier par 5 ou par 10 était donc usité en Normandie dès la seconde moitié du xf siècle.

Les documents anglais, d'ailleurs beaucoup plus nombreux pour les xr et xii" siècles que les documents normands, révèlent nettement l'existence des constabularias et de leurs chefs, les constabularii Les documents normands ne nous apprennent à peu près rien sur ce sujet. Cependant, l'enquête de mentionne deux constabularii: Helto, qui figure parmi les jureurs 49 , et Hervé,.

Feudal documents from the abbey of Bury S Edmunds. Londres, , in-8", p. Ces constabularii sont-ils, comme leurs homonymes anglais, des chefs de guerre, ou faut-il ne voir en eux que des officiers domestiques de l'évêque?

Les textes ne le disent pas. Nous penchons cependant vers la première hypothèse, et le fait que, dans la liste des jureurs, Helto figure au nombre des vassaux de l'évêque, et non parmi ses officiers servientes , semble de nature à nous confirmer dans cette idée. Il reste à examiner une dernière question.

Comment étaient désignés et fournis les 10 chevaliers destinés au service du roi de France, ou les 20 chevaliers destinés au service en Normandie? Le résumé de R. L'évêque de Bayeux a donc la charge de trouver les dix chevaliers qui serviront le roi de France pendant 40 jours, et, pour ce faire, il lèvera 20 sous roumois sur chaque fief de chevalier tenu de lui.

Il en sera de même pour les 20 51 chevaliers destinés au service du duc, mais, en ce cas, l'aide à lever par l'évêque sera doublée. Mais le texte même de l'enquête prouve que, pour faciliter sa tâche, l'évêque a, de bonne heure, commencé à la partager, au moins partiellement, entre ses vassaux: Il semble que cette manière de faire se généralisa assez vite.

C'est tout au moins ce que donne à penser la liste III de E, qui date de la seconde moitié du xm" siècle, et que nous reproduisons ci-dessous:. Le chambellan de Tanquarville, 1 chevalier.

Robert de Hotot, pour la Conestablie, 1 chevalier. Raoul Tesson, 1 chevalier. Philippe Suhart, 1 chevalier, et est en la main. La forest de Brotonne et de Salerne, 2 chevaliers ; si comme l'en dict sont en la main le Roy. Cette liste représente-t-elle le service dû par l'évêque au roi en tant que roi de France, ou en tant que duc de Normandie?

Ni l'un ni l'autre, puisque son total est de 13 chevaliers. Le chevalier dû par l'honneur d'Evrecy correspond au premier cas 1 chevalier sur 10 ; à la rigueur, on peut admettre qu'il en est de même pour Philippe Suhart 53 et pour Robert de Hotot Remarquons cependant que, d'après les registres de Philippe-Auguste, le Roger Suhart du début du xm 8 siècle prétendait ne tenir son fief que par un seul fief de chevalier H.

Cette châtellenie est appelée la Connétablie, parce qu'elle était possédée, dans la deuxième moitié du xii" siècle, par les du Hommet, qui étaient connétables héréditaires de Normandie.

Quant aux autres seigneurs nommés dans cette liste, Raoul de Creully 57 , et le chambellan de Tahcarville 58 , ne possédaient chacun que deux fiefs de chevalier tenus de l'évêque: On comprend moins encore les 2 chevaliers dûs par la forêt de Brotonne et Salerne, qui ne constituaient qu'un fief de 2 chevaliers Nous ne connaissons pas avec certitude le nombre de fiefs tenus par le seigneur de Villers-Bocage 60 , pas plus que par Raoul Tesson Le fief de Courseulles a été confisqué en par Philippe-Auguste, qui s'en est réservé la mouvance ; désormais, les arrière-fiefs seuls de l'honneur de Courseulles continueront à relever de l'évêque.

Mais la proportion fixée au xir siècle 1 chevalier sur 5 pour le duc, 1 chevalier sur 10 pour le roi ne paraît plus appliquée d'une façon rigoureuse.

Peut-être les services dûs au duc et au roi se sont-ils quelque peu confondus depuis que, en , le duché de Normandie est entré darts le domaine royal ; peut-être aussi les confiscations, relativement nombreuses, prononcées par Philippe-Auguste, et les changements de mouvance qui en ont été assez fréquemment la conséquence, ont-ils contribué à compliquer et à obscurcir Une notion qui était très claire aux environs de Tandis que de nombreux chercheurs et érudits se sont occupés de cette dernière, qui est aujourd'hui assez bien connue, la première n'a jamais été étudiée Les vavasseurs 63 , ou tenants de vavassories, constituaient, après les chevaliers et en dessous d'eux, comme l'ossature de la féodalité normande.

Mais la transformation, la décadence rapide du système féodal firent disparaître très vite la classe des vavasseurs, Jusqu'à la fin de l'ancien régime, les vavassories subsistent, en grande" partie tout au moins ; mais, dès le dernier siècle du moyen. Le sens large, le seul connu en dehors de la Normandie, désignait le vassal d'un grand seigneur, comte ou duc. Le mot avait quelquefois ce sens chez les Normands ; mais ils étalent les seuls à l'employer dans le sens étroit de tenant d'une vavassorie, noble ou roturière.

Dans ces conditions, on comprend facilement que l'étude des vavassories dans les documents modernes ne présente qu'un intérêt relatif: A ce point de vue, l'enquête de offre un intérêt de premier ordre. Cherchons à en dégager les enseignements. Tout d'abord, ce document nous signale: Cette indication, qu'on chercherait vainement ailleurs, est très précieuse, d'autant plus précieuse qu'à l'époque moderne, ces vavassories sont devenues de véritables membres de haubert et qu'on a complètement oublié leur origine.

A l'époque moderne, les plus grandes des vavassories nobles sont, tout au plus, comparables aux huitièmes de fief, et ceci explique l'idée, très répandue, que, dans la hiérarchie féodale, les vavassories nobles venaient après les derniers des membres de fief. Or, nous voyons qu'aux xi" et xn" siècles, il a existé des vavassories plus importantes, qui n'ont disparu que parce qu'elles sont devenues très vite des demis, tiers ou quarts de fief.

A cet armement réduit s'opposait le service cum plenis armis, c'est-à-dire avec l'armement complet, comprenant le haubert. Ces deux expressions 69 , nettement opposées par le sens, étaient, au point de vue de la graphie, si voisines l'une de l'autre qu'à toutes les époques, l'inattention des scribes les a fait confondre. C'est au duc de Normandie, en cas de convocation de l'arrière-ban nous reviendrons dans un instant sur l'arrière-ban , qu'est dû le service militaire dont nous venons de parler.

Il semble bien, d'ailleurs, qu'il était également dû à l'évêque, lorsque chaque tenant de fief de chevalier lui devait personnellement le service. En effet, après avoir énuméré les tenants de fiefs de chevalier ou de membres de fief vassaux de l'honneur du Plessis-Grimoult, le texte ajouté en continue: Ces derniers sont au nombre de quatre.

Remarquons en passant que le service de ces vavasseurs ne comptait pas dans le total des fiefs de chevalier de. Plessis-Gri 67 que très fréquent au moyen âge, ce manque de précision ne laisse pas que de nous étonner quelque peu.

Peutêtre pourrait-on en proposer l'explication suivante: Or, 50 acres de la première sorte valaient 48 hectares 62, et 60 acres de la seconde sorte 49 hectares 03, c'est-à-dire deux superficies pratiquement équivalentes. Il est bon, croyons-nous, de signaler ce rapprochement, mais il serait imprudent de se montrer trop affirmatif dans la conclusion à en tirer. Le texte ajouté en énumère, en effet, les tenants par fief ou membre de fief: Raoul de Rouvencestre tient 5 fiefs de chevalier 70 ; Guillaume d'Aubigny, un demi ; Robertus nepos episcopi, un ; Aaloudus camerarius, un ; Roger de Mellay, un quart, et Campandré, un quart ; au total: Une autre catégorie de vavasseurs devaient la garde au château de Neuilly Tous les vavasseurs dont il a été question jusqu'ici étaient des vavasseurs nobles.

Il n'en est vraisemblablement pas de même pour ceux assujettis au service de garde. Nous savons, en effet, que l'abbaye du Mont-Saint-Michel avait deux catégories de vavasseurs faisant la garde au Mont: L'évêque de Bayeux n'avait qu'un seul château-fort, celui de Neuilly ; tous ses vavasseurs auraient donc pu, semble-t-il, concourir à la garde de ce château. Mais cette garde, qui était permanente et devait fonctionner aussi bien en temps de paix qu'en temps de guerre, ne pouvait être assurée.

Aussi, comme nous l'apprend notre texte, tous ceux qui devaient la garde au château étaient à Neuilly, apud Nulleyum, et c'est une raison de plus de penser qu'il y avait parmi eux des vavasseurs roturiers: En résumé, en ce qui concerne le service militaire proprement féodal, les vavassories nobles étaient partagées en trois catégories: Il serait d'ailleurs imprudent de conclure de ce silence que ces dernières ne devaient à leur seigneur immédiat aucun service militaire.

Mais il en existait une autre sorte, dont l'origine remontait à l'époque Carolingienne, et que les ducs avaient conservée. Dans les cas graves, en cas d'invasion de la Normandie, par exemple, ils pouvaient appeler l'arrière-ban, qui n'était autre chose que la levée en masse de tous les hommes libres Cette convocation est appelée submonitio. Tout d'abord, le passage si heureusement corrigé par Guilhiermoz 75 , s'exprime ainsi: Le premier passage s'applique aussi bien aux membres de fief qu'aux fiefs entiers.

Il nous apprend aussi que tous les vavasseurs nobles doivent le service en cas de convocation de l'arrière-ban. Le dernier passage cité spécifie, d'ailleurs, que ceux possédant au moins 50 ou 60 acres le doivent à cheval, avec l'armement réduit appelé plana arma, comportant la lance, le bouclier et l'épée. Quel armement devaient avoir les vavasseurs nobles possédant moins de 50 acres? L'enquête ne le dit pas. Elle ne parle, du reste, que du service d'arrière-ban dû par les vavasseurs nobles libère tenentes , alors que nous.

Du silence de notre document, il serait tout à fait imprudent de conclure que les vavasseurs roturiers ne devaient ni le service d'arrière-ban, ni le service militaire proprement féodal. Notre texte nous montre que, dès la fin du xi" siècle, le montant en était nettement fixé: Le résumé du Red Book of the Exchequer porte: Il est impossible de mettre en parallèle la valeur d'une paire d'étriers avec celle de la monture ellemême. Comment expliquer cette importante différence entre les deux textes?

Le cheval, ou sa valeur, était fréquemment à la base du relief Nous croirions volontiers que le texte primitif de l'enquête devait porter: La disparition du mot equum dans les copies qui nous sont parvenues ne peut s'expliquer que par l'inattention d'un copiste, probablement celui de Quant à l'omission du mot strepam dans R.

On est même un peu étonné. Car, au point de vue technique, l'emploi des étriers a eu des conséquences considérables. C'est lui qui a permis à la lance,. Il est assez curieux de constater que ce tarif restera le même, en Normandie, jusqu'à la Révolution: L'évêque de Bayeux ne paraît pas avoir eu les trois aides coutumières dues aux seigneurs laïcs Par contre, il prélevait: Après avoir spécifié que l'évêque de Bayeux doit trouver 10 chevaliers pour le service du roi de France ou 20 pour le service du duc de Normandie , le résumé du Red Book of the Exchequer ajoute que, pour se les procurer, il lève, sur chaque fief de chevalier, 20 sous roumois dans le premier cas, 40 sous dans le second.

C1 Lefebvre des Noëttes: L'attelage, le cheval de selle à travers les âges, Paris, 1. A première vue, cette aide paraît de même nature que le scutagium levé en Angleterre sous Henri I" et Henri II, qui semble avoir eu pour but de permettre au roi de remplacer l'armée féodale par des mercenaires.

Cependant, le cas de l'évêque de Bayeux n'est pas absolument le même. L'aide de 20 sous par fief soit sous pour 5 fiefs représentait certainement la somme que l'évêque devait verser à chaque chevalier, pour sa solde et son entretien, pendant le service de 40 jours qu'il faisait au duc ou au roi. Dans ces conditions sauf, bien entendu, en cas d'appel de l'arrière-ban , chacun des autres fiefs tenus de l'évêque ne devait plus que l'aide de 20 sous ou de 40 sous suivant le cas.

Cette remarque est peut-être de nature à expliquer la réclamation présentée parfois par certains propriétaires de fiefs, qui déclarent ne pas devoir le service d'ost exercitum , mais seulement l'aide auxilium exercitus Il nous reste à signaler une dernière sorte d'aide: Toutes les copies connues portent et ; il est probable, cependant, que l'original devait porter aut.

Cette aide ne devait être levée, semble-t-il, que lorsque les va Quoi qu'il en soit, la somme de douze livres correspondait certainement au total dû par l'ensemble des vavasseurs pour une période d'une année. On appelait honneur, à l'époque ducale, un ensemble de fiefs possédé par le même seigneur et tenu par une seule foi et un seul hommage. Les Normands transportèrent cette expression en Angleterre. Les fiefs les plus importants pouvaient être ainsi qualifiés: Il n'y avait donc pas de limite supérieure à l'emploi de ce mot.

Par contre, il y avait une limite inférieure, mais il est difficile de la fixer avec précision. D'une manière générale et sans en faire une règle absolue, on pourrait admettre, semble-t-il, que la qualification d'honneur s'appliquait à un fief comprenant plus d'un plein fief de haubert. Les groupes de fiefs mentionnés dans l'enquête de autres qu'Evrecy et le Plessis-Grimoult pouvaient donc, eux aussi, être des honneurs: Le mot d'honneur tomba en désuétude de très bonne heure et fut remplacé, dans la plupart des cas,.

Ce dernier n'apparaît en Normandie, d'une manière certaine, que vers la fin du deuxième quart du xne siècle. On le trouve, il est vrai, dans toutes les copies connues de l'enquête de Une charte de confirmation de Henri I" pour l'abbaye de Saint-Evroul, datant de , spécifie bien que Guillaume le Conquérant a constitué en baronnie les fiefs de Culé et de Boquancé du temps de l'abbé Thierry , baroniam unam constituit.

Mais cette charte ne nous est connue que par la Gallia christiana 92 ; elle n'est reproduite ni dans Orderic Vital, ni dans aucun cartulaire. Au surplus, les noms des témoins soulèvent quelques difficultés. Aussi faut-il admettre, avec M. Haskins 93 , que cette charte a subi probablement des retouches. Dans ces conditions, on ne peut affirmer que le mot baronia ait réellement été employé dans l'original. Round cite une charte de l'Impératrice Mathilde, de , comme un des plus anciens exemples connus de son emploi A la fin du moyen âge et à l'époque moderne, les évêchés et abbayes importantes possédaient un certain nombre de baronnies qui différaient quelque peu des baronnies laïques, et dont l'origine est très obscure.

C'est ainsi que, à côté de la baronnie du Plessis-Grimoult, dont nous connaissons l'origine, l'évêché de Bayeux possédait, à. Or Le Plessis-Grimoult mis à part , nous ne trouvons pas, dans l'enquête de , d'honneurs susceptibles de donner naissance à ces baronnies. Robert Cenau, évêque d'Avranches de à , déclare que la baronnie de Douvres a été donnée à la mense épiscopale par l'évêque Richard fils Samson, qui la possédait par héritage Auguste Le Prévost a répété la même affirmation 96 , probablement sur la foi de Robert Cenau.

Or, l'enquête de , qui a eu lieu aussitôt après la mort de cet évêque Richard fils Samson, ne mentionne pas d'honneur de Douvres. La famille de l'évêque Richard était noble et originaire de Douvres: C'est, sans doute, d'après ces indices, d'une insuffisance notoire, que Robert Cenau a cru pouvoir affirmer que la baronnie de Douvres avait été donnée à l'évêché de Bayeux par l'évêque Richard fils Samson. Au surplus, l'évêché de Bayeux avait des possessions à Douvres dès , puisque l'évêque Hugue, dans une charte de cette date, mentionne: Si nous ne trouvons pas trace de ces futures baronnies dans l'enquête de , preuve évidente qu'elles n'existaient pas à cette époque, nous avons cependant une remarque importante à faire à leur sujet.

Quatre officiers servientes de l'évêque, chargés sans aucun doute de l'administration de son domaine, fieffé et non fieffé, figurent parmi les jureurs: Les qualifications qui suivent les prénoms de Roger, de Geoffroy et de Godefroy ne sont cer Ces noms de localités, la Ferrière-Harenc, Douvres et Bayeux, ne peuvent donc que désigner le lieu où chacun de ces officiers exerçait ses fonctions.

Quant au quatrième, Osmond, il était bedel 98 de Neuilly. Ainsi l'évêque de Bayeux avait, au début du xir siècle, à la Ferrière-Harenc, Douvres, Bayeux et Neuilly, des centres administratifs, à chacun desquels était rattachée une partie de son domaine. Ce sont ces groupements de fiefs, créés par l'évêque, d'une façon plus ou moins arbitraire, pour faciliter l'administration de son temporel, et administrés le premier par le centre de la Ferrière-Harenc, le second par celui de Douvres, le troisième par celui de Bayeux, et le quatrième par celui de Neuilly qui, plus tard, ont donné naissance aux baronnies de La Ferrière-Harenc, de Douvres, de Sainl-Vigor-le-Grand aux portes mêmes de Bayeux et de Neuilly.

Sans parler de l'honneur d'Evrecy et de celui du Plessis-Grimoult, il y avait dans la mouvance de l'évêque de Bayeux, en , deux fiefs de 8 chevaliers, un de 7 chevaliers et demi, deux de 7 chevaliers, six de 5 chevaliers, quatre de 3 chevaliers, neuf de 2 chevaliers, plus quelques fiefs, membres de fief ou vavassories nobles tenus nûment.

Quelle était la constitution juridique. Etaient-ils, ou non, tenus en baronnie, suivant l'expression qui sera consacrée dès la fin du xii" siècle? Si oui, chacun d'eux constituait un bloc indivisible qui se transmettait du père au fils aîné ; si non, les fiefs de haubert étaient partagés entre les frères, chaque fief entrant en entier dans la part de l'un d'eux. De la comparaison du résumé du R. Ces trois exemples semblent montrer que les groupes de fiefs considérés étaient bien tenus en baronnie.

Cette constatation vient encore appuyer l'idée que ces groupes de fiefs étaient indivisibles et se transmettaient sans partage du père au fils aîné, en un mot qu'ils étaient tenus en baronnie. Mais, comme c'est fréquemment le cas en matière historique, la question est moins simple qu'elle ne le paraît à première vue. Le Très ancien Coutumier et la Summa de legibtis nous apprennent que, dès le début du xm" siècle, la succession du chevalier possédant plusieurs fiefs de haubert non tenus en baronnie était souI.

En vertu de cette coutume, l'aîné était considéré comme seul héritier , mais, après s'être servi le premier, il partageait les fiefs restant, par fief entier, entre ses puînés, et chaque puîné ayant reçu un fief le tenait en parage de son aîné. C'est l'aîné seul qui fait hommage au seigneur, c'est l'aîné seul qui doit les services des fiefs dévolus à ses puînés Et ce n'est pas seulement au point de vue purement féodal que l'aîné était seul titulaire de tous les fiefs de la succession: En somme, extérieurement tout au moins, et aux yeux du seigneur et des tiers, le groupe de fiefs du de cujus paraissait comme passé en entier à son fils aîné: Dans ces conditions, et bien que l'enquête de ne mentionne pas expressément le parage , rien n'empêche qu'il ait déjà existé à l'époque ducale: Au surplus, ce qui n'est qu'une simple possibilité, sans plus, pour le début du xii" siècle, devient une certitude au xnr 3 siècle: Les trois fiefs de chevalier tenus par Henri de Port, en , étaient encore, au début du xm" siècle, dans.

Le parage normand, Caen, Bib. On sait, en effet, que le don d'une terre in maritagio créait un véritable parage entre le donataire et le donateur Génestal: Elle fut réclamée par les deux fils du de cujus, Henri et Guillaume. L'aîné, Henri, prétend qu'il doit hériter des trois fiefs les considérant, par conséquent, comme tenus en baronnie ; le puîné, Guillaume, en demande le partage.

Des jugements de l'Echiquier de Normandie de Pâques , de la SaintMichel et de Pâques , nous permettent de suivre l'affaire de bout en bout. Tout d'abord, Henri de Port reconnaît que, à cause de ces fiefs, il doit: A Pâques , l'Echiquier prescrit une enquête sur les dires de Henri de Port A la session de la Saint-Michel , le même Echiquier décide que le partage aura lieu et en fixe le mode: Henri choisira un fief, Guillaume en prendra ensuite un second, et le dernier demeurera à Henri Recueil des jugements de l'Echiquier de Normandie au xm" siècle.

Paris, , in-4", n" 63, , , et , pp. En effet, d'après l'enquête de , l'ensemble des 3 fiefs de Henri de Port et des 2 fiefs de Robert fils Osbert doit rendre un service de chevalier au duc de Normandie, par la main de l'évêque.

Les 3 fiefs de Henri de Port doivent donc les trois cinquièmes de ce service, et non la moitié. Les arrêts de l'Echiquier ne spécifient pas que Guillaume tiendra son fief en parage de Henri, Mais il est certain qu'il en fut ainsi, comme le prouvent les termes suivants de la liste I de E, datant de la deuxième, moitié du xm" siècle r.

Pes arrêts étudiés ci-dessus, il ressort que le père de Henri et de Guillaume de Port possédait les trois fiefs de Port, tout comme le Henri de Port de A moins qu'il n'y ait eu qu'un fils unique à chaque génération, c'est donc que ces fiefs étaient tenus en baronnie, c'est-à-dire formaient un bloc indivisible, se transmettant sans partage du père au fils aîné. Si tel est bien le cas, comme nous le pensons, l'arrêt de l'Echiquier de la Saint-Michel constitue un changement radical, un renversement de la jurisprudence.

Les jugements n'étant jamais motivés à cette époque, il nous faut renoncer à connaître les arguments invoqués par les juges. Nons en sommes, sur ce point, réduits à des conjectures. Mais, sauf cas exceptionnels, ni l'une ni l'autre partie n'était, par sa situation personnelle, en état de faire prévaloir ses vues ; c'était la Coutume qui décidait souverainement.

Quel était, dans ce débat, l'intérêt du seigneur immédiat, en l'espèce l'évêque de Bayeux? A première vue, les deux solutions paraissaient devoir lui être indifférentes: Vers le milieu du xv 8 siècle, ces trois fiefs sont dans des mains différentes, et n'ont plus entre eux aucun lien- ni parage, ni hommage. Son intérêt voulait donc qu'il fût favorable au système de la tenure en baronnie. Mais ce n'est ni lui, ni ses juges seigneuriaux qui auront à décider, d'après la Coutume, du mode de succession: Laquelle des deux solutions est plus favorable aux intérêts du duc?

Dans lé duc à partir de , le roi de France , il y a deux personnages: Or, dans le cas qui nous occupe, l'un et l'autre ont des intérêts diamétralement opposés. Le suzerain féodal, tout comme le seigneur intermédiaire, doit préférer la tenure en baronnie qui maintient, intacte et sans fissure, la pyramide féodale.

Le souverain, au contraire, a intérêt à affaiblir les seigneurs intermédiaires, et à chercher à se rattacher, par un lien direct, tous ses arrière-vassaux. C'est ce que Guillaume le Conquérant chercha à' réaliser en Angleterre, dès , lorsque, à Salisbury, il se fit prêter directement serment d'allégeance par tous les propriétaires terriens, quel que pût être leur seigneur féodal Mais, à partir de la fin du xif siècle, la décadence commence pour la féodalité, et désormais le souverain prend de plus en plus le pas sur le suzerain.

Peut-être ces considérations générales sont-elles de nature à expliquer une modification de la Coutume, dont les causes seraient, par ailleurs, assez mystérieuses. Appeler sans distinction aucune à ce concours et les hommes de la science et ceux de l'expérience ceux qui dans le silence du cabinet ou au milieu des riches loisirs que leur a fait la fortune brillent par leurs lumières, ceux qui, sans s'occuper du travail des.

Empressons-nous de dire, Messieurs, que les Comices agricoles de Trévières de répondent à cette question avec la puissance irrésistible d'un fait accompli.

C'est en qu'eut lieu la première visite agricole faite aux riches campagnes de ce canton; quatre ans se sont écoulés depuis. Et dans ce court intervalle que d'améliorations nouvelles ont été introduites! Ces améliorations, ces efforts, ces essais vont vous être signalés par l'honorable rapporteur de votre Commission ' avec la double autorité d'une spécialité agricole constatée par de beaux succès, et d'un talent habitué à recueillir dans une autre carrière des suffrages mérités.

Pour moi, Messieurs, ma voix ne doit se faire entendre aujourd'hui que pour applaudir avec un juste orgueil, au nom de la Société que j'ai l'honneur de présider, à des résultats non moins avantageux aux agriculteurs qui en recueillent les fruits, qu'au pays qui se réjouissant dans sa force et dans ses espérances, contemple avec bonheur le bien-être de ses enfants.

Honneur au chef d'exploitation dont l'oeil vigilant dirige et gouverne sa ferme avec l'ordre et la régularité d'une fabrique industrielle, qui, marchant de progrès en progrès et ne recnlant point devant quelques sacrifices, augmente la richesse du sol qu'il cultive par le nombre des bestiaux qu'il y nourrit 1.

Honneur à l'éleveur qui, comprenant les nécessités de son époque, améliore la race des animaux reproducteurs, et contribue ainsi à satisfaire l'un des plus grands besoins des populations, celui d'une meilleure et plus abondante alimentation. Honneur à ces hommes qui, placés dans une position plus modeste, arrosent les champs de leurs sueurs, luttent contre un sol rebelle, et par l'habileté de leurs labours disposent un terrain ingrat à la fécondité.

Honneur à ces vétérans de la domesticité à ces zélés et bons serviteurs qui ont su se préserver de ces goûts d'indépendance et d'instabilité sous lesquels se cachent ceux du libertinage et de l'oisiveté, qui longtemps habitèrent sous le même toit hospitalier, et qui se trouvèrent toujours fidèles aux joins de la bonne.

L'esprit de notre époque appelle la glorification des efforts de l'intelligence et du travail, de la production, du bien-être physique des améliorations matérielles et sociales. La profession de cultivateur, dont s'honorentaujourd'hui les hommes qui portent les noms les plus illustres, est désormais placée par les moeurs et l'opinion au rang des professions les plus élevées de la société.

Déjà les encouragements donnés par le gouvernement à l'agriculture quoiqu'insuffisants, si on les compare à ceux accordés au commerce et à l'industrie, tendent à une augmentation progressive. La balance entre les intérêts agricoles et les intérêts commerciaux acquiert un plus juste équilibre.

Les graves questions soulevées à l'occasion des droits protecteurs des produits du sol chaque jour mieux étudiées, promettent, malgré les efforts des partisans de la liberté commerciale absolue, d'arriver à une solution favorable. Des Conseils spéciaux pour la défense des intérêts agricoles se réunissent annuellement dans la capitale, et des hommes puissants par leurs talents et leur expérience consommée viennent prêter à ceux-ci la sanction de leur influence et le secours de leur éloquente parole.

Enfin des projets s'élaborent qui, destinés à modifier notre système hypothécaire, le mettront en rapport avec le développement nouveau de la richesse mobilière, rendront plus facile la libre disposition du sol et la circulation des capitaux, aliment.

Entourés de ces gages de sécurité et d'espérances, persévérez donc, Messieurs, avec une nouvelle ardeur dans cette voie des améliorations de tout genre-, où toutes les voix s'unissent pour reconnaître que vous avez déjà fait tant de pas, et qui, augmentant de jour en jour la richesse publique, préviendront aussi la plus hideuse plaie des temps modernes, le paupérisme, et donneront un plus équitable prix aux sueurs du travailleur.

Préoccupez-vous de la pensée importune que la France, malgré la douceur de son climat, la fertilité de son sol, l'intelligence de ses populations, est encore tributaire de l'étranger; qu'elle est obligée de demander, entr'autres à l'Angleterre, des chevaux pour ses attelages, ses haras, ses courses, des taureaux, des génisses pour améliorer ses races, et songez que cependant il suffirait à notre Normandie de quelques efforts persévérants et durables, de quelques sacrifices qui seraient payés au centuple pour la relever de cet état d'infériorité où elle est placée vis-a-vis de son heureuse rivale.

La nature comme l'activité de l'esprit humain ne se repose jamais. Si certaines parties du champ de la science agricole ont été explorées, combien n'en restet-il pas encore à défricher et à mettre en valeur En recevant aujourd'hui de nos mains, en présence des notabilités de la contrée et de ce nombreux concours de citoyens empressés d'applaudir a vos succès, ces médailles et ces primes que la Société académique de.

Bayeux est heureuse de décerner dans cette fête annuelle de l'Agriculture, n'oubliez donc pas, Messieurs, qu'ouvriers de la dernière heure à la vigne du maître, poim vous l'heure du repos n'a pas sonné en même temps que celle de la récompense. Ce discours, aussi remarquable par l'élévation des idées que par la clarté et la beauté du style a fait une vive impression sur l'assemblée. Cinq ans sont à peine écoulés depuis que vous avez fondé la Société d'agriculture de Bayeux Répondant à notre appel un grand nombre de cultivateurs, amis de leur pays, pleins de zèle pour leur belle industrie, s'empressèrent de se grouper autour de nous et le premier Concours agricole fut célébré dans ce même canton de Trévières, où nous sommes heureux de revenir aujourd'hui après avoir parcouru successivement les autres parties de l'arrondissement.

Ces premières visites de ferme, ce premier Concours étaient satisfaisant sans doute et cependant, Messieurs, comment ne pas reconnaître aujourd'hui qu'il s'est opéré, depuis quatre ans, un immense progrès. Les espérances que nous avions fondées sur cette première fête de l'agriculture ont été dépassées. Une louable émulation s'est emparée des cultivateurs de notre arrondissement; de notables progrès dans toutes les cultures, des améliorations dans les races de bestiaux, et surtout dans les vacheries, ont été obtenues, et ces résultats, Messieurs, nous n'hésitons pas à le dire hautement, doivent être attribués aux efforts de la Société d'agriculture.

L'élan imprimé par elle s'est propagé rapidement, tous nos cultivateurs ont rivalisé de zèle, les uns pour obtenir les primes qu'elle offre à tous, quelques autres qui affectent encore de dédaigner ces récompenses, pour s'élever au-dessus de ceux qui les obtiennent; et ceux-là même Messieurs croyez le bien, contribuent, encore sans le vouloir, au résultat que nous poursuivons de tous nos vosux.

Ce résultat, nous vous l'avons déjà dit, c'est le travail, c'est la lutte, c'est le progrès Ces mots ont été compris par les cultivateurs de ce beau canton et la Commission chargée de visiter les fermes a pu apprécier les travaux, les essais, les efforts qui ont eu lieu, depuis quelques années. Cette Commission s'est acquittée avec zèle de la tâche laborieuse qui lui était imposée plus de vingt fermes ont été explorées dans tous leurs détails et partout elle a trouvé le progrès.

Interprète de la Commission, dont j'ai été heureux de partager les travaux je viens donc aujourd'hui féliciter hautement le canton de ïrévières, et décerner à l'ensemble de ses exploitations le juste éloge qu'elles méritent.

Partout où nous nous sommes présentas, dans les fermes que. C'est en quelque sorte, au canton tout entier qu'il faudrait décerner une médaille d'honneur.

Aussi, Messieurs, la Commission, malgré son zèle n'a pu visiter toutes les fermes bien tenues et habilement dirigées. Forcée de se restreindre elle a dû se présenter d'abord chez tous les cultivateurs qui avaient exprimé directement ou indirectement le désir de recevoir sa visite puis chez ceux qui lui étaient signalés, soit par l'importance de leur exploitation soit par des travaux et des efforts extraordinaires.

La Commission avait à rechercher, dans ses explorations. Enfin la Commission avait encore à examiner les titres des nombreux domestiques qui se sont présentés. Un rapport spécial sur cette dernière partie des travaux de la Commission a été rédigé par notre honorable secrétaire, M.

Coueffin, qui est retenu par de pénibles devoirs et que nous regrettons de ne pas voir aujourd'hui au milieu de nous dans cette intéressante solennité. Nous vous rendrons compte successivement, et dans l'ordre que nous venons d'indiquer, des autres travaux de la Commission que nous avons été chargé de résumer mais avant d'entrer dans cet examen nous devons vous faire connaître que la Commission, frappée du grand nombre d'exploitations vraiment remarquables qu'elle a visitées a cru devoir user de la faculté qui lui était accordée en portant à cinq le nombre des mentions honorables.

Ne trouvant pas à placer les récompenses spéciales destinées à cet objet, et regrettant qu'elles fussent perdues pour le canton de Trévières, qui les mérite sous tant d'autres rapports, la Commission après avoir pris l'avis de quelques-uns des membres.

Au premier rang des jeunes cultivateurs zélés pour le progrès, ardents à poursuivre toutes les améliorations, nous devons vous signaler M. Dans sa vaste exploitation, toutes les parties sont également soignées.

Secondé par un propriétaire généreux et juste appréciateur de ses efforts, il a fait exécuter avec beaucoup d'intelligence tous les travaux nécessaires pour obtenir la plus grande quantité possible de bons fumiers, pour tirer parti de tous les engrais liquides que peuvent fournir les cours, les étables, les écuries et toutes les dépendances de l'exploitation.

Deux vastes hangars couverts en ardoise permettent d'abriter tous les bestiaux pendant l'hiver. A cette époque les vaches laitières sont soumises à une stabulation presque complète pendant quelques heures seulement elles sont lâchées dans les herbes. Le Sueur d'être constamment placé parmi ceux qui obtiennent les prix les plus élevés, pour la vente des beurres, à la halle de Paris. Par exception aux usages du canton de Trévières, l'assolement de M.

Le Sueur est triennal, et le blé ne revient que tous les trois ans sur la même terre. L'avoine, en petite quantité, les trèfles, le sainfoin, le colza, les betteraves, les vesces, pois et autres fourrages occupent la terre pendant les deux autres années. Le Sueur a réussi, malgré la sécheresse, à obtenir deux hectares de betteraves dans un bel état de végétation. Sa laiterie est pourvue d'un ventilateur et disposée de manière à renouveler l'air plus facilement.

Il essaie, en ce moment, l'usage des terrines et des ceraines de métal pour déposer le lait et la crème. La Commission a été frappée de l'amélioration obtenue depuis quatre ans, par M. Le Sueur, pour la race de ses bestiaux elle a été surtout satisfaite du nombre et de la beauté des élèves. Enfin sous tous les rapports, ce jeune cultivateur mérite de vous être signalé, non-seulement à titre d'encouragement, mais encore pour servir d'exemple.

Le Sueur père, avait obtenu la première médaille d'argent pour la bonne tenue des fermes. Nous sommes heureux, en rappelant aujourd'hui cette distinction, de décerner à M. Le Sueur fils, la médaille d'honneur destinée au fermier qui a fait les travaux nécessaires pour tirer parti des engrais liquides.

Vimard avait obtenu, à votre dernier Concours, la deuxième médaille d'argent, et il a prouvé à la Société par de nouveaux efforts, que cette distinction avait été, pour lui, un puissant motif d'encouragement et d'émulation.

De grands travaux de réparation, toujours onéreux pour le fermier, mais qui font honneur au zèle et à l'intelligence de l'honorable propriétaire, agriculteur lui-même fort distingué ont mis cette ferme dans l'état le plus satisfaisant.

Elle se trouve maintenant pourvue chose rare dans nos pays d'herbages , de tous les bâtiments nécessaires pour abriter les bestiaux dans la mauvaise saison, et obtenir les fumiers nécessaires a l'exploitation. Les labours de M. Vimard sont tenus avec un soin et une propreté remarquables, et ses herbages fréquemment engraissés et débarrassés de chardons et autres plantes nuisibles.

Il cultive avec succès, mais en petite quantité, les betteraves et les pommes de terre. Les engrais liquides et toutes les eaux ménagères de cour qui s'écoulaient autrefois dans un chemin et allaient infecter plusieurs maisons voisines sont aujourd'hui recueillis dans une fosse en terre glaise et dirigés avec beaucoup d'intelligence dans un herbage et dans un pré inférieurs où ils sont devenus une cause.

C'est ainsi que dans les oeuvres de la nature tout doit trouver sa place et son emploi. Les poisons même qui semblent destinés à donner la mort fournissent au médecin habile des sucs précieux pour ranimer les forces ou calmér les souffrances des hommes; les débris les plus hideux et les plus infects raniment la terre épuisée et fournissent à l'agriculture d'abondantes récoltes.

Vimard est surtout remarquable par le nombre et la beauté du bétail qui s'y trouve entretenu et qui a valu à M. Vimard une nouvelle distinction au Concours départemental de En effet cet habile cultivateur qui compte, dans ses herbages, trente-cinq vaches à lait de la meilleure race, plus de vingt belles génisses et vingt vaches de graisse, trouve cependant encore moyen de nourrir un troupeau de moutons de race normande, parfaitement choisis et entretenus en très-bon état.

Cette industrie, qui devient chaque jour plus rare dans nos contrées, et qui est cependant si précieuse, tant pour la production de la laine et de la viande que pour l'excellence du fumier, mérite de vous être signalée, parce qu'elle exige des connaissances particulières, et qu'elle est difficile à concilier avec la prodution du beurre. En conséquence, la Commission a cru devoir accorder à la persévérance et aux utiles travaux de M.

Vimard un nouveau témoignage de satisfaction, en vous proposant de lui décerner un rappel très-honorable de la médaille d'argent qu'il a obtenue en Jacques Le Petit est fermier de cette grande exploitation depuis plus de trente ans, et on peut dire qu'il l'a véritablement transformée par son intelligence, ses soins assidusetses travaux, qui sortent des règles ordinaires.

Ne trouvant pas de la part du propriétaire, qui est éloigné du pays, les secours qu'il aurait peut-être eu droit d'espérer, il n'a pas craint d'entreprendre luimême, à ses frais, un ensemble d'améliorations qui a notablement augmenté la valeur de l'immeuble. C'est ainsi qu'il a fait établir plusieurs accessoires importants de la laiterie chaudières et fourneaux, conduites d'eau aussi utiles qu'ingénieusement combinées il a créé cinquante-cinq vergées onze hectares de prairies, et notablement amélioré par des engrais successifs tous les autres herbages; il a creusé, des abreuvoirs établi et planté des fossés avec autant de soin et d'intelligence que le propriétaire le plus zélé pourrait le faire sur son terrain.

Au moment où la Commission s'est présentée sur la ferme, cet infatigable cultivateur, après avoir et inutilement défoncé un abreuvoir dans un herbage nouvellement séparé, faisait creuser, dans le rocher, un puits de soixante pieds de profondeur sur douze pieds de diamètre, et transportait les matériaux dans les chemins d'exploitation.

Tout cela, nous le répétons, a été entrepris à ses frais, sans indemnité du propriétaire; et nous n'hésitons pas à l'en féliciter, parce que nous sommes certains qu'il en sera récompensé par la plus-. Les détails ordinaires de la culture répondent à ces travaux extraordinaires. Les labours ne laissent rien à désirer pour la propreté et l'état de fertilité des terres.

Nous avons vu chez M. Le Petit un champ de betteraves qui n'est pas le plus étendu, mais qui est certainement le plus beau que nous ayons rencontré. La vacherie est remarquable par la beauté et la finesse des animaux, ainsi que par le rendement en lait et en beurre.

Les herbages sont tenus avec un soin et une propreté dignes de servir d'exemple. Le Petit ne se contente pas de faire couper les chardons, il exige qu'il soient arrachés, et leur extirpation se fait à tâche chaque année dans les herbages. Enfin, Messieurs, nous avons reconnu dans M. Le Petit un de ces cultivateurs qui ne reculent devant aucun soin, aucune fatigue, aucune dépense pour obtenir de la terre tout ce qu'elle peut produire et pour donner du travail aux populations qui les entourent.

Nous serons donc heureux de récompenser son zèle et surtout son désintéressement, en lui offrant la première médaille d'argent pour la bonne tenue des fermes.

Cette ferme appartient depuis deux ans seulement à un nouveau propriétaire, dont le zèle éclairé pour l'agriculture se révèle par des travaux utiles. Au dedans une laiterie pourvue de toutes les recherches du luxe et de la propreté, une pompe fournissant de l'eau avec abondance pour toutes les dépendances de cette laiterie; au dehors des fossés nouvellement construits, des pièces séparées avec intelligence, de belles clôtures tout révèle l'esprit progressif et bienveillant du maître, le zèle, l'intelligence, le travail du fermier.

Ygout qui dirige depuis plus de vingt ans cette ferme difficile à cultiver en raison de l'étendue et de la qualité médiocre des terres, se distingue par l'excellente tenue de ses labours, la propreté de la terre, la beauté des récoltes. Il a créé deux hectares de prairie, il améliore et il entretient les herbages avec un soin tout particulier. L'ensemble de la vacherie est très-bon, et nous y avons distingué plusieurs vaches d'élite. Nous avons surtout été très-satisfaits du nombre et du choix des élèves.

Nous avons eu aussi occasion de remarquer avec intérêt qu'il existe dans cette exploitation une comptabilité fort bien tenue, ce qui manque généralement aux cultivateurs de notre pays.

Nous proposons en conséquence de décerner à M. Ygouf une deuxième médaille d'argent. Toutes les parties de cette exploitation sont satisfaisantes, et il y règne un esprit d'ordre et d'ensemble qui ne laisse rien à désirer. Le Paysant, depuis dix-. Il emploie chaque année pour plus de francs de chaux. Sa vacherie et ses élèves sont dignes de remarque.

Nous l'avons jugé digne de vous être proposé pour une des médailles de bronze destinées à la bonne tenue des fermes. Castel qui n'est entré en jouissance de cette ferme que depuis peu d'années, a déjà réalisé d'importantes améliorations. Ses terres en labour, qui étaient en mauvais état, sont aujourd'hui parfaitement propres et abondamment engraissées ses récoltes sont remarquables.

Nous avons observé avec satisfaction une belle pièce de sainfoin de deux hectares culture malheureusement trop rare dans le canton de Trévières où elle serait d'un si grand secours pour la nourriture des vaches pendant l'hiver. Castel a converti neuf hectares de terres en prairies et engraissé la plus grande partie des autres herbages.

Partout nous avons rencontré des tombes récemment levées, ou des ouvriers occupés à en préparer. Nous avons distingué dans la vacherie quelques animaux d'élite. La laiterie est belle et très-bien tenue. Dans l'intérieur de la laverie, une pompe très-ingénieuse disposée pour distribuer de l'eau à l'aide de simples robinets, dans tous les accessoires de la laiterie, a été établie par les soins de M. Castel, et en grande partie à ses frais; enfin nous.

Nous vous proposons donc, Messieurs, d'accorder à M. Castel une médaille de bronze. M Sally dirige, soit comme propriétaire, soit comme fermier une assez grande exploitation qui est remarquablement bien tenue; et nous nous empressons d'ajouter qu'il est difficile de distinguer, sous le rapport de la bonne culture et des améliorations, les terres dont M.

Sally jouit comme fermier de celles dont il est propriétaire. Les labours sont très-propres et engraissés chaque année aussi ne restent-ils jamais en jachères. Sally a même essayé cette année une culture dérobée qui a parfaitement réussi et qu'il est peut-être utile de faire connaître. N'ayant pas de terre disponible pour faire une pépinière de colza, il s'est empressé de labourer et d'engraisser la terre même sur laquelle se trouvait de la graine de colza, et il a obtenu de très-bonne plante sur laquelle il fera du blé: La vacherie et les élèves sont satisfaisants.

Nous avons distingué une belle pouliche de la race Normande, aussi remarquable par la beauté de ses formes que par ses allures. Il a creusé de magnifiques abreuvoirs dans les herbages; en un mot, il ne cesse de donner à tout ce qui l'entoure l'exemple du travail et des bonnes méthodes de culture.

Nous vous proposons Messieurs, de lui décerner une mention honorable. Cette ferme, beaucoup moins importante que celles dont nous venons de vous entretenir, présente beaucoup plus de difficultés pour l'exploitation, parce que les pièces de terre dont elle se compose, sont séparées par de grandes distances et fort divisées, ce qui est un des plus grands obstacles à la bonne tenue d'une ferme.

Malgré cet inconvénient nous avons trouvé un ensemble très-satisfaisant, un bon labour, des herbages nouvellement engraissés, des fossés neufs établis par les soins du fermier et parfaitement tenus, des plantations de jeunes pommiers, remarquables par le choix des sujets et la vigueur de la végétation. Sous tous les rapports M.

Lucas mérite d'être encouragé et nous vous proposons de lui accorder une mention honorable. Louis Damboise est beaucoup plus connu par. Il dirige avec intelligence une des grandes exploitations du pays, plus de cent hectares de terre. Ses labours sont remarquablement tenus et engraissés; il a converti, depuis peu d'années neuf hectares de prairies qui ont été soigneusement amendées et qui donnent de belles espérances.

Les engrais liquides et les eaux ménagères de la cour sont dirigés dans deux prairies inférieures où ils ont produit la plus belle végétation. La vacherie de M. Damboise laisse beaucoup à désirer, d'autant plus que par la nature de son commerce et son habileté bien connue il serait plus en mesure que tout autre d'écarter ce qui est médiocre et de réunir dans ses herbages le plus beau type de la race Cotentine.

En vous proposant d'accorder aux travaux de M. Damboise une mention honorable, nous sommes convaincus que cette distinction flatteuse excitera son émulation et que sa vacherie sera bientôt transformée.

Jean Lefrançois, ferme de Rubercy, commune de Maisons, appartenant à M. Lefrançois est un des plus anciens et des plus respectables cultivateurs de ce canton. Depuis près de quarante ans il dirige avec zèle et intelligence la ferme de Rubercy. Il a converti, à ses frais, six hectares de prairies et soigneusement engraissé tous ses herbages. La vacherie est remarquablement choisie et appro-. Nous y avons distingué des animaux dignes de figurer dans un concours. Lefrançois s'occupe particulièrement de la confection du cidre.

II a fait des expériences intéressantes sur le choix des espèces de pommes, sur les meilleurs procédés de fabrication, et il est parvenu à obtenir des cidres d'une qualité très-supérieure et d'un prix fort élevé. Lefrançois nous a paru digne à tous les titres de vous être proposé pour une mention honorable. César Dubosq, ferme d'Enfervillc, commune de Crouay. Le père de M. Dubosq, qui a joui pendant plus de quarante ans de la terre d'Enferville, était un des bons cultivateurs du pays, et se distinguait surtout par le choix des animaux qui composaient sa vacherie.

Son fils marche déjà sur ses traces, et nous avons observé avec intérêt les travaux et les améliorations de ce jeune cultivateur, que nous avons trouvé occupé à faire répandre des tombes dans ses herbages. La fumière est parfaitement disposée, et tous les engrais liquides sont dirigés dans un herbage qui se trouve ainsi constamment engraissé.

Les terres en labour sont dans un état de propreté remarquable. Indépendamment de la chaux et du fumier, M. Dubosq emploie chaque année pour trois cents francs de tourteau, et il en obtient de bons résultats. César Dubosq, à peine au début de sa carrière agricole, mérite déjà des encouragements, et nous vous proposons de lui décerner une mention honorable. Félix Barbey ferme de la Barre commune d'Engranville appartenant à M. Barbey s'occupe depuis quelques années, et avec un succès qui mérite de vous être signalé dans ce Concours, de l'élève des chevaux de prix.

Il a obtenu en la première prime de la Toussaint, et nous avons trouvé dans ses herbages trois juments poulinières et quatre pouliches de deux ans très-remarquables. Nous l'avons déjà dit, Messieurs, ces efforts pour l'amélioration de notre race chevaline ont droit à toutes nos sympathies; et nous devons ajouter au surplus que M. Barbey s'occupe avec le même zèle de l'amélioration de la vacherie. La Commission a constaté avec plaisir, chez ce jeune cultivateur un notable progrès sous ce rapport il possède un bon taureau qui a obtenu la première prime au concours départemental de , et qui vient encore d'obtenir la première prime à votre Concours.

Secondé par un propriétaire bienveillant et ami des progrès agricoles, M. Barbey a fait exécuter d'importants travaux pour recueillir les engrais liquides et pour établir des ventilateurs dans sa laiterie. Nous avons remarqué qu'il emploie exclusivement depuis quelques mois, pour couler le lait et déposer la crème, des vases en zinc qu'il a fait confectionner lui-même, e il nous a déclaré qu'il en était très-satisfait.

Ces travaux, ces expériences, ces améliorations ré-. Nous vous proposons de les récompenser en décernant à M. Barbey une médaille d'argent.

Enault, ferme de Cléronde, commune de Blay, appartenant à M. Enault a fait aussi beaucoup de sacrifices pour l'élève et l'amélioration de la race chevaline.

Il a acheté de jeunes étalons qui ont fait quelques bonnes productions dans le pays et il possède plusieurs juments et poulains qui donnent de belles espérances.

Enault, qui avait déjà obtenu une mention honorable au Concours de , est un cultivateur intelligent et progressif. Nous avons trouvé ses labours très-bien tenus, ses herbages améliorés, des tombes abondamment pourvues de fumier.

Il a ensemencé quatre hectares de sainfoin et un hectare de luzerne. Nous vous proposons de lui décerner une médaille de bronze. La culture des betteraves, des pommes de terre, des carottes champêtres n'est pas encore assez répandue dans notre arrondissement et M.

Dans le cours de nos visites nous avons trouvé très-peu de betteraves et même peu de pommes de terre. Nous vous proposons d'accorder la première prime de 90 francs à M. Philippe Le Sueur, de Villiers, qui a fait deux hectares de betteraves, et la deuxième prime de 60 francs, a M.

Jacques Le Petit, de Formigny, qui a fait environ un hectare et demi de betteraves. Il nous reste maintenant, pour accomplir notre tâche toute entière, à vous entretenir des autres cultivateurs qui ont reçu notre visite et qui méritent tous, à divers titres, de trouver place dans ce rapport, particulièrement quelques-uns d'entre eux qui, par modestie ou par désintéressement nous ont déclaré formellement qu'ils ne voulaient pas prendre part au Concours.

Paul de Cauvigny, propriétaire à Vierville, avait été nommé membre de la Commission chargée de la visite des fermes; mais une indisposition l'a empêché de nous accompagner; et nous croyons devoir aujourd'hui faire violence à sa modestie en vous signalant son exploitation.

DE Cauvigny fait valoir un vaste domaine, près de cent hectares de terres, d'une qualité médiocre et très-difficiles à cultiver. Les terres lourdes et mouillantes sont pénibles pour le laboureur; les herbages, souvent trop humides, souvent desséchés par le soleil et les bises de mer, sollicitent des travaux et des engrais répétés et néanmoins cette exploitation peutêtre citée comme une des plus remarquables et des mieux tenues du canton. Les labours sont irréprochables. Malgré les difficultés que présentent ces terres,.

Ses herbages, complétement dépouillés et successivement engraissés, sont très-bien tenus. Les fumiers des divers animaux, soigneusement mélangés, sont tous réunis dans une vaste fumière, éloignée de l'habitation et entourée de murs où ils sont chargés par des couches successives de sable de mer qui les défend de la sécheresse et augmente la masse des engrais.

Enfin les prix élevés que M. La principale industrie de M. Simon consiste dans la tenue des herbages et des bestiaux. Ayant obtenu tout récemment au Concours départemental de la grande médaille d'or, pour le nombre et la beauté de son bétail, c'est-à-dire la récompense honorifique la plus satisfaisante qui pût lui être offerte, il nous a exprimé le désir de ne pas prendre part au présent Concours; mais tout en accédant à sa demande, nous ne pouvons nous empêcher d'accorder un témoignage public de satisfaction au zèle, aux efforts, à l'habileté de ce.

Convaincu comme nous des avantages du système de stabulation pendant l'hiver, M. Simon a fait construire de magnifiques étables parfaitement bien disposées, où plus de trente boeufs peuvent trouver place dans la mauvaise saison, et qui forment dans l'été une belle bergerie.

Michel Lefrançois, ferme de Gruchy, commune de Saon, appartenant à M. Lefrançois est un de ces cultivateurs modestes qui sont trop peu connus, parce qu'il ne se produisent jamais eux-mêmes et qu'ils ne se révèlent jque par des connaissances solides et la beauté de leurs produits.

Lefrançois a succédé à son père dans la direction de cette exploitation, qui est une des plus grandes du pays. Ses terres sont bien cultivées, ses herbages bien tenus et fréquemment engraissés par des tombes soigneusement préparées; mais ce qui doit être surtout signalé, dans un canton où les bestiaux forment la principale richesse du pays, c'est la beauté et la finesse des animaux qui composent la vacherie.

Le grand nombre et le choix des élèves le système de réforme pratiqué par M. Lefrançois pour remplacer successivement les animaux défectueux par des bêtes d'élite ont mis cette vacherie au premier rang parmi celles du canton, et témoignent de ses efforts pour améliorer notre belle race du Bessin.

Lefrançois, qui aurait eu des droits certains à l'une des récompenses que vous allez décerner, nous ayant déclaré formellement qu'il ne désirait pas concourir, nous ne pouvons lui offrir que des félicitations et des éloges.

Enfin, Messieurs, dans toutes les fermes que nous avons visitées nous avons trouvé quelque chose de satisfaisant et qui mérite de vous être signalé. BIDEL, à Bricqueville, nous avons trouvé des herbages très-bien tenus, des rigoles curées avec le plus grand soin et des tombes bien préparées.

DE Babssy père, à Tessy, nous avons admiré l'ordre et la régularité qui régnent dans cette grande exploitation. Nous avons observé des terres convenablement engraissées, une bonne et nombreuse vacherie. Charles REGNAULD, à Vaulaville, nous avons trouvé des labours très-bien tenus, remarquables par la propreté de la terre et l'abondance des engrais, une belle vacherie, des herbages soigneusement dépouillés.

Nous aurions voulu visiter encore un plus grand nombre d'exploitations; mais le temps et les forces nous ont manqué. Nous croyons toutefois pouvoir nous rendre ce témoignage que nous n'avons rien négligé pour découvrir et pour vous signaler les cultivateurs.

Nous sommes heureux de profiter de l'occasion qui nous est offerte aujourd'hui pour remercier publiquement les honorables Commissaires qui nous ont assisté dans cette mission laborieuse et délicate. Ce rapport, substantiel, consciencieux, impartial, a été. Richard Desramé-Dubois a ensuite donné lecture du rapport suivant, sur les prix de moralité, rédigé par M.

Coueffin, secrétaire de la section d'Agriculture. Après l'éloquent discours que vous venez d'entendre et les rapports si circonstanciés des travaux de vos Commissions, il ne m'est pas permis de vous entretenir des progrès successifs que votre zèle, vos lumières et vos sacrifices de toute nature ont fait faire au premier et au plus noble des arts.

En effet, la mission qui m'est confiée est plus restreinte, et je tenterais en vain, pour vous intéresser, d'en franchir les limites. Toutefois, en me renfermant dans ma spécialité, j'aurai encore quelques considérations utiles à vous présenter.

Je me recommande à votre indulgence. Vous savez comme moi, Messieurs, que l'économie publique comprend la science de l'industrie agricole, laquelle a pour objet de recueillir directement des. Que selon la manière dont on utilise cette source féconde et toujours inépuisable on obtient des résultats divers.

Que la société humaine, toute entière, doit désirer son plus grand développement, car, plus la terre produit plus elle offre à ses habitants des moyens d'aisance et de richesse d'abord matériels et ensuite industriels.

L'échange qui s'opère entre les divers pays, et même entre les diverses nations, du superflu réciproque, constitue une sorte de fraternité générale qui donne lieu à mille combinaisons dans lesquelles s'exercent toutes les intelligences et où chacun trouve son pain quotidien. Ainsi on peut affirmer, sans exagération, que l'agriculture est la mère nourricière du genre humain, puisque ses produits, quelle que soit leur transformation, forment les premiers éléments des autres industries.

Mais cette mère exige des soins constants une longue expérience l'a démontré et l'état généralement satisfaisant de nos exploitations agricoles en offre aussi la preuve.

Tout le monde a compris avec M. Une telle communauté de travail, d'efforts et de soins devrait être fondée sur une confiance et une estime réciproques. Malheureusement il n'en est pas toujours ainsi.

Le lien qui unit les domestiques aux maîtres est trop faible pour résister aux mauvaises influences, souvent aux mauvaises passions. Ce désaccord est funeste à l'agriculture. Les maîtres, privés du concours sur lequel ils avaient droit de compter, se trouvent neutralisés dans l'accomplissement de leurs projets, et forcés d'en modifier l'exécution.

Mais les domestiques et servantes perdent plus encore quand, oubliant leurs devoirs et les obligations qu'ils ont prises, ils renoncent à la considération acquise aux personnes fidèles, probes, laborieuses et morales. En effet les tribunaux flétrissent leurs écarts; la société les repousse, et leur existence tourmentée devient de plus en plus malheureuse. Cependant les uns et les autres ont un intérêt commun à rester unis.

Sans vouloir examiner si le maître n'a pas quelquefois des torts à se reprocher, je suis d'avis qu'indulgent pour les fautes légères, il doit toujours être un protecteur éclairé.

Or que ses réprimandes soient douces que ses conseils soient bienveillants et quasi paternels, et alors il ramènera il faut l'espérer, à la raison, à la docilité les coeurs que l'absence de toute éducation et les mauvais exemples n'ont pas entièrement pervertis.

Quant aux autres, qui. On se demande, depuis longtemps, Messieurs, pourquoi les maîtres attachent à leurs établissements des étrangers dont ils ne connaissent ni le lieu de naissance, ni les noms, ni la moralité?

Pourquoi ces individus ne sont point présentés aux maires des communes dans lesquelles ils prennent domicile, afin que ces fonctionnaires les inscrivent sur les états de population et constatent leur identité? On se demande encore pourquoi ils ne sont pas astreints à être porteurs de livrets? Pour résoudre ces questions, on est forcé de reconnaître que la négligence et l'indifférence des maitres sont manifestes dans les deux premiers cas, et que dès-lors ils ont de graves reproches à se faire quand ils sont victimes d'abus de confiance.

Est-on, en effet, excusable quand on prend un engagement sérieux de ne pas exiger des garanties d'exécution? Mais un usage suranné et bon pour le temps où il commença a prévalu. A la vérité cette époque était protégée par des réglements de police d'une grande sévérité, qui maintenaient la balance dans un juste équilibre.

Aujourd'hui, bien que nos lois civiles veillent, leur protection restera inefficace tant qu'une loi spéciale n'aura pas rendu obligatoire les livrets. Vous savez que notre Société d'agriculture et nos Conseils d'arrondissement et de département ont, après mûr examen, réclamé la proposition et l'adoption d'une telle loi. Espérons donc avec confiance que le gou-. Déjà elle vous offre les moyens de récompenser ces bons et fidèles domestiques qui lui ont été signalés.

Les prix qui vont leur être décernés soit relativement à la perfection des labours soit en ce qui concerne la durée de leurs services chez les mêmes maîtres, deviendront un puissant stimulant et une cause d'émulation poux leurs égaux. Pour prendre part aux prix de moralité alloués par l'art. Quoique la Société ne puisse accorder à chaque sexe que deux récompenses en argent et deux mentions honorables, elle m'a recommandé de signaler et les noms et les services de tous les prétendants, pour leur valoir à des titres différents, il est vrai de recommandation publique.

Je remplis ce devoir avec une douce satisfaction mais avec le regret que les ressources de la Société ne lui permettent pas de faire plus.

Le Petit, propriétaire-cultivateur à Formigny. Vingt ans de service sans interruption fidélité constante et intelligence dans la conduite des chevaux. Probité et fidélité; bonne conduite et moralité. Louis Le Royer, propriétaire-cultivateur à Bernesq. Carbonnel, propriétaire à Saint-Laurent-sur-Mer, Dix-huit ans de service; zèle, fidélité et bons procédés.

Pierre-Louis Delamare, boucher et cultivateur, Service sans interruption de à Il semble qu'il aurait momentanément quitté son maître; Í mais en ce moment il se trouve chez lui. Fidélité et bonne conduite estime générale.

Barbey, propriétaire-cultivateur à Engranville, Quatorze ans de service, honnête homme, dévoué à son maître, intelligent et traitant les animaux avec douceur. Michel Vimard, propriétairecultivateur à Mosles.

Fidélité et probité; moralité et bonne conduite. Sally, maire de Crouay, depuis seize ans sans interruption. Louis Le Royer, propriétaire-cultivateur à Bernesq, Dix-sept ans de service sans interruption probité et moralité.

Michel Le Bourgeois, propriétaire-cultivateur à Ste-Honorine, Dix-neuf ans de service sans interruption; soins affectueux donnés au père et à la mère de son maître, moralité et fidélité constantes.

Laroche, propriétaire-cultivateur, demeurant au Breuil, Vingt-deux ans de service sans interruption, avec exactitude et probité. Pierre-Louis Delamarre, cultivateur et boucher à Mosles, depuis , sans interruption,. Couillard, propriétaire-cultivateur à Mandeville, N'a servi que deux maîtres, savoir dix-sept ans chez M. Avif, et onze ans sans interruption chez M. Bons et loyaux services dans les deux maisons. Vous concevez facilement, Messieurs, dans quels embarras votre Commission s'est trouvée pour faire un choix consciencieux parmi des candidats qui réunissaient toutes les conditions du programme et qui tous étaient réellement recommandables.

Elle n'a point voulu s'en rapporter exclusivement aux attestations produites elle a encore recueilli divers renseignements destinés à les compléter. Balançant alors les droits respectifs, elle a pris la décision dont je vais avoir l'honneur de vous rendre compte. Le sieur Marie Jacques , domestique de M. A la 1" mention honorable,. Jacques Le Petit, à Formigny. La demoiselle Makie Virginie , servante de M.

La demoiselle Marie Monique servante de M. Ici, Messieurs ma tâche se termine. Avant tout, permettez-moi d'adresser aux lauréats mes sincères félicitations. Domestiques et servantes, n'oubliez jamais ce beau jour. Les brevets qui vont vous être remis par M.

Désormais vos camarades seront fiers de votre affection et l'attachement de vos maîtres deviendra la consolation de vos vieux jours. Cet excellent rapport, rempli de vues sages, de considérations morales et de conseils prudents, a fait une vive impression sur l'assemblée.

Sur le rapport du Jury des Concours de labourage et des bestiaux les récompenses ont été décernées ainsi qu'il suit. Ainand Langlois employé agricole chez M. François Noirci employé agricole chez M.

Vimard fils cultivateur à Mosles. Pierre Fresnel, employé agricole chez M. Félix Barbey, d'Engranville pour un taureau brange, de race. Cotenline, âgé de dix-huit mois.

Amand LE Chartieb de Colombières, pour un taureau. Gustave LE Hérisson, de Saon, pour un taureau brange-. Désiré Adeline de Elay, pour un taureau de race Durham-Co-. Laurent Ygouf, de Vierville, pour une génisse brange-tigre. Désiré Adeliise, de Blay, pour une génisse brange-rouge, de. Alexandre Daon de Bricqueville, pour un bélier de race. Videgrain de Teysy, pour un bélier de race de Disliley.

Jean-Louis Vimard de Mandeville, pour un verrat de race. Amand Le Charthcr, de Colombières, pour un verrat de. Après la distribution des récompenses les autorités, les membres de la Société, la plupart des principaux propriétaires et agriculteurs du pays ont pris part à un banquet de plus de cent couverts, auquel avaient été invités les lauréats du concours de labourage et les anciens ouvriers agricoles qui venaient de recevoir les prix de moralité.

Pendant les concours et le banquet, la musique de la garde nationale de Trévières a joué avec beaucoup d'ensemble des morceaux d'harmonie. La fête a été terminée par un joli feu d'artifice dû à la libéralité de M. Le 19 septembre ont eu lieu, à Caumont, les Concours agricoles annuels établis par la Société d'Agriculture de Bayeux. Les Concours ayant lieu pour la première fois dans le canton de Caumont, et leur utilité n'étant pas encore parfaitement comprise, le nombre des bestiaux présentés était peu considérable.

Toutefois, le Jury a trouvé un nombre suffisant d'animaux de mérite pour décerner toutes les primes portées au Programme. A une heure et demie, les membres de la Société et les autorités de Caumont, réunis en cortége et précédés de la musique se sont transportés sur une pièce de terre appartenant à M. Farcy, située sur la route de Thorigny, où devait avoir lieu le Concours de labourage. Sept concurrents se sont présentés et ont été admis à concourir. Après avoir tiré au sort la portion de terrain qu'ils devaient labourer, ils ont placé.

Vivement excités par la foule, qui les suivait des yeux, et le désir de remporter les prix de la lutte, les concurrents ont fait preuve d'habileté et d'aptitude une heure leur a suffi pour labourer les deux sillons qui formaient leur tâche respective. Aussitôt que les charrues ont été retirées le Jury a procédé à ses opérations, qui ont été terminées un peu avant trois heures. Le cortége s'est alors remis en marche et est revenu sur la place de Caumont, où un élégant pavillon avait été dressé par les soins de M.

A trois heures et demie, la Société s'est réunie en séance solennelle dans ce pavillon, sous la présidence de M. Pezet, pour procéder à la distribution des récompenses. Lance et Douesnel, membres du Conseil général du Manoir, Coueffin et Dupont, membres du Conseil d'arrondissement; Goubot maire de Caumont Le Teinturier la Prise, juge de paix du canton; de Bonnechose, vice-président de la Société; Castel, secrétaire général; Georges Villers, vice secrétaire général; de Laboire et Le Sueur président et viceprésident de la section d' Agriculture le marquis de Balleroy et les membres du Jurv.

La place de Caumont, légèrement en pente, présentait alors un aspect des plus animés et des plus pittoresques; plus de trois mille personnes de rangs et de costumes divers, se pressaient au-devant et sur les côtés du pavillon, et témoignaient par leur tenue et leur silence de l'intérêt qu'elles prenaient à la solennité qui les réunissait.

Il y a quatre ans, à pcu près à pareil jour, nous étions réunis à Balleroy pour une solennité semblable à celle qui nous rassemble en ce moment et je suis heureux de vous retrouver aujourd'hui à Caumont en si grand nombre, fidèles au rendez-vous que nous vous avions donné pour honorer, pour fêter tous ensemble l'agriculture de votre canton. Je vous avais promis, au nom de notre Société, de revenir visiter vos exploitations et apprécier vos travaux.

Nous avons passé plusieurs jours au milieu de vous, parcourant vos champs et vos prairies, visitant vos troupeaux admirant partout les efforts du travail et de l'intelligence, dans un canton, dont les terres généralement inférieures à celles des autres parties de l'arrondissement, sont plus difficiles à travailler. Nous devions nous attendre à les voir aujourd'hui se produire publiquement dans le Concours qui vous était offert par la Société.

Pourquoi donc ce Concours était-il presque désert, nos primes dédaignées et enlevées sans concurrence par un petit nombre de bestiaux qui n'étaient certainement pas les meilleurs de votre canton?

Les étrangers, venus de loin à cette fête, auront une faible idée de votre zèle et de vos efforts, et ils douteront peut-être de la sincérité de nos éloges. Cependant, Messieurs, c'est un devoir pour la Commission de le proclamer les progrès qui ont été réalisés en si peu de temps dans le canton de Caumont, ont dépassé nos espérances.

Permettez-moi de croire et d'espérer qu'une bonne part de ces progrès est due à l'influence salutaire de notre Société d'agriculture, aux conseils, aux encouragements qu'elle a donnés, à l'émulation qu'ont inspirées les modestes récompenses que nous allons décerner, récompenses trop faibles sans doute, et bien peu en rapport avec l'importance de cette grande industrie qui nourrit la France.

Et pourtant ces récompenses, toutes faibles qu'elles sont, ont été appréciées par vous avec une louable émulation, et mises à plus haut prix, le Concours de bestiaux vient de nous en. C'est qu'en France surtout dans ce pays de l'honneur, ce n'est pas la valeur de la récompense qui excite les efforts et le dévouement c'est la gloire qui s'y attache. Jamais Rome ne fut si vertueuse et si grande que lorsque les vainqueurs recevaient une simple couronne de chêne pour prix de leurs exploits.

Et nos braves soldats, ces martyrs de la gloire qui affrontent aujourd'hui la mort sur la terre d'Afrique, comme naguères sur tous les champs de bataille de l'Europe, quelle est donc la récompense qui les soutient au milieu des fatigues des privations et des dangers?

N'est-ce pas l'espoir de placer un simple ruban sur leur poitrine? Mais ce ruban est, pour eux, le symbole de l'honneur, du dévouement à la patrie! I Telles sont aussi, Messieurs, les médailles que nous vous apportons. Elles ont peu de valeur par elles-mêmes, mais elles en prendront beaucoup à vos yeux, aux yeux de tous, par l'honneur qui s'y attache, par les efforts consciencieux qui ont été faits par nous, et dont vous avez été témoins, pour les décerner aux plus dignes, par l'éclat de cette réunion où elles vous sont données sous les yeux de vos compatriotes de vos parents, de vos rivaux, en présence du premier magistrat de cet arrondissement et des membres de vos Conseils électifs, qui ont tenu à honneur d'assister à cette réunion solennelle.

Ces récompenses témoigneront, aux yeux de tous, que ceux qui les ont reçues ont été jugés les cultiva-. Elles seront un motif de légitime orgueil pour leurs familles et ces médailles sans valeur apparente, seront disputées un jour, par vos enfants, comme une part précieuse de l'héritage paternel. J'avais donc raison, Messieurs de vous le dire dans nos premières réunions, au début de la Société l'agriculture française, pour remplir son importante mission et atteindre à la hauteur de ses destinées, a surtout besoin d'être honorée.

Rien n'est plus propre à la faire marcher dans la voie du progrès que d'élever, de grandir à leurs propres yeux ceux qui labourent le sol, et de leur donner une part dans les distinctions réservées à ceux qui méritent bien du pays.

Peu d'années se sont écoulées depuis que je vous adressais ces paroles et je suis heureux de pouvoir vous apporter aujourd'hui l'espérance que ces deux grands besoins de l'agriculture seront satisfaits. Chaque année voit instituer de nouveaux concours plus imposants et plus solennels. Les fils du roi, les ministres, les plus hauts fonctionnaires de l'état se font un devoir d'S assister et d'offrir eux-mêmes aux cultivateurs qui savent les conquérir des primes plus nombreuses, des récompenses pécuniaires plus impor-.

Et quant à l'enseignement agricole, une circulaire toute récente, publiée par M. Rendons grâce, Messieurs, à cette heureuse disposition des esprits qui ne se contente plus de donner à l'agriculture des louanges banales et stériles mais qui réclame et qui obtient pour elle des mesures efficaces. Rendons grâce aussi au gouvernement qui met à profit les loisirs d'une longue paix pour étudier sérieusement les besoins de notre agriculture, et qui entre ainsi dans la voie des améliorations et des institutions si vivement désirées, si longtemps attendues.

Il était temps, Messieurs, que l'agriculture fût ainsi hautement protégée et réhabilitée, après les rudes épreuves qu'elle vient de subir. Les souffrances des populations urbaines et des classes ouvrières ont été grandes, sans doute, pendant les mois qui viennent de s'écouler, et nous en avons tous été vivement émus mais l'agriculture aussi a eu ses jours de deuil, d'inquiétudes et d'injustes préventions. Lorsque le ciel refusait à ses rudes travaux les moissons abondantes qui doivent en être la récompense lorsque déjà privée de son légitime salaire, elle était obligée de faire de nouveaux sacrifices pour soulager les souffrances qui l'entouraient, c'était dans ce moment-là même qu'on l'inquiétait par des menaces qu'on dé-.

Sans parler des sourdes rumeurs d'accaparement et de destruction des blés, semés par une coupable malveillance, les journaux les plus répandus accusaient l'agriculture de routine et d'ignorance à la face du pays; ils lui demandaient compte du défaut de la récolte de l'intempérie des saisons de la maladie des pommes de terre, que sais-je de toutes les causes qui ont contribué à amener ce fait déplorable de la cherté des subsistances.

On a été jusqu'à lui reprocher ses progrès et à lui faire un crime de consacrer une partie du sol à la culture du colza, des betteraves, du sainfoin et autres plantes fourragères, et on n'a pas voulu proclamer que la France qui ne nourrissait, en , que 20 millions d'habitants, et 6 millions seulement avec du blé, nourrit aujourd'hui 36 millions d'hommes et 20 millions avec du froment.

On n'a pas dit que la production du blé a plus que triplé dans l'espace de moins d'un siècle, et que l'agriculture, écrasée par les malheurs des temps, par les guerres, par trois invasions, a néanmoins réalisé d'immenses améliorations.

Les écrivains qui accusaient ainsi l'agriculture ignorent, sans doute, que la terre ne produit pas toujours du blé; que les racines et autres plantes fourragères, qui permettent de nourrir des bestiaux et de produire des engrais, peuvent seules soutenir et développer la fécondité du sol, tout en fournissant au pays des aliments précieux qui lui sont maintenant aussi néces-. Est-ce à dire pour cela que l'agriculture doive aujourd'hui s'endormir dans une trompeuse sécurité et s'arrêter parce qu'elle est entrée dans la bonne voie?

Non, non, Messieurs, jamais peut-être elle n'avait eu de si grands devoirs à remplir, tant de rudes conquêtes à entreprendre, tant de terres ingrates à féconder.

Ne voyez-vous pas tous les regards qui se tournent vers elle et qui lui demandent impérieusement d'augmenter encore ses produits pour nourrir tous ces nouveaux enfants qui se pressent chaque jour davantage sur le sol de la patrie, sur ce territoire qui ne grandit pas et qui s'épuisera si le génie de l'homme ne développe pas sa fécondité?

Je l'ai déjà dit, et je ne me lasserai jamais de le répéter dans nos réunions agricoles le champ du progrès est sans limites Semblable à l'horizon qui fuit toujours devant nous, avant même que le but auquel on aspire soit atteint, il présente à nos regards un autre but plus élevé, et réclame de nouveaux efforts.

Mais le jour du repos, me dit-on souvent quand je parle ainsi, le jour du repos ne se lèvera donc jamais? Le repos, Messieurs, n'est pas un but digne de l'homme qui comprend sa mission sur la terre. Il peut être permis au vieillard que la force abandonne d'y consacrer les derniers jours d'une vie languissante, pour se recueillir devant Dieu avant de descendre dans la tombe mais dans l'âge viril, le repos est une honteuse abdication une image de la mort le travail au contraire est la vie et la gloire de l'homme.

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